Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


samedi 22 mars 2014

UNE CONFIRMATION RASSURANTE

Une source officielle autorisée a confirmé que la théorie du complot qui, jusqu’ici ,prévalait au sein du gouvernement et qui nous menait droit  dans le murs a été abandonnée au profit de la théorie du chaos qui nous conduira plus sûrement au précipice.


__________

UNE RECOMMANDATION D’ÉPICTÈTE

Pour être libre, il faut mépriser tout ce qui ne dépend pas de nous
______


LE DOUTE EST PERMIS

Si « Autant en emporte le vent » s’était appelé « Le coton vire au rouge », il n’est pas sûr que le film aurait eu un succès planétaire.

__________


vendredi 21 mars 2014

LES AVATARS DE L’ADOLESCENCE (11)

Ou l’origine des malheurs du monde



CHAPITRE XI


LA POLITIQUE



Les épreuves qui accablent l'adolescent seraient insupportables si des échappements ne venaient diminuer la tension. La fuite dans les occupations ludiques est le principal mécanisme de cette défense. Elle est efficace car les distractions sont des activités qui stimulent l'imagination, canalisent l'énergie et apprennent le goût de la fête. Elles ont, par là, un rôle fondamental dans la formation et sont des lieux d'échange et de communication incomparables.

Elles permettent aussi un contact avec une réalité et une ambiance moins conflictuels que le sont la famille, l'école, le lycée, etc.

Cette confrontation peut ne pas servir d'exutoire aux conflits internes. La perception de ce qui se passe dans le monde réel se confine alors à un milieu où l'adolescent n'est pas en phase. Il perd ainsi la chance de se frotter à un aspect plus amical et convivial de la société, dans un milieu où sa différence ne pose pas de problème. Dans ce cas, rien n'atténue son ressentiment. La subjectivité du regard devient exclusive; toutes ses expériences du moment la renforcent.

La solution ou l'opinion qu'il proposera a peu de chances d'être la bonne car il n'aura pas acquis l'habitude d'étudier tous les aspects d'un problème d'un œil serein.

L'adolescence est l'âge de l'impatience. Il a envie de répondre à la question au moment où elle se pose. Cette hâte et une évaluation incomplète ne peuvent donner qu'un mauvais résultat.

Le besoin d'action de l'adolescence, positif en soi, privilégie malheureusement le court terme car ses aspirations sont immédiates. Le long terme n'entre pas dans ses préoccupations.

Cette incapacité de résoudre les difficultés à froid sévit beaucoup en politique. Elle traduit une impuissance à appréhender le réel et à y faire face. Ce traitement est caractéristique du pouvoir tel qu'il est exercé par l'énarchie. Elle oscille constamment entre deux erreurs; soit elle court au plus pressé sans se soucier des effets et aboutit à une décision hâtive, incomplète, spectaculaire parfois, catastrophique à moyen et long terme, soit elle ne fait rien car la situation est si complexe que la solution suppose des réformes compliquées. Le travail paraît impossible à des gens si pressés. C'est au temps et aux futurs détenteurs du pouvoir que le terrain est abandonné.

Les événements qui défrayent l'actualité et effraient le sens commun, sont 1e fait d'individus dont la situation éminente ne paraît pouvoir s'acquérir qu'après avoir fait la preuve de qualités de sagesse, de réflexion et prouvé que la versatilité, l'irrésolution, la générosité à courte vue, les foucades leur étaient étrangers.

Exercer un pouvoir suppose en effet des vertus qui ne ressemblent en rien aux qualités qui permettent la conquête de ses attributs.

L'histoire aurait dû leur apprendre la circonspection. Beaucoup des grands désastres qui ont ensanglanté le monde ne s'expliquent que par une décision illogique, irrationnelle prise par un roi, un empereur, un grand capitaine, un généralissime inconscient, fantasque, prétentieux, narcissique au point de n'écouter que les flatteurs, poussé à l'action sans en peser les conséquences, intransigeant et devenu sourd à la prudence. Plutôt que de revivre Azincourt, Waterloo, Sedan, les offensives du général Nivelle, les péripéties du Watergate, de l'Irangate nous parlerons de deux faits d’armes qui ont défrayé la chronique des dernières décennies.

