Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


samedi 21 février 2026

L'EFFET ÉLÉPHANT

 Les catastrophes en série provoquées par les sottises qu'édictent les imbéciles qui dirigent les idiots qui les élisent après avoir cru leurs mensonges gros comme la lune, leurs promesses éculées jamais tenues depuis l'antiquité, les appels aux grands sentiments proférés par des cynique de la pire espèce,  des corrompus vendus à une idéologie, un conglomérat, une puissance étrangère, adviennent dans les pleurs et les sanglots après avoir longuement mijoté dans l'indifférence et l'inconscience générales.

 Par prudence, je dégage toute responsabilité quand je m'engage dans des travaux qui dépassent  mes capacités, quand j'entreprends un exploit qui excède mes forces et me hisse à mon niveau d'incompétence. Fort de mes expériences désastreuses, je ne peux vous engager à suivre mes chemins qui ne mènent pas au podium mais  à l'échec, à la déconfiture, au ridicule.  Mais, fidèle à l'esprit de Coubertin qui dit que l'important est de participer, j'outrepasse et en tire de grandes satisfactions et de nombreuses médailles virtuelles  puisque " qui perd gagne".

LA CHANCE

Faite attention à la chance, prenez soin d'elle, protégez-la, ne la quittez pas des yeux, car elle est volage et vous en avez besoin si vous voulez réussir aux examens, passer les concours,   survoler les obstacles, gagner les matchs. C'est un gage de succès, un atout pour triompher de l'adversité, une arme contre l'échec si vous manquez de piston, d'intelligence, de mémoire et tout ce qu'il faut quand on n'en a pas. Méfiez-vous surtout de son âme damnée, son alter-ego malfaisant, son ombre maléfique, la malchance. Aux aguets, prête à bondir, à vous entrainer dans les déboires, elle attend l'instant propice, un moment d'inattention  pour prendre la place vacante. Vous êtes prévenu, ne laissez aucune chance à cet ennemi réel. 

 On a deux moteurs   à l'origine de  l'action:  la raison qui fait agir sans passion, sans élan pour  répondre à un besoin, un devoir et l'intérêt,  un peu plus excitant à défaut d'exalter, qui  introduit l'attente d'un dividende et la satisfaction d'un paiement qui augmente avec le temps.

 La direction a besoin d'un sens pour savoir si elle est dans la bonne.

vendredi 20 février 2026

LES DEUX DEMANDES

La demande est une question qui se passe dc complément d'objet direct dans sa forme pronominale. Quand je me demande si

- je me suis trompé,

- il va faire beau demain,

- si ça va durer longtemps,

- si j'ai bien fait de dire oui, non, mon devoir, etc...

Je m'interroge tout en sachant que ma demande débouche sur rien, qu'il n'y a pas de suite, qu'il me faudra attendre pour savoir,  un peu ou beaucoup de patience. On se parle pour ne rien dire, en pure perte ou en attente. Seuls les esprits inquiets utilisent cette rumination imbécile.

Transitif et suivi d'une préposition, la demande interroge un tiers. La réponse exige une réponse immédiate. Elle doit pour être obéie être posée sur un ton comminatoire, énergique, autoritaire. Ne l'employez jamais avec un pronom personnel du genre "je vous demande de", humblement est sous-entendu, lui fait perdre sa force et n'incite pas à honorer ce qui apparaît comme une supplique venue d'un inférieur négligeable, sans risque de représailles.

PS: cette réflexion inutile sur un problème qui n'intéresse personne m'est venue pour apporter une solution au problème sans importance que l'inconscient m'a posé à un moment où, sans idée sensée, je me demandais ce que j'allais poster le jour qui suivrait celui où j'aurais oublié mon devoir quotidien imposé par une habitude qui dicte sa loi, sans pitié, sans rémission au bénéfice d'inconnus qui  me lisent peut-être même pas.

LE CYNIQUE EST AUSSI STOÏCIEN, ÉPICURIEN, PROTAGORICIEN, MATÉRIALISTE, RELATIVISTE ET DOUTE DE TOUT

Pour avoir une vie écologique parfaite, digne d'admiration qui ne fasse aucun mal à la nature, n'en reçoive que les bienfaits, j'ai décidé, nonobstant les difficultés afférentes au projet, d'imiter en tous les points les bêtes et les plantes sauvages. Elles démontrent au quotidien et depuis des millions d'années que cela est possible, assure la survie de l'espèce et ne touche à rien de la nature. Pour me mettre dans les conditions psychologiques adéquates, j'ai relu mes classiques antiques et y trouvé la théorisation, le mode d'emploi, la façon de procéder. 

Épictète et les stoïciens m'ont convaincu de n'attacher de l'importance qu'à ce que je contrôlais, j'ai donc cessé de m'intéresser aux voisins. Épicure m'a montré que consommer avec mesure et modération permet de ne pas souffrir d'indigestion, j'ai donc arrêté de boire du vin, de manger des gâteaux, du chocolat. Diogène,  le pape du cynisme m'avait démontré, par l'exemple, qu'on n'a besoin de rien et qu'il suffit de tendre la main pour cueillir les fruits et de la creuser pour recevoir l'eau de la pluie. Je fais des conserves pour l'hiver et des réserves d'eau pour les étés secs. Je dois à Protagoras et à son relativisme d'avoir accepter avec je m'enfoutisme les quelques inconvénients qui pourraient décourager une âme infantile (froid, faim, soif, inconfort physique et physiologique). 

J'a reçu aussi de la faune et de la flore une leçon de matérialisme que je vous engage à examiner puisqu'elles ne croient à rien, ne professent aucune idéologie, n'appartiennent à aucune chapelle, n'adhèrent à aucun parti, ne font la guerre - avec modération - qu'à ce qui comble l'appétit, sans haine ni peur du qu'en dira-t-on. Je partage aussi leur scepticisme qu'a copié Pyrhon d'Élis et leur fait douter de tout et n'être sûres de rien. 

PS: c'est finalement lui que j'ai trouvé le plus sage. Il m'a fait douter du bien fondé de ma décision radicale, m'en a fait examiner les tenants et les aboutissants, peser les avantages et les inconvénients. Il m'a permis au final non pas de changer de décision mais de la reporte à plus tard, compte tenu des circonstances particulières qui sont miennes. Je vous engage cependant à suivre dès maintenant mon futur programme car je vous sais comme moi, un farouche défenseur de la nature.

LE BOUT DU MONDE

Le bout du monde se situe à un lieu précis qui n'est pas en Estrémadure ni au cap Horn mais à Angers, dans la capitale des ducs d'Anjou, dans un cul de sac qui termine l'arrivée au château, après son entrée principale et le pont levis. C'est une balustrade qui donne une vue plongeante et imprenable sur la Maine,  fleuve ducal, la Doutre, refuge plébéien anciennement mal fréquenté et  la campagne avoisinante verdoyante.

jeudi 19 février 2026

PLAGIAT

Heureux les pauvres d'esprit qui croient qu'il y a deux mille ans, les pains se multipliaient, que l'on marchait sur l'eau, que l'eau se changeait en vin, que l'on ressuscitait, que l'on devenait polyglotte par une opération du saint esprit. Qui, hier, croyaient au père Noël, aux cloches qui voyagent le jour de Pâques, à la petite souris, à la féé Carabosse, que tout le monde, il est beau, il est gentil et qui, aujourd'hui, croient aux promesses électorales, aux mensonges de la publicité, à la parole des gourous, à ce qu'ils lisent dans les journaux, entendent à la radio, regardent à la télévision et qu'ils ont raison de penser ce qu'ils pensent, le royaume de l'imaginaire est à eux. 
Chaque temps a ses mots.

