Le flux d'énergie qui me fait bondir de ma couche le matin, vers les dix, onze heures et le reflux qui me pousse à me coucher vers la une ou deux après minuit me rappelle le mouvement des marées qui fait monter la mer en hauteur et six heures plus tard la réduit à lécher le bas de la plage. La similitude va plus loin puisque c'est à marée haute que les vagues sont les plus puissantes et rugissantes, partantes à la conquête de la dune, rien ne paraît pouvoir leur résister et les phares tremblent d'effroi. Nous, au petit matin blême, on est prêt à partir à la conquête du monde (moi, je me contente du potager mais je sais que les limaces et les doryphores n'en mènent pas large). Le soir, changement de décor, c'est le calme plat, la mer est d'huile et moi, je suis à ramasser avec une épuisette.
On en conclut que la lune est la responsable non seulement des horaires et du coéfficient des marées mais des hauts et bas de notre moral, des variations de la tension artérielle et des fluctuations des indices boursiers.
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