L'affaire du Rainbow-Warrior est encore dans les mémoires. A tous les stades de la décision, de la préparation, de la mise en place, du déclenchement et surtout à l'occasion des explications finales nous trouvons des réactions, des mensonges, des refus de responsabilité qui expriment de façon caricaturale la personnalité immature des hauts personnages de l'État, de l'Armée qui décidèrent, organisèrent, ce médiocre attentat. Ils la cachèrent sous la componction, le masque sévère, la volubilité ou le silence que la fonction impose. Cette façade dissimule mal tout ce qu'a supposé une telle détermination. Quelques unes des raisons ont été dites. Il est facile d'imaginer les autres: la colère d'abord qui ne supporte plus la contradiction d'une poignée d'écologistes, la rage de se savoir assez fort pour donner une leçon à des infatués, la peur d'être ridiculisé par un petit bateau se faufilant au travers d'une escadre, le plaisir de construire un complot, de s'essayer à la guerre avec les armes que la persévérance a enfin permis d'obtenir après tant d'années passées à regarder jouer ceux qui avaient le pouvoir.

Comment résister à de telles sollicitations et envisager le ridicule d'un échec, la mort d'un homme, le déshonneur d'une France ravalée au rang d'État terroriste. Des vrais adultes se seraient arrêtés à ces considérations; des adolescents sont tombés dans le piège et se sont affolés dans le désastre, préférant se taire puis nier pour enfin, acculés à l'évidence, reconnaître avec embarras leur responsabilité.

Quelques années plus tard, un scénario presque semblable est mis en scène. Une autre équipe est au commandement. Elle n’a rien retenu des leçons de l'échec précèdent. Elle est aux prises avec un problème qu'elle ne sait comment résoudre. Les écologistes sont devenus des canaques. Ils contestent notre présence. Ils sont eux aussi, nous assure-t-on, manipulés par l'étranger. Ils ne sont pas pacifiques niais violents et l'ont prouvé en massacrant quelques gendarmes et en capturant les survivants. La négociation commence. Elle progresse difficilement dans les palabres et les revendications. L'honneur du pays et la proximité des élections présidentielles ne se satisfont pas de son rythme L'orgueil national a été atteint. L'humiliation infligée à des soldats par des individus dont les qualités ne sont pas les nôtres ne saurait être laissée impunie. La possibilité d'une revanche permettant peut-être une vengeance mérite d'être considérée.

Les obstacles à un compromis avec des gens tellement différents, la possibilité d'employer la ruse, une technologie puissante - peut-être des bombes commandées par laser - bref, de faire étalage de toute une supériorité intellectuelle, technologique, militaire convainc les ministres, le chef du gouvernement - demain président de la République - que l'attaque est la seule réponse digne de la France contre des insurgés primitifs, mal armés. L'assaut est donné le jeudi 5 mai 198S, le carnage tient ses promesses, les otages sont libérés. Leur liberté justifiait les morts des deux côtés. Les chefs militaires, les hommes politiques sont fiers de leur décision, de la manière et des résultats. Pour aucun d'eux il ne s'est agi d'un jeu. Leur conviction, leur sincérité, leur bonne foi peuvent être considérées comme entières. La décision n'a pas été prise sans intenses réflexions. Elle leur est apparue comme inéluctable. Ils méritent notre confiance sans restriction sur ce point. L'adolescent ne joue pas. Il en a abandonné l'habitude. Ce qu'il fait est fait sérieusement, convaincu de son droit, sûr de sa dialectique. Il les éprouve et n’en use que depuis peu mais le doute ne l'habite pas. Ses choix, ses amours. ses haines peuvent changer selon la dernière influence dominante, sa certitude est totale à chaque fois. L’honneur de la France, l'avenir de la Nouvelle-Calédonie exigeaient un bain de sang. Quel adulte un peu prévoyant, un peu conciliant, avec quelques souvenirs du passé et l'appréhension des lendemains aurait agi avec une telle impétuosité? Une identification si complète, si parfaite n'est pas charmante.