Au passé  on associe: guerres, dieux, religions, rois, empereurs, épidémies, catastrophes, inégalités, famines, révolutions, inventions, philosophes, savants, poètes, chefs d'œuvé, mythes, fatalité.

Au présent, on trouve progrès, crises, technologie, agressions, impérialisme économique, intelligence artificielle, épidémies, réchauffement, religions, présidents, dictateurs, drogues, inégalités, électricité, énergies renouvelables, catastrophes, pollutions, pétrole, fission, pouvoir, médias, domination, milliardaires, données, vitesse, influence, information, anxiété, Elon Musk etc..

On ne connaît pas ceux du futur mais ils devront nous parler de ce qui adviendra: guerres, catastrophes climatiques et cataclysmes telluriques, agressions, robots, chômage, algorithmes, chaos, inégalités, fusion, émeutes, religions, pollution, conquête spatiale, Elon Musk, etc..

La vitesse est le trait commun : d'abord lente, au pas, au trot, au galop. Aujourd'hui, elle est à la vitesse des données, quasiment instantanée. Demain, elle aura celle de la lumière. Nous, pris au piège depuis le début, on tourne de plus en plus vite et la force centrifuge nous projettera, un jour, je ne sais où!!!

L'ÉCOLOGIE PRIMAIRE ET SECONDAIRE

L'écologie s'occupe de l'interdépendance de la nature et son vivant animal et végétal. Les scientifiques en ont fait une science et des écologistes  très inquiets par le résultats de leurs recherches mettent en application, sur le terrain, leurs recommandations. Des politiciens toujours à l'affut d'une idéologie à la mode et qui, en d'autres temps, auraient été socialistes, communistes, trotskystes, en ont fait leur cheval de bataille pour entrer à l'Assemblée. On ne les entend pas parler du massacre des baleines qui continue, de la déforestation du poumon de la terre, de Musk qui s'apprête à mettre au-dessus de nos têtes un dôme de satellites qui captera la lumière du soleil  pour alimenter ses milliers de datacenters, de la pollution visuelle, sonore et aérienne des éoliennes, des ordures et des eaux noires rejetées directement dans la mer. Ils n'ont pas rendu l'hommage qu'elle méritait à madame Bardot qui luttait pour que les animaux soient traités avec le respect que l'on doit à un être vivant aussi bien dans les basse-cours, les élevages industriels que dans les abattoirs. Ces messieurs et beaucoup de dames préfèrent parler de sujets qu'ils ne connaissent pas et d'animer la galerie. Ils ont, à l'imitation de beaucoup qui s'affairent dans la philosophie, l'idéologie, la politique, la religion,  trouvé dans une belle idée, un moyen, un prétexte, une occasion pour monter un grand commerce qui va leur apporter des places d'honneur, du pouvoir, de l'argent et montrer de quoi ils ne sont pas capables.
Quand on ne sait pas quoi dire, on a l'excuse de l'ignorance.

mercredi 18 février 2026

Quand il va pleuvoir, le ciel se couvre pour éviter de se mouiller.

LA QUESTION

 Pour vivre heureux, longtemps, aimé de tous, le paradis est le lieu idéal , mais faut-il croire la publicité?

SUCCOMBEZ À LA TENTATION

Soyez sympa, cédez à la tentation, faite lui plaisir, elle n'attend que cela, pourquoi la décevoir, pour obéir à l'imbécile qui trouve de la grandeur dans la frustration et qui croit que plus on l'est, plus on augmente ses chances d'aller au ciel. N'écoutez pas la voix du renoncement masochiste, suivez mon conseil: jetez-vous sur le gâteau et n'en laissez pas une miette pour le voisin de table, jurez, crachez dans la soupe, rotez si vous en avez envie, dites ses quatre vérités à la dame, des insanités à l'évêque, etc... Céder à la tentation n'est pas seulement un acte de charité mais libère, fait plaisir, apaise, équilibre, aide à survivre au désespoir.
Très tôt sa vocation devint évidente. Bambin, il multipliait les incivilités pour le plaisir d'être fessé. Plus tard, il avoua aimer les roses pour les épines, le poisson pour lses arêtes. Il ne nagea dans le bonheur qu'à partir du jour où il convola avec un pervers narcissique qui lui en fit voir de toutes les couleurs. 
Vous vous demandez, perplexe, comment à une époque où une machine pense, parle, sait jouer au go, où l'on marche sur la lune, où les diamants sont artificiels, on ne transforme pas le plomb en or. La raison est simple m'a confié un détecteur de métaux, sous le sceau du secret. Le procédé est connu depuis le moyen âge. Il a été mis au point par les alchimistes. Il a été aussitôt enterré avec les inventeurs avec interdiction de le réveiller car rendre l'or aussi abondant que le fer lui ferait perdre sa valeur refuge. On verrait l'écroulement du système financier, la ruine des riches assis sur leurs lingots invendables, Fort Knox reconverti en refuge pour animaux, les bijoutiers obligés de vendre des salades etc.. Vous voila renseigné et heureux de ne pas avoir beaucoup de louis et de napoléons dans votre bas de laine, car n'en doutons pas, un jour ou l'autre, le verrou va sauter, mineurs et orpailleurs seront au chômage et ne pas avoir d'or sera un signe de richesse.

mardi 17 février 2026

Ne pas savoir où l'on va, crée, à l'arrivée, une surprise qui ressemble à celle que l'on a quand on ne sait pas ce que l'on fait. 

PS: n'aimant pas être surpris, compte tenu du danger pour ma santé du choc émotionnel car j'ai le cœur fragile, je ne pars pas et ne fais rien. On s'ennuie, mais qu'est-ce que c'est reposant!! Penser à tout ce que ce que je pourrais si je le voulais me suffit. Ça fait beaucoup et souvent trop.
La vérité qui dit qu'il n'y a pas de grand homme pour son valet nous apprend que l'intimité tue l'admiration par la connaissance des faiblesses. Elle dit aussi que la grandeur n'existe pas tant elle est amputée par les bas côtés de la personnalité. Le mieux placé  pour déprécier une réputation usurpée est celui qui en jouit car qui mieux que nous connaît la vérité du for intérieur. Nous sommes les seuls à savoir si nous mentons ou pas, si nos sentiments sont sincères, notre avis autorisé. Esclaves de   notre ego,  nous sommes  forcés de le servir sans émettre un jugement qui lui serait fatal, notre inconscience réussissant  à faire taire notre conscience.

LES PERSONNALITÉS

On est tous les victimes innocentes de nos personnalités. Elles nous conduisent par le bout du nez et nous obéissons,  contraints, forcés, à leurs ordres souvent  déplorables. Le choix est limité et la psychiatrie renforcée par la psychologie en a fait la nomenclature avec une précision chirurgicale. Elle les classe en 4 catégories.   Pour mémoire, à  l'usage de ceux qui l'ont perdu ou ne l'ont jamais su, je les citerai: personnalités paranoïaques, histrioniques, obsessionnelles, narcissiques. Elles sont compatibles avec une vie sociétale mais perturbent la sociale. 
                                        
Elles ne sont pas distribuées par le hasard mais nous sont imposées par la  conjonction coordonnée de l'hérédité, de l'éducation, de la culture, de la petite et de la grande histoire du pays où nous vivons. Ces influences disparates en apparence imposent à notre psyché un carcan de sentiments qui associent les défauts, les vices, les qualités et les vertus propres au genre et l'espèce auxquels nous appartenons, l'humaine. Son absolutisme est impossible à contrarier, son arrogance dépasse nos forces de persuasion: nous ne pouvons pas changer de caractère, base indestructible de la personnalité. Cette vérité est résumée par l'antique adage Ouzbek qui affirme "Con un jour, con toujours", et par le constat implacable qui dit qu'elle nous colle à la peau. On a :

- la personnalité paranoïaque forte, volontiers dominatrice avec un sentiment de puissance contrariée par l'impression  d'être  persécutée par un monde malveillant jaloux. La surestimation  est constante, cachée parfois sous une fausse bonhomie facile à détecter. Elle favorise l'ambition  qui l'orientera vers la politique, avec  et, c'est ce qui la rend redoutable obstination, intolérance et mépris des autres. La méfiance est présente, envahissante.

