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Les sales caractères sont de deux types.
Il y a le mauvais permanent. C'est un trait qui fait partie de sa personnalité au même titre que la couleur de ses yeux et la forme de ses oreilles. L'individu bénéficiaire de cette particularité relativement fréquente est dans une rogne perpétuel apparue à la naissance. Il fut un bébé hurleur qui échappa de peu à des secousses létales grâce à des parents admirables. Plus tard, il se distingua par des colères chroniques, une mauvaise humeur permanente, une richesse en jurons impressionnante et une réputation épouvantable de type hurleur. Maladie orpheline, non opérable, inguérissable l'individu qui en est atteint se sent en bonne santé et il l'est en générale s'il n'est pas victime d'une autre pathologie qui aggrave la première et le rend carrément invivable. On ne sera pas étonné que la mortalité de ces personnes se situe dans la partie ascendante de la courbe de Gauss. Les proches se considèrent souvent en état de légitime défense.
Il y a l' intermittent. Il se manifeste à l'occasion. Elle n'est pas fortuite mais provoquée par un mot clé qui déclenche l'ire du sujet . Ainsi, il n'est pas rare qu'aujourd'hui il suffise de prononcer :Sarko, Hollande, Trump, Poutine, Macron, confinement, éolienne, dette pour plonger le plus paisible des hommes dans une colère noire, prêt à frapper qui élève une objection ou essaie de le calmer. D'autres ont la réaction de mon chien quand il voit un chat. Il se transforme instantanément en un loup de Sibérie affamé, rugissant, doublant de volume. Il faut se mettre à trois pour l'empêcher de faire un malheur, lui qui ne ferait pas de mal à une puce. Un visage connu et haï peut avoir le même effet destructeur de la politesse, de la courtoisie. Le débonnaire se transforme en sanguinaire. La séance horribilis dure le temps que l'autre trouve une porte de sortie.
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