Les hauts faits de nos hommes politiques ont suscité ce climat détestable qui a souvent ressemblé à une guerre civile dans notre pays. Il est entretenu par les partis qui s'accusent à tour de rôle de turpitudes et rejetant sur les prédécesseurs la responsabilité de tout ce qui va mal. L'état politique supprime les états d'âme. La guérilla absurde ne résout rien et détruit les relations civiles. Le politicien qui fait de l'adversaire un ennemi est poussé par l'ambition et la soif du pouvoir. Elles éteignent les scrupules. Elles s'accompagnent pour la même classe de l'impossibilité de reconnaître à l'ancienne majorité un mérite, une initiative heureuse. La minorité courageuse qui s'y hasarde n'est pas loin d'être traîtresse. Le politicien dans l'opposition est sur la défensive quand on lui demande des comptes sur sa gestion passée et mène une offensive dans l'espoir de regagner le pouvoir. La position est délicate. Elle l'oblige à entretenir une querelle. Elle ressemble à celle qu'il avait inaugurée avec ses parents. Elle avait pu être maîtrisée mais a peut-être laissé des traces. Le besoin de pouvoir est le même que celui d'indépendance qui oppressait l'adolescent. L'avidité, la suffisance, les certitudes sont les mêmes sans la faiblesse et l'inexpérience de la jeunesse. La cruauté, la partialité du jugement sont débarrassées des réticences, aiguisées par un appétit qui revient plus fort parce qu'il a déjà été rassasié. Le politicien déchu tolère mal la situation humiliante où le met la défaveur des urnes. Il a peut-être subi dans l'adolescence des rebuffades mais il connaît maintenant les réponses aux questions et il est certain d'être un chef. Sa rage d'une reconquête, qui lui fait, sacrifier famille, amis, éventuellement convictions n'est pas non plus un signe de maturité. Le déçu hargneux est devenu plus que jamais dangereux.

Le monde politique combine de façon caricaturale l'intransigeance, le sectarisme et le mépris. Ce dernier a été renforcé par la puissance qui s'attache au mandat électif. On imagine avec effroi le degré atteint par tous ces sentiments quand le pouvoir est quasi régalien.

Tous ces comportements renvoient à l'adolescence car c'est a ce moment que s'acquiert la possibilité d'évaluer et d'assumer, de répondre de ses actes. Cette capacité suppose une lente maturation de la personnalité qui prend conscience de son identité et de sa liberté. Elle s'établit progressivement et l'adolescent est devenu adulte quand la responsabilité est revendiquée et assurée.

Les politiques s'absolvent de leur irresponsabilité et des conséquences politiques, sociologiques parce qu'ils n'ont pas évacue l'esprit de groupe où l'adolescent se réfugie quand le monde adulte lui apparaît hostile. Il trouve réconfort et sécurité car la chaleur de la bande - ici un parti politique – manifeste alors bruyamment sa solidarité. Cet appui renforce sa bonne conscience et son soupçon d'une conspiration de la part des autres.

Ces comportements politiques rejoignent beaucoup d'autres attitudes et démontrent seulement que leur adolescence est inachevée, qu’ils ne sont pas dignes d’une fonction qu’ils ne doivent qu’à la même immaturité de leurs électeurs..

________


mercredi 19 mars 2014

LA FEMME ÉTERNELLE CONTRE L’HOMME ÉPHÉMÈRE

« Nous allons assister, en direct, ce soir, au combat entre l’"Éternel Féminin" et l'"Éphémère Masculin".

On comprend mal comment la Fédération Française autorise ce combat très inégal entre une tenante du titre au meilleur de ses formes et un challenger en bout de course, affaibli et qui a eu du mal à monter sur le ring.

À notre droite, nous avons mademoiselle Soprano, sortie en direct d’une gravure de mode : 1,79 m pour 56 Kg, habillée par Chanel d’un strict tailleur, chaussée par Gucci d’escarpins à talon qui la hissent à 1,90 m et la fontt dominer d’une tête toute l’armée qui s’affaire autour d’elle : 2 manucures s’occupent de ses ongles rouge sang, son maquilleur retouche sa célèbre moue, son coiffeur exclusif retravaille le curling de sa mèche postiche postérieure et son couturier rectifie le pli de sa jupe fendue.