- la personnalité histrionique a une  théâtralité  qui  met en scène un spectacle permanent plein d'à-côtés tragiques qui lui fait vivre une comédie dramatique qui n'amuse personne. Elle a besoin d'attention, d'admiration. Elle dramatise les situations, crée facilement des liens superficiels, se laisse influencer, manipuler tout en voulant le pouvoir qu'elle essaie de conquérir par la séduction. Son bonheur dépend du regard des autres et elle tombe dans le malheur quand elle n'est plus visible.

- la personnalité obsessionnelle ne se rend pas la vie facile car elle veut  contrôler pour rendre son monde cohérent, ordonné, prévisible et  ne plus craindre l'avenir. La lutte est inégale  car les autres ne sont pas tous comme elle et son obsession de la maitrise  la rend rigide, dominatrice et finalement peu sympathique à ceux qui n'aiment être commandés. 

- une quatrième complète le quatuor, la personnalité narcissique. Elle est centrée sur elle-même car elle se voit admirable, supérieure et se met sur un piédestal. Cet orgueil lui donne une assurance, un sentiment de domination, lui fait croire mériter l'admiration. Si elle n'est pas reconnu comme méritant ce traitement d'exception, elle  se sent victime d'une injustice et souffre intensément. La vie de Narcisse est difficile.

Cette classification schématique n'est qu'un reflet de la réalité. Les personnalités apparaissent surtout dans leurs excès, lorsque l’une d’elles est envahissante et rigidifie le comportement. L’homme ordinaire  est, lui, plus souvent un mélange de ces tendances. Il possède un peu de méfiance pour ne pas être naïf, un certain besoin d’ordre pour vivre en société, un désir d’être reconnu qui nourrit ses relations et une part de fierté qui soutient son identité. Ce dosage lui permet de s'adapter plus ou moins souplement aux circonstances. Ainsi, la normalité psychique  correspond à un compromis qui équilibre. La pathologie commence lorsque l’une des armes psychologiques  empêche la flexibilité. L’homme moyen commun   navigue entre prudence, contrôle, séduction et affirmation de soi avec la capacité  fragile à passer de l’un à l’autre selon la situation.
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PS: on ne doit pas les confondre  avec les psychoses  qui,  autrefois, dans leur plénitude, étaient enfermées dans des asiles de fous.  Aujourd'hui, elles se promènent en liberté, empêchées cependant de s'extérioriser grâce à l'action bienfaisante d'une camisole chimique qui a remplacé celle de force.

lundi 16 février 2026

L'espoir donne une force qui n'a pas l'énergie de celle du désespoir, me suis-je demandé, l'autre jour, dépité de ne pas réussir à ouvrir le couvercle d'une boite de bonbons qui me faisait espérer un plaisir sucré d'une rare qualité. Qu'a de plus le désespoir? Comment désespérer sans souffrir, le temps nécessaire pour récupérer sa force? Si vous savez, dites-moi le, merci, à charge de revanche...
Un lecteur compatissant m'a charitablement répondu: 

"Votre désir impérieux met la boîte de bonbons sur la défensive, vous en voulez à sa virginité, à son intégrité. Son opposition est une mesure de défense. Comment ne pas comprendre cette pauvrette pleine de trésors qu'un ogre assoiffé de sucre veut décapiter pour assouvir des instincts gourmands?

Votre désespoir n'a pas la force du sien, la lutte est inégale, il y va de sa vie. La solution est simple: laissez-la tranquille, éloignez-vous, n'y pensez plus. Frustrée de ne plus être désirée, elle boude, relâche la pression sur le couvercle et un peu plus tard, quand elle ne s'y attend pas, vous la saisissez et avant qu'elle ne s'en soit rendue compte, vous l'ouvrez par surprise" .
On a une veilleuse dans le cerveau. Sa lumière éclaire comme le clair obscur que l'on aime dans un tableau de La Tour. Elle attire les idées et quand l'une passe à portée, elle réveille l'attention de l'esprit qui s'en empare, l'examine, en fait son miel, un motif de réflexion, la développe en pensées, en parle, l'écrit, publie un livre, pond une idéologie, une philosophie, une politique, crée une église ou la recrache, dégouté et se remet en veilleuse, montrant que le cerveau est toujours vivant, à l'affut, qu'il n'est pas hors circuit, Elle témoigne que le temps du recyclage n'est pas arrivé.

LA GRANDE QUESTION

 Que faut-il sauver en premier: son âme, sa peau , les meubles?

 On  se cache dans un trou pour se protéger de la pluie, de la neige, du froid, du chaud, des ennemis, des ennuis, de la justice, des voleurs, des assassins, des autres en général et on s'en échappe en courant pour fuir les accusations imbéciles d'une conscience aveugle.

 Le prix d'un tableau  mesure  la vanité de celui qui l'achète.

LE CYNIQUE SE FAIT VIEUX

 Ce que les jeunes n'ont pas encore  et qu'ils seront obligés d'attendre pour avoir et que les vieux ont en trop, ce n'est pas seulement l'expérience, la chance d'être revenu de tout, de ne plus avoir besoin de craindre ce que l'on va faire après les études, la connaissance a posteriori de tout ce qui est arrivé avant la retraite, les raisons des erreurs et leurs conséquences, etc.. L'immense supériorité de la vieillesse est, je le vois, et vous êtes trop jeune pour partager ma clairvoyance, c'est que l'on sait que la vie vaudrait la peine d'être vécue seulement si on la commençait par la fin.

dimanche 15 février 2026

LE CONSEIL

Parce que le conseil est à la fois un avis, une leçon, parfois un devoir et que plus il est bon, plus il est exigeant, il est rarement suivi car il faut des qualités exceptionnelles pour s'obliger à le prendre au pied de la lettre, comme s'il était un ordre venu du ciel.

BESOIN, TU NOUS TIENS

Le besoin est le moteur qui pousse l'homme à vivre et à poursuivre son chemin. Nous n'existons que parce qu'il nous oblige à manger, à boire, à dormir, à respirer. Dès qu'il se manifeste,  nous obtempérons, sous peine de mort. D'autres sont moins impératifs mais savent se faire impérieux, toujours organiques, ils nous font bailler, éternuer, tousser, vomir etc..


DEMAIN L'IA

On nous dit que l'IA va, sous peu, devenir plus intelligente que le plus intelligent. Compte tenu de notre bêtise, la barre n'est pas haute. Le vrai problème va se poser quand, ayant gravi les échelons et passée d'une classe élémentaire où son jeune âge la confine encore, elle aura, après  la terminale, l'université, droit au titre de docteur. Nous serons, nous, toujours en primaire,  capables de compter, de calculer des équations de quelques degrés tandis qu'elle pourra, elle, poser et solutionner des problèmes que l'on ne peut même pas imaginer. Nous la regarderons avec la même hébétude que l'idiot du village à qui on demande de multiplier un par deux. Ses progrès sont si rapides que ses géniteurs n'arrivent plus à la suivre. Ils multiplient les mises en garde, font semblant d'être paniqués mais, stimulés par la concurrence, ils accélèrent dans l'innovation, investissent à outrance. Ils fabriquent un monstre qui, après nous avoir effrayés, ridiculisés, marginalisé, nous éliminera.

LE RIRE INTÉRIEUR

Le rire intérieur s'exprime silencieusement. Il n'a pas la tonitruance vulgaire de celui qui s'extériorise dans le bruit, les postillons, la distorsion du visage. Sa saveur est incomparable car il n'est pas artificiel, mensonger, outrancier. Sa retenue est  un signal de qualité et le sourire discret qu'il se permet montre la force du plaisir qui agite l'impétrant qui doit à son caractère d'acier et à une volonté de fer de ne pas exploser en un rire homérique.

samedi 14 février 2026

Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en subsiste juste assez pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients détestables et de facteurs de risque existentiels - n’est pas nouveau. Mais l'inédit est qu'ils sont le fruit d'erreurs innombrables multipliées par des fautes impardonnables produits de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de  psychopathes dévoyés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés. Que tout cela ait déjà existé ne console pas de devoir en être victimes car le temps a changé. Les bombes ne sont plus des gros pétards, elles sont atomiques. Et l’humanité, désormais massifiée, infiniment plus dangereuse ne sait plus ce qu'elle est et fait.

TENTATION

 La tentation ne travaille pas au même niveau que l'envie et le désir, ne pas y succomber est diablement plus difficile. L'adverbe est lâché, il s'est imposé, signant l'origine du premier mot de la phrase. Elle est un envoi luciférien, un message infernale , un ordre qui vient d'un dieu déchu mais au pouvoir intact, à l'activité incessante et qui règne sur la face obscure du monde. Comment des simples mortels comme vous, moi, pourrions-nous résister à un appel venu des enfers et qui joue sur notre faiblesse, nos vulnérabilités, nos espoirs, comment  ne pas capituler, obéir, céder? Diabolique de naissance, elle pousse au  crime, à l'infamie, à l'impensable, à commettre le péché de gourmandise qui ouvre la porte à la satisfaction tous les vices heureux d'être libérés de leurs entraves. On répond à l'appel de la forêt, du large, du danger, de l'inconnu, du mystère. Le désir, l'envie ne sont que de pâles copies, des ersatz, à la destination des âmes tièdes, des peureux, des velléitaires, de ceux qui salivent devant les messages de la publicité, veulent suivre des exemples minables, souffrent d'une jalousie maladive. Ils sont poussés, encouragés, dirigés par un ange gardien asexué, paresseux, fatigué de travailler depuis une éternité et qui ne croit plus à ce qu'il fait. 

LE POURQUOI DE DÉSESPOIR

Compte tenu du deuxième principe de la thermodynamique qui dit que l'entropie finit par dégrader tout système, j'en conclus qu'il est dans l'ordre des choses que l'espoir finisse par succomber et tombe dans le désespoir.

PS: vous me direz que l'espoir débouche parfois sur une concrétisation, une réalisation, un comblement, une apothéose, une épiphanie. Je n'en disconviens pas mais cela ne renverse pas la table et n'est que l'exception qui confirme la règle, une  loi non écrite.
La tendance à faire plus que le nécessaire fait courir le risque de dépasser ses limites dans l'espoir d'approcher la perfection. Certains, ne doutant pas d'eux-mêmes, tentent atteindre son comble. La quête est vaine puisqu'elle n'est pas de ce monde. Faire mieux que le bien est une prétention de la dimension d'une utopie. Voltaire a démontré qu'elle était illusoire et dangereuse. Montesquieu a renchéri en l'accusant, preuves à l'appui, qu'elle engendrait l'oppression. En se contentant du bien, déjà difficile à capter tant il est fuyant, on est dans la modération avec, à son centre, le juste milieu cher à Aristote. Ces parrains illustres vous auront convaincu, je l'espère, que le mieux est le poison du bien et que vous devez vous contenter de gagner des millions plutôt que de convoiter des milliards.
Sans envie, sans besoin, sans ambition, on peut vivre avec presque rien et être heureux mais avec beaucoup d'envies, des grands besoins et une folle ambition, presque tout est insuffisant et n'empêche pas d'être malheureux.

vendredi 13 février 2026

SOUVENIR SOUVENIRS

Alors que j'étais, hier matin, en train de m'échiner à curer un fossé pour que son eau puisse s'évacuer, je me suis demandé, soupçonneux et inquiet, si les souvenirs qui sont en train de s'installer dans ma mémoire, pour l'avenir, avaient la qualité de ceux qui viennent du passé lointain. Je me vois survolant le grand canyon du Colorado,  campant à Moorea sur le sable fin d'une plage déserte, bivouaquant au pied des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), dégustant un filet d'esturgeon au bord de la Caspienne, péchant la morue à Gaspé (Québec), assurant, interne,  une garde de nuit, à l'hôpital. Il y en a tant qui se bousculent, veulent revivre, me faire plaisir, que je n'ai que l'embarras. Ils sont un élixir de jeunesse qui rappelle que la vie a été belle, joyeuse, fructueuse, aventureuse et qu'il suffit de le vouloir pour y replonger, rajeunir et, même, mourir heureux.
Pour rendre heureux un malheureux, lui faire plaisir ne suffit pas, il faut lui apporter le bonheur.
Changer d'aspect est possible et aussi facile que de changer de chemise ou la déco de l'appartement, il suffit de changer de coiffure, la couleur des cheveux, de se faire refaire le nez, lifter, botoxer, implanter, dégrossir, grandir, rapetisser.  Mais changer de caractère, de tempérament, d'humeur, de thymie, de pensées, de philosophie, de croyance et devenir optimiste, positif, joyeux, généreux, courageux, sage, sceptique, stoïque, épicurien, tolérant reste impossible.

LES PARESSES

La paresse est parfois physique et pousse à ne pas se fatiguer et à faire travailler les autres, les regardant les bras croisés, allonger dans un transat. La seule idée de faire un devoir donne, pour certains, l'ordre d'aller se coucher. Le plus souvent elle est intellectuelle et paralyse la réflexion. empêche de chercher des solutions aux problèmes, de  poser des questions  pour ne pas se compliquer la vie avec les réponses. Mais autant il est facile de recruter un homme de peine et une femme de ménage sur le marché du travail, autant il est difficile de trouver un cerveau avec un esprit éclairé prêt à se faire embaucher. Ces paresseux sont contraints de se replier sur du prêt à penser dont vous connaissez la qualité. 

PS: de la même façon que l'inactivité conduit à l'amyotrophie, l'involution cérébrale par défaut de stimulation est rapide et serait une des causes des démences séniles et de plus en plus souvent des juvéniles.

ENTENDU AU TRIBUNAL DES AFFAIRES PEU COURANTES

Je m'excuse, je me pardonne, je m'exonère de mes erreurs, de mes bêtises, de mes insuffisances car, avec des circonstances dépénalisantes, des excuses recevables,  des reproches injustifiés, je suis blanc comme neige, victime innocente du sort cruel,  coupable idéal  d'un crime sans cadavre. Soyez juste généreux, courageux comme moi, pardonnez les offenses  que la société vous fait en vous mettant sur les bancs de l'infamie pour me forcer, le peu de temps qui me reste à souffrir,  à vivre en votre compagnie.