À notre gauche, nous avons Jules La Gaffe, l’éternel perdant. À le voir, je crains que ce ne soit son entrée dans l’éternité. Comme vous le savez, il sort de l’Hôtel-Dieu où, en urgence, il vient de subir un triple pontage. À 36 ans, c’était un peu tôt, mais le résultat d’une vie de tabagie et d’autres excès en tous genres. Vêtu du costume fourni par l’AP, une chemise bleue ouverte dans le dos, il porte encore ses patins de salle  d’opération. Deux aides-soignantes l’aident à se mettre debout, l’infirmière vient de lui faire sa dernière piqûre d’anticoagulant. Une religieuse prie ,en retrait, l’archange Gabriel. J’ai aperçu dans les vestiaires un spectre en noir de chez monsieur Borniol, un mètre à la main. Je suis inquiet pour l'avenir immédiat de Jules La Gaffe. Espérons qu’un des trois pontages tiendra jusqu’au début du combat.

L’arbitre invite les deux combattants à venir au centre du ring. L’Éternel Féminin s’élance nonchalante, royale, indifférente, souriant aux photographes. L’Éphémère Masculin s’avance, claudicant, embrumé par les vapeurs anesthésiques, baisse les bras faute de pouvoir les lever.

Je crains une nouvelle fois qu’il faille attendre plus tard que ce soir pour que l’ égalité des chances soit, au moins, dans ce domaine respectée. Mais, voyons la suite et que le massacre commence ».

(à suivre)
_______



LE CONSEIL DU JOUR

Puisque vous ne trouvez jamais la solution, arrêtez de vous posez des problèmes.

_______


LE DISCOURS

Préparé par une armée de conseillers techniques polytechniciens, rédigé par une escouade d’écrivains normaliens et polygraphes, l’orateur découvrait avec ravissement sur son prompteur, un texte savant, un chef d’œuvre de technicité, des citations pertinentes, une œuvre d’art capable plus tard de le faire entrer dans les académies des sciences littéraires, morales, politiques, économiques et techniques réussies.

Le plaisir des auditeurs eut été au diapason si l’effet n’avait été gâché par la voix de fausset, la ponctuation hésitante, l’écarquillement incrédule des yeux, un dandinement incongru et une gestuelle manuelle et brachiale intempestive. Le propos en devenait ridicule, le style embrouillé et les explications vaseuses.

C'était, au final, encore une imitation ratée du président en exercice.

_______



lundi 17 mars 2014

L'IMPATIENT DU JOUR

Vous êtes impatient , mais vous avez bien une minute à me consacrer?"
- "1 seconde".
"Votre gâteau favori?
- "L'éclair".
"Votre signe du zodiaque?"
- "Une étoile filante".
"Vos prédictions pour l'avenir"
- "?".
"Votre règle de vie"
- "Moins on en dit, moins on se répète".
"Votre régime?"
- "Finir le dessert avant d'attaquer les hors-d'œuvre".
"Votre principe?"
- "Repartir sitôt arrivé".
"Votre faiblesse?"
- "Vouloir en finir avant d'avoir commencé".
"Le livre que vous emmèneriez dans..."
- "L'alphabet. Il les contient tous".
"Votre regret?"
- "N'avoir pas été un mort-né".
"Pourquoi?"
- "Ça m'aurait évité tout ce temps mort".
______________