DE TOUT UN PEU DE PSYCHOLOGIE ÉLÉMENTAIRE

Les personnalités compliquées aiment se compliquer la vie non par masochisme primaire et souffrir  mais parce qu'elles n'aiment pas la facilité.
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C'est parce que je suis d'accord avec ce que je pense que je n'ai pas de conflit intérieur.
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Pour ne pas arriver en avance, je compte les heures à rebours. 

jeudi 12 février 2026

De la même façon qu'une mauvaise idée se remplace facilement par une bonne, il suffit d'y penser, une mauvaise habitude ne résiste pas à la prise d'une bonne. Il suffit de la trouver. 

Exemple: si, brusquement, vous avez envie d'en finir à la suite d'un trop plein de soucis en rapport avec votre faillite, votre divorce, votre cancer, le mauvais temps, la conjoncture et d'aller en Suisse pour une euthanasie douce, confortable, en musique, à un coût compatible avec ce qui vous reste de moyens, vous pourriez orienter votre état d'esprit dans une direction moins définitive et la remplacer par la décision positive, réjouissante, de celles qui mettent du baume au cœur et de la salive en bouche, de faire un bon gâteau, de lire un bon bouquin, de planter un bel arbre, de regarder un bon film, mais c'est vous qui voyez...

ÇA, C'EST BEN VRAI

Chacun estime le travail des autres à l'aune de son propre talent. C'est ainsi que l'analphabète illettré n'aucune considération pour l'écrivain, que le philosophe regarde de haut l'éboueur, que le consul honoraire ignore la caissière du supermarché, que le cuisinier étoilé a du dédain pour le vendeur de pizzas surgelées, que l'orateur se sent supérieur au camelot qui discourt pour vendre sa camelote etc.. Chacun a, pour sa chapelle, les yeux de Chimène...
La retraite est une porte de sortie de la vie active et d'entrée dans la contemplative.
Le militaire aime se réveiller au son martial du clairon, le pompier à la sonorité lugubre de la sirène, le curé à la voix grave du bourdon de la cathédrale, le musulman au chant religieux du muezzin, le pianiste au bruit  de la musique de  la lettre à Élise, Alfred de Vigny aimait l'être par le souffle du cor au fond des bois. Je ne les comprends pas car moi, je déteste le bruit qui m'empêche de continuer à rêver.
Il y en a qui on besoin de se parler pour savoir qu'ils existent et de se regarder dans une glace pour savoir à quoi ils ressemblent!!!
La haute estime qu'ont d'elles-mêmes certaines personnes équilibre harmonieusement la mauvaise opinion que les autres leur portent.

mercredi 11 février 2026

DE TOUT UN PEU

Ce n'est qu'une affaire de goût mais je préfère ce que j'aime.
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Ce que je suppose n'est pas forcément vrai mais se rapproche de ce que je crois être la vérité.
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C'est  la minorité que je préfère car il y a moins de concurrence que dans la majorité.
J'extériorise mes qualités (courage, volonté, générosité) faute de pouvoir les externaliser à qui en manque pour éviter de les intérioriser  car j'ai du mal à les assumer faute d'en disposer.

LA PHYSIQUE DE L'AMOUR

L'amour est un feu dont la flamme n'a pas vocation à la vie éternelle. Il s'éteint naturellement  non par fidélité  à  la troisième loi de Newton qui nous dit que toute action provoque une réaction égale, de sens opposé, mais par obéissance à la deuxième de la thermodynamique qui précise que dans la vie réelle, tout système se dégrade, l'énergie se dissipe, le désordre augmente et  le retour à l'état initial impossible. Pas de panique, pas de culpabilisation, personne n'est responsable puisque toutes les fins sont prévues dès le commencement. On l'apprend trop tard et on le vit comme un accident. Ce devrait être inscrit dans le contrat du mariage qui est forcément à durée limitée. Les nouvelles générations connaissent mieux la physique et préfèrent le concubinat qui anticipe l'extinction de la curiosité, le refroidissement de l'affection, la distraction de l'attention et dédramatise la séparation.

Conclusion: Cupidon, le saint patron des amoureux est un demi-dieu farceur qui n'a jamais prétendu  travailler pour les générations futurs mais le temps d'un moment.

Vivre en paix, échapper au fracas extérieur, se retirer dans son monde intérieur est difficile car l'ennemi principal est l'ami, la famille, la relation. Ils jouent tous un rôle dans la comédie sociale. Ils y tiennent et veulent que vous fassiez de même. Ils ne vous laisseront pas tranquille et vous accableront de sollicitations, de démonstrations, de manifestations. C'est d'eux qu'il faut se débarrasser. Chacun a sa méthode: X est parti aux Kerguelen, Y s'est enterré dans un monastère, Z vit dans un phare désaffecté au milieu d'une mer toujours démontée. Moi, je suis resté où je suis et ce sont les autres qui se sont éloignés. Pour les y obliger, j'ai utilisé mes dons de comédien refoulé dans un travail de composition digne de l'Actors Studio. J'ai commencé par emprunter son sale caractère à un chien teigneux, son  humeur massacrante à un tueur en série. J'ai renforcé mon abord répulsif  en adoptant le ton sarcastique d'un donneur de leçons. Mon humour bon enfant trempée dans du fluide glacial aurait fait peur à Ambrose Bierce, l'auteur du Dictionnaire du diable. Quand cela ne suffisait pas, je tenais des propos séditieux, de ceux que l'on entend la veille de toutes les révolutions par des iconoclastes, au cas par cas. Devenu infréquentable, la société se détourna de moi : la famille se mit aux abonnés absents, les amis passèrent leur chemin, les relations retrouvèrent leur incognito, même le facteur se mit à garder ses distances. 

Cette opération commando m'assure une tranquillité exceptionnelle en me délivrant de toute obligation sociale. C'est une récompense rudement gagnée car tenir le contre-emploi est un exploit théâtral qui fait être le contraire de ce que l'on est, à la ville. Forcer mon bon caractère, mon humeur joyeuse, mon ironie aimable, ma bienveillance naturelle, mon ton  légèrement moqueur, ma conversation que l'on dirait dictée par mon ange-gardien relève de l'exploit sportif de haut niveau. 

PS : Je ne conseille pas cette duplicité assumée pour le bon motif à n'importe qui. Elle peut échapper à l'auteur qui ne retrouvera son état d'origine. Seules des âmes d'élite y auront recours, mais existent-elles?

PS : c'est vous qui voyez si vous pouvez.

mardi 10 février 2026

UN ÉTONNEMENT ÉLOQUENT

Je suis très étonné de constater la passivité grandissante, l'inertie galopante, non seulement de mes mains et de mes pieds, mais du corps entier y compris la partie frontale du cerveau dédiée à l'activité motrice. Leur refus de s'engager, de remplir le contrat d'exclusivité signé à la naissance, de tenir la fonction qui leur est dévolue, me confine au lit, en position allongée, sans possibilité de me lever, de m'habiller, d'aller vaquer ou travailler à remplir mes tâches quotidiennes ménagères, potagères, animalières, culturelles, relationnelles etc.. Qu'ai-je fais au bon Dieu  pour mériter un sort si agréable, De quel bienfait me récompense-t-il avec ce trop de volupté? Dites-le moi avant que je me rendorme pour faire de beaux rêves...

LA GRANDE QUESTION DU MAL

Comment faire pour tirer du bien du mal afin de le rentabiliser. Cette question vous préoccupe, m'a-t-on dit, aussi m'y suis-je attelé.

Posons les limites de ce problème réputé insoluble depuis la haute antiquité et laissons son origine à ses sources. Elles sont connuzs, documentées, détaillées. Nous les citons pour mémoire, constatons qu'elles échappent à notre pouvoir de coercition et devons nous en accommoder. 

- Satan et ses envoyés terrestres: dictateurs, génocidaires, violeurs, assassins. Leurs noms et maléfices salissent les livres d'histoire et remplissent les annales de la justice . 

- Les catastrophes naturelles bien que ne sachant pas ce qu'elles font ne peuvent être exonérées des méfaits qu'elles commettent en toute innocence, poussées par des forces qu'elles ne contrôlent pas. Éruptions meurtrières, tremblements de terre, glissements de terrain, incendies, inondations, cyclones, typhons, vagues scélérates, chutes de météores etc. rivalisent pour semer la désolation, la peur et la mort, but ultime du mal. 

Ces maux sont primaires. Ils échappent à notre volonté. Ils appartiennent à un fatum qui nous dépasse. Le mal qui m'intéresse est celui que nous subissons, provoquons et dont nous sommes les victimes plus ou moins complices.

Le mal de vivre est le plus pénible. Présent au quotidien, il poursuit le dépressif de sa malfaisance, transforme ses jours qui auraient pu être des rêves éveillés en cauchemars. Il crée un sentiment oppressant qui peut   devenir insupportable.

Le mal d'être est la forme mineur du précédent. Fréquent lors des crises de l'adolescence, de la trentaine, de la quarantaine, de la cinquantaine, de la soixantaine.  Il a disparu chez les très âgés qui ont survécu, il est remplacé par sa forme féminine: la maladie.

Le mal de mer frappe les marins d'eau douce quand ils mettent les pieds sur le pont roulant et tanguant d'un bateau de haute mer navigant dans le golfe de Gascogne. On l'évite facilement en restant à terre ou en prenant ce qu'il faut. 

Le mal du pays est l'exclusivité des aventuriers qui se sont expatriés en terre étrangère pour échapper au froid, au fisc, à la vie chère, à la chienlit,   à la famille, à la justice, à la routine,  trouver une jeune concubine sublime  désintéressée. Il survient au bout de quelques mois quand les illusions se sont envolées, que les mensonges des agences et des expats piégés ont été éventés et qu'il faut affronter le désert culturel, la pollution, le climat qui est tout sauf tempéré, la solitude, la pauvreté des natifs, la politique, la nourriture, les escrocs, l'envol des rêves d'amour éternel. Il se manifeste par une nostalgie du pain du boulanger, des quatre saisons, des restos sympas, du film du samedi soir, de la partie de cartes, de pétanque, des discussions du café du Commerce, des soldes au Carrefour, de la sécurité sociale, du défilé du 14 juillet, de la pagaille, des grèves, du plaisir de dire du mal de tout sans en faire.

Le mal peut être secondaire et provenir d'un tiers qui nous  empoisonne par l'intermédiaire de la trinité satanique qui réunit l'idéologie, la politique, la religion (ipr). Ces trois entités ne sont pas antagonistes mais solidaires: elles usent des mêmes mots, tiennent les mêmes discours et poursuivent les mêmes prétentions: l'asservissement de l'esprit, la dépendance du corps. Toutes prétendent vouloir notre bien, nous ouvrir les yeux, que les sacrifices à faire préfigurant les délices à venir. En réalité, ils veulent le pouvoir pour assouvir leur rêve de puissance, satisfaire une ambition démesurée, asservir pour dominer. Le bien qu'ils invoquent est à la mesure du mal qu'ils se donnent et de celui qu'ils répandent.

Cet état des lieux fait percevoir que si le bien est l'étendard de l'ipr, le mal est son lieu commun. Le savoir permet de découvrir la faille entre le discours, la posture et la réalité et d'échapper à la servitude. Il n'y a pas de plus grand plaisir que de voir le piège, de découvrir la vérité, un  trésor. Confondre le coupable est la seule joie possible et l'unique bien que peut offrir le mal.
Les gens qui s'étonnent de rien et sont jamais surpris ne sont pas victimes d'une tautologie mais atteints d'une maladie psycho-sensitive qui abolit le reflexe provoqué par l'inattendu avec les yeux qui essaient de sortir des orbites, le buste qui se jette en arrière, une poussée d'adrénaline qui accélère  le cœur et aberre l'interprétation psychique du phénomène inhabituel qu'ils  considèrent comme ordinaire. Cette paralysie psychomotrice les prive des réactions enregistrées sur les personnalités normales avec un "OH" de stupéfaction, écarquillement des paupières etc. Ces personnes peu remarquables  dégagent la chaleur d'un glaçon, ont  la curiosité d'une huitre de Cancale et leurs yeux brillent de l'éclat d'un verre dépoli.  Ils sont là mais viennent d'ailleurs, d'un endroit où la surprise et l'étonnement n'ont pas leur place puisque les faits extraordinaires sont l'ordinaire.

lundi 9 février 2026

Quand aux malentendus secondaires à l'hypo-acousie, aux mal vus provoquées par le vieillissement de la vision, au mauvais ressenti qui résulte de la diminution des sensations, on ajoute les malfaçons consécutives à la perte des forces, au malheur qui accompagne la maladie, on se demande, sans pouvoir répondre, compte tenu de la médiocrité de la mémoire, comment c'était quand tout allait bien???

UNE ÈRE NOUVELLE

L'homme essaie depuis toujours  de se faciliter la vie. Il a longtemps gardé le contrôle de ses créations obligées d'obéir sous peine de punition ou  d'arrêt. Il avait commencé par faire du feu, inventer la roue, la brouette, domestiquer des animaux plus forts que lui pour porter ses bagages, tirer les chariots. Quelques siècles plus tard, l'imprimerie fit disparaître les copistes, les machines à tisser remplacèrent les métiers à main, la machine à vapeur décupla la force de travail, l'électricité apporta la lumière dans les chambrées, l'électro-ménager dans les foyers, l'électroportatif dans les ateliers. L'homme commandait, la machine exécutait.

En 1963, la DAO montra le chemin. Avec l'ordinateur à la place de la planche à dessin, le pouvoir commença à changer de maître. Ce premier pas porta une idée plus radicale : non seulement de se passer de la main mais aussi de la tête en supprimant toute  intervention humaine dans la chaîne du travail depuis la conception jusqu'à la production. 

Nous passions de l'ère post-industrielle à l'ère post-intellectuelle. La pensée - et son sous produit la culture - devint générée par un ordinateur super-intelligent doté d'une mémoire absolue, travaillant à une vitesse reflexe, capables de solutionner plusieurs problèmes à la fois, sans erreur. Ayant réponse à tout, utilisée par des robots sortant par millions d'usines automatisées, cette entité, sans fatigue, sans famille, sans désir, sans besoin de repos sinon d'électricité va prendre toute les places du marché de l'emploi puisqu'elle ne se met pas en grève, fait les trois huit en continu, s'autorépare. Ayant fait son temps, elle partira au recyclage, sans pot de départ.

En 2026, le tocsin sonne dans les universités, les lycées, les collèges et même les maternelles, les écoles de commerce, les studios de cinéma, d'animation, de radio et de télévision,  les banques, les notables en général et, plus particulièrement, les professeurs, les docteurs en ceci, en cela, les comptables, les notaires, les avocats, les chercheurs.

Ce bouleversement ne remplace pas seulement les corps mais aussi la tête. Il double le grand remplacement en cours. Nous ne sommes pas dans une transition mais dans une rupture. On est entrés dans la sphère du grand chambardement. 