dimanche 16 mars 2014

MA MINUTE EST À VOUS

« Navrée de ne pas avoir donné signe de vie mais je n’ai pas une minute à moi ».
« Vous êtes toute excusée, c’est un cas de force majeure. Mais, dites-moi, vos minutes, si elles ne sont pas à vous, elles sont à qui ? »
« Mais à tous ceux qui me les prennent ou à qui je suis forcée de les donner.. Comme si je ne savais pas quoi en faire. Vous allez me plaindre quand je vous dirai que ça commence dès le matin.
À peine réveillée par la cloche de l’église, je dois répondre au téléphone à la cousine qui me raconte le cauchemar qui l’a tenue éveillée le temps de se rendormir. À peine le temps de raccrocher et c’est  le petit déjeuner de l’autre qui veut toujours être servi le premier sous prétexte qu’il doit partir travailler et préparer les assiettes du chat, du chien et elles sont difficiles, les satanées bestioles. À peine le temps d’avaler un café crème que le devoir m’appelle. Le ménager s’entend. J’ai à déplacer la poussière qui s’est accumulée depuis la veille, à changer l’eau des fleurs, à cirer le parquet de la chambre des invités au cas où quelqu’un débarquerait par surprise. À 10 h 20 c’est le potager qui me réclame et il faut préparer le terrain pour les petits pois, les carottes, les navets, les haricots, les pommes de terre elles sont déjà en place. Elles aiment pas attendre, les sacrées Charlottes et les Belles de Fontenay. Le temps de m’écailler les mains de la saleté et c’est la Nouvelle République qui veut que je lui donne mon avis sur les dernières nouvelles du canton et du monde. C’est pas brillant. Ça se chamaille, ça se fait la guerre, ça se dispute et c’est contagieux. À 2 lieues d’ici le père Gaston, un vieux avec qui j’étais en classe, il vient de se faire piquer ses sous par une bande de galopins qui l’ont laissé sur le carreau, quasi-mort. C’est y pas malheureux ! Après avoir épluché la liste des nouvelles veuves, je fais quelques mots fléchés pour entretenir l’intellect et pas avoir à chercher les mots dans le dictionnaire, d’autant que je me rappelle pas où je l’ai mis. À midi tapant, je dois m’activer pour préparer le repas de monsieur qui rentre pour se mettre les pieds sous la table. Il veut pas de la gamelle comme les autres. Il doit manger dans une assiette, le môssieu. Et difficile en plus. Du réchauffé de la veille c’est pas pour lui.
Après l’avoir réexpédié vite fait mais bien fait, jamais de reproche, j’ai ma fierté, j’essaie bien de grappiller une ou deux minutes pour avoir une pensée pour moi : me souvenir d’un moment agréable. Mais pas moyen. C’est la sonnette qui cloche et la voisine, cette langue de vipère qui vient me demander comme tous les jours si j’ai pas aperçu son Médor, un chat castré gros comme un squelette et qui vient me voir pour essayer d’avoir moins faim. Le pauvre. Je la réexpédie vite fait, mal fait, la mégère, à ses oignons. Je ferais bien une grande sieste mais c’est pas le moment car c’est celui de partir rejoindre la compagnie des folles au club du troisième âge de la maison d’action civique et sociale pour le bien de la population rurale en zone de désertification accélérée (M.A.C.S.B.P.R.Z.D.A.). On y a un entraînement à la belote coinchée avant le grand tournoi intercantonal du mois prochain. On aimerait bien ne pas finir dernier comme chaque fois. Et cette fois-ci on a débauché un coach super. Elle a fait partie de l’équipe qui, l’année dernière, a failli parvenir en demi-finale du tournoi d’élimination au championnat régional. En tant que suppléante adjointe à la remplaçante en titre, je me dois de participer à l’enseignement des techniques d’intimidation et de dissimulation qui font que la belote coinchée ressemble beaucoup au poker d’as.
Je rentre à la maison vers 17 h 30, épuisée de l’effort de concentration. Je mets au clair mes notes, mémorise la stratégie qui ne doit pas faire oublier la tactique. C’est ce qui a permis à Napoléon de gagner à Austerlitz ne jamais l’oublier, nous a martelé le coach qui connaît tout sur tout. Je savais pas moi que Napoléon avait été jouer à la belotte coinchée à Austerlitz, salle Wagram aurait été plus près de l’Élysée.
Je repars au jardin car l’arrosage des fleurs ne veut pas attendre et il va être 19 heures. Monsieur, après ses discours et une partie à La Boule joyeuse il, va réclamer à corps et à cris son boire et son manger comme si j’avais eu du temps à passer dans la cuisine. Je me dépêche donc avant qu’il arrive. J’ai même pas le loisir de vous offrir un petit gâteau, une eau de vie, une cerise ou un café. Ça aurait été de bon cœur, mais comme vous l’entendez, j’ai pas une minute à moi pour pouvoir vous la donner à vous ».