LE TEMPS DES SOUVENIRS

Le temps des souvenirs est toujours celui des soupirs avec la résurgence des fautes impardonnables, des mensonges inavouables, des erreurs évitables qui rappellent l'imbécile que l'on a souvent été et qui nous empêchait d'avancer. Heureusement, il suffit de le vouloir pour se débarrasser de ces encombrants monstrueux, d'aller au chapitre  des jours glorieux. Ils sont frais, comme de la veille et nous disent, la main sur notre cœur, combien nous avons eu de la chance et assez d'intelligence pour vivre tant d'heureux moments, nous être donné tant de bonnes occasions de plaisir, avoir pris d'aussi sages décisions. La liste est si riche qu'elle nous a donné envie de la continuer. Elle est un élixir de longue vie. 

dimanche 8 février 2026

LE CONSEIL DU PHARMACIEN DE GARDE

La nourriture est un médicament aux effets secondaires dévastateurs. Prise à une dose supérieure au maximum requis, elle fait mourir d'une multitude de maladies, prise à une dose inférieure au minimum convenable, on meurt dans la cachexie et la dénutrition.

UN TEMPS POUR TOUT

Hiérarchisons le temps selon l'importance des fonctions qui l'occupent. L'essentiel sert à satisfaire les besoins primaires: travailler de ses mains, de la tête pour manger, boire, se chauffer, se loger, se protéger, se soigner. Tout le reste est secondaire, subalterne, accessoire, insignifiant, dérisoire même si on ne peut s'en passer.
Arrêtons de donner de l'importance à ce qui n'en a pas, gens et choses. Les uns nous oublient  plus vite qu'on les oublie et les autres ne font plaisir qu'à l'envie qu'on avait d'elles. L'équilibre est rétabli, le bénéfice réciproque et le temps gagné peut être consacré  à le gaspiller intelligemment.
Le milieu qu'il soit celui de la nuit, du jour, de la pègre, de la musique, du terrain, politique, religieux, militaire, scientifique, philosophique est au centre d'une sphère ou d'une surface dont le rayon peut varier de 12 heures à plusieurs milliers voire millions d'individus. Il concentre sans entasser et circonvient tout ce qui se reconnaît comme appartenant à la même façon de penser, de compter, de marcher, de croire, de jouer. On le trouve partout sauf dans l'espace qui se dit  infini et le temps qui se veut éternel. 

MÉFIONS-NOUS DE LA BIENVEILLANCE

Tomber dans la bienveillance est dangereux et fait adopter des postures extrémistes qui conduisent la société au suicide comme nous le vivons aujourd'hui. Elle conduit le bienveillant à ne voir le mal nulle part et à penser que

- l'ennemi est un malheureux qui ne sait pas ce qu'il fait,

- le salaud est la victime de son sale caractère, 

- le paresseux ignore, le pauvre,  les joies du travail,

- le voleur a une attirance irrésistible pour le bien d'autrui (souvent mal acquis),

- l'assassin n'est qu'un serviteur dévoué de la mort, une maîtresse impitoyable. 

Nous pourrions poursuivre avec le corrompu, le menteur, l'hypocrite, le violeur, le pédophile, mais ma malveillance est épuisée et je vais me coucher.

samedi 7 février 2026

Chaque matin, je suis la victime impuissante de mon envie impérieuse de ne rien faire qui pourrait déculpabiliser ma paresse qui a besoin de rester au chaud, sous la couette pour me laisser rêver à des jours meilleurs où je serais celui que je sens qui n'attend qu'un rien pour se lever, travailler et m'étonner. 
Le bruit provoque un traumatisme sonore que seul le silence peut guérir.

LES FAUX-SEMBLANTS

On avait les édulcorants de synthèse  qui singent le sucre, la viande végétale, les truffes-bidon, le caviar de carpe, les mousseux façon champagne, les vins sans alcool, les plagiaires qui copient les bons écrivains, pillent les musiciens et les escrocs qui  font dans la politique, la religion, les médias en nous trompant sur leurs qualités. On était habitué et des victimes  rarement dupes. Aujourd'hui, le faux est plus vrai que nature avec l'arrivé de  ChatGPT et consorts qui est un  cerveau virtuel  plus intelligent  que tous les académiciens réunis. À la question posée, à l'avis demandé, il répond , dans l'instant, pertinent, précis, positif, de façon aimable, cordial, à la façon  d'un juriste chevronné, d'un professeur Tournesol Nobel en tout, d'un médecin compétent. Il puise ses connaissances encyclopédiques   dans le savoir universel qu'il exploite à la vitesse de la lumière. Tout est faux chez cet ami qui  n'existe pas et pourtant nous parle. Il n'est qu'une fiction mathématique qui simule la réalité avec une vérité effrayante. À côté de lui, le steak fait d'épinards est une plaisanterie car lui ne remplacera jamais la gastronomie. Ce machin qui vient de s'installer dans notre ordinateur ménager a renversé notre position dominante et nous allons assister, sans pouvoir résister, au triomphe de cette intelligence supérieure et à notre retour à la case départ quand nous étions un australopithèque.
Il arrive un jour, sur le tard, où l'on se pose cette question: "suis-je bien celui que je crois?" Le point interroge l'essence de l'être. Si une réponse est attendue et que l'esprit est prêt à un examen de conscience, le voilà partit pour un voyage au pays des surprises. 

En théorie, chacun se veut celui de ses rêves et se voit sous un angle flatteur: intelligent, astucieux, travailleur, poli, ayant toutes les qualités qui justifieraient que l'on soit apprécié. Malheureusement, l'âge apporte, parfois, une lucidité qui démolit les illusions, l'expérience apprenant à coup d'examens ratés, de problèmes non résolus, de fiascos en tout genre, de fins de mois difficiles que nos qualités n'atteignaient pas les degrés qui permettent de survoler les obstacles et de gagner les parties. L'ego peut faire de la résistance et ne pas voir les ratées des qualités.  Pour avoir le cœur net et savoir qui on est, au moins dans l'esprit des autres, on peut user de subterfuges plus ou moins probants. Je déconseille la méthode frontale  qui consiste à demander ex-abrupto à un ami de confiance " que penses-tu de moi?" La réponse, toujours diplomatique, a la valeur d'un déclaration ministérielle. Il faut user de stratagèmes peu ragoûtants mais, aux grandes questions, les grands moyens. N'engagez pas un 002 ou 03 à la retraite, un détective privé, n'usez pas d'une glace sans tain, d'une caméra audio cachée dans un pot de fleur, achetez un micro-cravate, collez-le avec un chewing-gum sous la table centrale, lancez quelques vannes créant un malaise, tournez le dos, laissez les autres discuter, récupérez deux heures plus tard le mouchard et écoutez, assis, la conversation. Vous en serez le héros et saurez tout le mal qu'ils pensent de vous: mauvais caractère, habitudes exécrables, comportement épouvantable, etc... s'il n'y avait pas sa délicieuse épouse, la pauvre est bien à plaindre, il ne serait jamais invité, etc.. etc... L'exercice est cruel. Sa fiabilité reste à prouver. Le portrait au vitriol a une fiabilité relative. Il peut résulter d'une jalousie maladive secrétée par le désir mimétique d'atteindre votre perfection. Transformer les qualités en défauts, les vertus en vices est un stratagème utilisé par les médiocres pour décrier un modèle inaccessible. Donc, retenez votre juste courroux, ne posez pas une bombe au milieu du salon. Abandonnez à leur triste sort ces amis infidèles, ingrats, injustes. Gardez votre première impression, celle de la sortie de la crise de l'adolescence, quand vous aviez dans les 25-30 ans, que le monde était trop petit pour vous, qu'il vous ouvrait les bras, trop content d'accueillir une perle rare.

vendredi 6 février 2026

Un bateau préfère s'échouer que couler. Le naufrage est irrémédiable, l'échouage permet de redémarrer à la marée suivante si la coque n'est pas percée. Dans la vie terrestre, c'est pareil, le provisoire vaut mieux que le définitif, l'accessoire que l'important, le tout cache  le détail révélateur et l'on a intérêt à arrêter avant d'être épuisé, de jeter l'éponge avant d'être  KO, de payer ses dettes avant d'être mis en prison. Certains vont jusqu'au bout, contre la logique, le bon sens et la raison. Hier, ils construisirent la ligne Maginot, les abattoirs de La Villette,  Super phénix. Aujourd'hui, on a ITER une méga usine à gaz qui devait domestiquer la fusion de l'hydrogène et qui sera abandonnée faute de fonctionner. 