________

RÉPONSE À LA QUESTION

Monsieur, dans une publicité rédactionnelle parue le 9 mars dernier (http://leblogadancharr.blogspot.fr/2014/03/cest-vous-qui-voyez.html) vous proposiez vos services pour les candidats à la popularité. Ce n’est pas exactement mon souhait car je me moque de ce que voient les autres et ce qu’ils pensent de moi c’est leur problème, pas le mien.
Je souhaite pourtant changer et ne plus être celle qui m’habite. Elle ne me satisfait pas. Je me trouve médiocre en tout. Cela m’est d’autant plus insupportable que j’ai une vision claire de celle que je souhaiterais être. Je vous en fais un résumé :
-      J’aimerais avoir le caractère de Catherine Deneuve ou de Brigitte Bardot, le culot de Mistinguett ou d’Annie Cordy, l’intelligence de madame Badinter ou de Julia Kristeva.
Pour ce qui est du look, je me contenterais du mien, il me suffit à défaut de me plaire mais comme je passe davantage de temps à m’entendre penser qu’à me regarder dans une glace, ça n’a aucune importance.
En espérant que mon cas entre dans votre domaine de compétence, croyez, monsieur à mes salutations distinguées.
___________
RÉPONSE À LA QUESTION
Chère madame,
Vous pouvez vous considérer comme future cliente, dès que je pourrai me mettre à votre disposition. C’est le genre de travail que je préfère : tout en subtilité, en finesse, en profondeur. Le problème est plus simple qu’il n’y paraît. Je n’aurai qu’à vous aider à lever des inhibitions, à révéler vos potentialités, à supprimer les incompréhensions, à vous apprendre à aller à la pêche aux idées. Elles tourbillonnent autour de votre tête. Elles ne demandent qu’à être recyclées, remises au goût du jour. C’est ce que font tous ceux et  elles dont vous admirez l’intelligence, l’originalité. Vous pouvez faire aussi, bien mieux encore. Il suffit d’aller plus haut, descendre plus bas. Vous aurez du lourd et du léger, de quoi vous occuper.
Il n’est jamais trop tard et bientôt vous n’envierez personne, étant devenue la femme de vos rêves.
Croyez, chère madame, à mes sentiments dévoués,
___________


vendredi 14 mars 2014

UN HOMME TRÈS TRÈS PRESSÉ

« Vous êtes pressé ?»
« Oui
« De partir ?» »
« Pire, d’arriver. »

___________


ÇA, C’EST BEN VRAI

Le clair est obscur pour l’aveugle, le tonnerre silencieux pour le sourd, la parole absente pour le muet mais ils sont moins à plaindre que les 9/10ièmes des voyants qui ne voient rien, des bavards qui ne disent rien et des fines oreilles qui n’entendent rien.
______



LE PORTRAIT DU JOUR

-      « Vous êtes content de vous ».
-      « Oui, s’il n'y en a qu’un, je serai celui-là ».
-      « Vous avez raison, pourquoi vous priver ? ».
-      « C’es un principe chez moi, je ne suis jamais aussi bien servi que par moi-même ».
-      « Vous êtes l’exception du moment. Il n’y a que des mécontents ».
-      « Oui, les pauvres. Ils n’ont pas la chance d’être moi qui vous parle. Je suis content car tout me réussit. J’y peux rien. C’est plus fort que le mal. Je finis bien ce que je commence et le résultat dépasse la prévision.
Et c'est vrai depuis le début. J’étais tout petit à la naissance, 2,5 kg pour 50 cm et regardez le gaillard : 90 kg pour 1,85 m et que du muscle. J’avais rien, j’étais tout nu et, maintenant, je suis sapé comme un prince, j’ai une grande maison, des belles voitures, une belle femme, des beaux enfants, un bon revenu.
Il me suffit de vouloir pour pouvoir, de marcher pour avancer, de donner pour recevoir, de reculer pour mieux sauter, etc.
Je suis navré pour les jaloux, les grincheux, les paresseux qui ,en plus de tout louper, doivent supporter leur sale caractère. Ils devraient faire comme moi : être contents. Il suffit de le décider. Tout s’enchaîne, devient facile. Essayez pour voir et reprenez de ce Paris-Brest. Il vaut le voyage ».
______




jeudi 13 mars 2014

L’INTERVIEW DU JOUR

-      « Vous avez le temps de tout faire ? »
-       
-      « Non ».
-       
-      « Ça vous manque ? »
-       
-      « Non. »
-       
-      « ??? »
-       
-      « Mon ambition est limitée à mes moyens, pour tout :
-       
-       je vis dans la mesure de mes revenus ;
-       je marche tant que mes pas me portent ;
-       je lis tant que je n’ai pas sommeil ;
-       je mange ce qu’il y a dans mon assiette ;
-       je vois jusqu’à ma ligne d’horizon ;
-       j’apprends ce que je comprends.
-        
Pour en revenir à votre question, comme tout ce que je ne fais pas n’existe pas, ce n’est une perte pour personne et puis le temps se suffit à lui-même. Il n’a besoin de personne pour se remplir ».

______________



ÉTINCELLE

Une étincelle, c’est minuscule, ridicule et pourtant c’est le début de tout, depuis toujours. Elle jaillit :

-      Entre deux pierres et c’est le feu, le cuit ;

-      Entre deux idées et c’est la lumière, la liberté, l’égalité, la fraternité ;

-      Entre deux regards et c’est l’embrasement, la passion.

-       Son reste est l’ennui de l’étincelle. Elle vieillit mal et c’est l’incendie de Rome, de Londres, la carbonisation, la révolution, la guillotine, la restauration, les cris, les larmes, la séparation, le divorce.
-       
-      Finalement, la meilleure des étincelles c’est celle du briquet ».
______________



L’ESPOIR

Je connais quelqu’un qui n’est pas en manque d’idées. Pour être précis, il n’en a qu’une, mais elle est forte. Le problème est qu’elle est fixe.  Il n’en sort pas, n’en démord pas. Il la rumine, ne connaît qu’elle. Elle occupe toutes ses pensées. À force de la ressasser, de la couper en 4, en 8, en 16, elle est devenue courte et à la fin tellement ratiboisée qu’il est le seul à la distinguer, à en parler.

On voudrait l’aider, lui en glisser une autre à l’oreille pour changer. Il n’écoute pas. Il la fait sourde. Espérons qu’un jour, il cessera de faire l’enfant, de jouer au parent et, avant de finir, deviendra adulte.

______________


mercredi 12 mars 2014

UN ÉMIGRÉ DE PLUS

-      « Alors, vous aussi, vous êtes parti ? »
-      «  Oui, j’émigre comme beaucoup. Je ne supporte plus la vie qu’on mène ici ,mais surtout les français ».
-      « Vous leur reprochez quoi ? »
-      « Ce qu’ils sont ».
-      « Précisez ».
-      « Ils sont geignards, paresseux, sans courage, sans volonté, sans idées, incapable de s’adapter, d’évoluer. C’est devenu un pays de fonctionnaires, dirigé par des fonctionnaires et qui haïssent ceux qui ne sont pas comme eux : idéologues, sectaires. Ils ont fait de la France le pays des tabous où il est défendu de critiquer les israéliens et leurs suppôts, de voir les américains tels qu’ils sont, de s’inquiéter des africains et de leur démographie, d’admirer les chinois, les indiens pour leur travail, les suisses pour leur astuce, les belges pour leurs libertés de vivre, de mourir, les russes pour ce qu’ils sont malgré tout. C’est le pays des arrêtés, des règlements, des lois.,des mises en examen,des policiers, des gendarmes, des CRS.
Je n’aime pas les radios d’État, les journaux à sens unique, subventionnés, la télévision, le cinéma.
C’es français qui se plaignent du chômage et qui roulent en BM, en Mercedes, en Lexus, en Kia, en Seat, en Fiat, en Volvo. Ils mangent au McDo, boivent du Coca et se mettent à grossir à force de pizzas, de burgers, de cochonneries, de saloperies.
-      « Bon, on a compris et vous partez où ? ».
-      « ‘Pourquoi je partirai ? Je suis bien où je suis. Je ne serais pas mieux ailleurs. Ma maison est confortable, mon jardin est grand. La campagne est jolie. »
-      « Je ne comprends pas : vous partez ou vous restez ? »
-      « Je suis un émigré de l’intérieur. J’ai seulement coupé les ponts avec la France que je déteste et je n’en garde que ses fromages, ses vins, ses pâtissiers , ses paysages».
-      « Vous êtes un émigré virtuel ».
-      « Si vous voulez. Je mène la vie que j’aurais si j’habitais dans la banlieue de Sydney ou de Bath :

  • je ne lis plus les journaux ;
  • je ne regarde pas la télévision ;
  • je n’écoute pas la radio ;
  • je ne vois que les amis qui font le voyage. Je ne fréquente que les anglais du coin. Ils perfectionnent leur français, j’apprends leur accent.
Quand je veux être informé, j’écoute la radio Suisse normande ou la BBC en français. »
-      « Vous n’avez pas le mal du pays ? »

-      « Vous rigolez! J’ai retrouvé la santé. 

Ne plus entendre Cohen Clark, FOG, Hanouna, Bern, Ruquier, Bouvard, De Caunes, Duhamel, quel e bonheur ! 
Ne plus voir Drucker, Arhur , Ruquier, Nagui, Delahousse et les autres, quelle tranquillité !
Ne plus lire Le Monde, Libé, le Figaro, Télérama, quel lavage de cerveau !
Ne plus entendre parler de Sarko et de ses casseroles, de Hollande, de Fillon, de Copé, de Dieudonné, de Buisson, des Roms, des Bettencourt, des riches, des pauvres, du chômage, de la dette, du PSG, des Corses, des Bretons, de l’ENA, de la côte de l’immobilier, des grandes écoles, des banlieues. Quel soulagement.
Cultiver son jardin, lire des bons livres, voir des bons films, ne plus entendre des dépressifs qui trouvent bien le mal et mal le bien. Quel bol d’air frais ! et puis, de temps en tems, une petite excursion en terre étrangère pour aller revoir à Angers le Chant du Monde, à Ouessant la mer, le moyen-âge au Puy du Fou, ça permet de comparer, de ne pas s’ennuyer.
Et moi, au moment du naufrage, quand le FMI sera à Bercy,les banlieux en feu, le gouvernement en exil à Bordeaux, je serai prêt à déguerpir pour de bon et, avec mon entraînement , ça se fera en douceur, sans douleur !»

__________


LES TROIS GRÂCES

La fée du logis, la folle du chariot et la femme de tête d’œuf de serin se réunissent une fois le mois pour rêver de divorce.
 Elles vivent un cauchemar :
·         la première souffre de voir son mari oublier les patins pour glisser sur le parquet ciré ;
·         la deuxième qu’on lui rationne les subsides quand elle va au supermarché ;
·         la troisième se plaint de comprendre tout, de travers.

__________



mardi 11 mars 2014

FAITES L’EXPÉRIENCE

À une personne qui ne dit jamais rien, demandez-lui : « dites-moi tout ».

Deux possibilités :

1er cas : Vous avez ouvert un robinet, tourné une vanne, enlevé une bonde : un torrent jaillit, le déluge s’installe, un tsunami vous submerge. Vous recevez l’Iliade et l’Odyssée, les pensées de Pascal, les mémoires de Châteaubriant en hors d’œuvre et ça embraye sur le plat de résistance.

2ème cas : un silence consterné, une stupeur non déguisée, une angoisse effrayée, c’est une proposition de vol, de viol, de rapt. La réaction en dit long : rien à déclarer, le disque dur est enrayé, le disque mou n’impressionne pas. La mémoire vive est morte, la passive est désactivée. La vie coule par habitude, habitée par la routine avec l’ennui pour compagnie, la peur aux aguets et un trop plein de vide sous le pied. Bien-sûr, tout cela n’est que l’impression qu’on veut donner pour que la question ne soit pas posée et que personne ne connaisse tous les trésors gardés, enfouis, cachés, inaccessibles même à soi-même.

__________

lundi 10 mars 2014

CHRONIQUE LITTÉRAIRE


On sort d’une trilogie de Dave Duncan épuisé et émerveillé par l’énergie créative qui libère l’ imagination fantastique de ce possédé de l’écriture qui met en vie des mondes irréels plus vrais que le nôtre. Il les remplit de créatures de rêve et de cauchemars qui survivent à des aventures impossibles en notre compagnie invisible et incrédule d’être ainsi invité à partager leurs exploits, d’assister aux forfaits  et d’en sortir indemne, fortifié, revigoré. Cette dose de FANTASY héroïque ne peut intéresser que ceux qui ne se sont pas satisfaits de leur médiocrité et veulent s’en évader pour pouvoir la supporter

_________