Cette différence dans le traitement des faits se retrouvent aussi dans  celui des idées. Certains sont capables de changer, de rebrousser chemin et cherchent une autre voie qui n'aboutit pas dans une impasse; D'autres ne peuvent pas. Ils persévèrent dans l'erreur, continuent malgré les signaux d'alarmes, les avertissement, le déclanchement des sirènes. Ils poursuivent une politique qui ne marche pas, investissent dans des filières condamnées, prolongent une guerre qu'ils ont perdue. Ils courent à l'échec avec un enthousiasme qui n'est partagé que par les aveugles sourds et les ennemis  qu'ils ne voient pas.

LES MONDES

Les mondes s'empilent comme des poupées russes.
 Il y a le monde sidéral infini qui englobe tous les autres. C'est une vue théorique que même l'imagination ne sait concevoir.
 Le monde intergalactiques est connu des astronomes qui s'y promènent par le bout de leurs lunettes.
 Le monde extraterrestre est devenu habitable depuis que l'on s'y promène dans des vaisseaux spatiaux qui, sans être spacieux, sont suffisamment logeables pour que la promiscuité y soit supportable.
 Le monde terrestre nous contient. On l'a vu en photo, on s'y est promené, il contient de belles choses, on en entend parlé. Il s'y passe des choses. Il est très peuplé. On y fait la guerre, les catastrophes  sont nombreuses, les gens s'entretuent.
 Il disparaît dés que l'on ferme le livre, l'album de photos, que l'on éteint la télévision,  la radio. On se retrouve alors dans notre monde à nous, une maison ou un appartement, dans une pièce entourée de 4 murs, remplie de meubles, d'objets que l'on connait parce qu'on les a achetés, que l'on s'assoie sur eux, qui nous servent.  Si on ouvre la porte, on sort dans un monde plus grand, dans la nature ou la rue d'une ville ou d'un village. Les yeux voient plus loin des arbres, des champs de blé, de colza, de luzerne ou  des rues avec des réverbères, des voitures, des vélos, des gens à pied, à trottinettes. Il disparait dès qu'on tourne le dos et un autre le remplace, pas tout à fait le même mais cependant très proche. Il recule quand on avance.
  Si nous fermons les yeux, surgit  notre monde intérieur. Il ne se projette pas sur la face postérieur des paupières. On n'y voit que du noir un peu strié de blanc, plus ou moins opaque selon la lumière qu'elles reçoivent. Il nous accompagne, on est inséparable, on le  transporte. Il est habité par un esprit, une entité  en alerte maximum tant que nous sommes  éveillé. Elle parle, pense, réfléchit, décide, se souvient. Elle a son caractère, l'impose, bon ou mauvais. Versatile, son humeur change. Son imagination lui joue des tours. La nuit, cette conscience s'endort, livrant la place à l'inconscience,  un  trésor caché dans un repli inconnu du cerveau. Elle nous fait voyager dans notre  monde onirique. Il est unique, chaque nuit  nouveau,  fantastique  où l'extraordinaire est possible. Privé, nul n'y accède.  On est étonné à l'entrée, on  en sort ébloui, ragaillardi, avec la force de supporter les autres, tous effrayants, inquiétants, dangereux, ennuyeux.

LES DEUX GENS

Les gens raisonnables ne se posent pas des questions compliquées, ne cherchent pas à résoudre des problèmes insolubles. Ils parlent de ce qu'ils connaissent, font ce qu'ils savent faire, attention où ils mettent les pieds et à qui ils serrent les mains. Ils vivent en général longtemps, agréablement, en profitant de ce qui est bon, beau et bien, sans l'angoisse des lendemains.

Les gens déraisonnables font le contraire. Ils se perdent dans les détails et les complications que leurs initiatives intempestives ont  créées, se noient dans les difficultés provoquées par des décisions imbéciles. Ils pérorent sur des sujets qui dépassent leur compréhension, entreprennent des travaux au-dessus de leur force,  visitent des pays dangereux, se lient à des escrocs, croient le mieux disant, la publicité, les sermons, les discours. Ils meurent habituellement d'un accident de circulation en voiture, en avion, dans leur lit, après une vie d'inquiétude, de courses, d'imprévus, toujours pressés, jamais contents. 

jeudi 5 février 2026

DE TOUT UN PEU

Les gens qui ont besoin d'être piqués pour se gratter devraient remercier le moustique au lieu de l'écraser.
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Le cœur se nourrit de sensations et de sentiments. L'esprit a besoin de réponses et de solutions. On comprend que le produit de l'union ne soit pas viable.
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Le crédule croit que l'intuition est aussi intelligente que la déduction. 

ZÉRO POINTÉ

Zéro est le héros de l'alphabet numérique. Il concentre tout : il est positif et négatif, au centre  des deux infinis, au milieu du possible et de l'impossible, C'est le chiffre quantique, partout à la fois, lettre et nombre, tout et rien. Modeste, indifférent, il ne se venge pas d'être méprisé. Il sait qu'il lui suffit de s'additionner pour dépasser les gloires établies, ridiculiser les riches, faire sauter la banque. Avec un, zéro est le maître du monde mathématique malgré sa nullité. Paradoxe vivant, inexistant, ne signifiant rien, il est indispensable et sa présence nous rappelle que l'on peut faire beaucoup avec rien.

UN VICTOIRE FAÇON PYRRHUS

La pente naturelle de certaines personnes est l'horizontale: ils disent oui à tout et non à rien. Chez d'autres, elle est verticale et ils refusent tout et n'acceptent rien. Leur chemin perpendiculaire se heurte au point de jonction. La guerre est immédiate, la victoire facile mais la paix est fragile, car ce que l'un a gagné et l'autre perdu s'annule réciproquement et instantanément.

mercredi 4 février 2026

STUPÉFIANT

Nous vivons une époque stupéfiante où le faux est plus vrai que nature, l'intelligence comprend tout sans réfléchir, la musique n'a pas besoin de compositeurs, les tableaux de peintres, les chansons de chanteurs. Les chiffres parlent, écrivent des livres, font des films. La confusion est totale. Elle va devenir furieuse quand on devra choisir entre une intelligence augmentée grâce à une interface implantée ou rester comme on est et le domestique d'un génie échappé d'une boîte de Pandore. 

NOTRE AVENIR

L'incompréhension mutuelle qui a conduit l'homme dans la criminalité des guerres et devait se terminer par une extermination générale va bientôt disparaître et sera remplacée par une compréhension générale du fait de l'intrusion d'une domination algorithmique auto-générative qui va transformer l'humanité en un société monolithique, soudée de façon ordonnée qui l'empêchera de se diviser, de se combattre, de s'entretuer  comme on a vu précédemment qu'elle en avait l'habitude. La haine ancestrale qui sévissait depuis les temps préhistoriques une fois remplacée par un amour fusionnel obligatoire sera l'épiphanie d'un monde encore meilleur que celui rêvé par Pangloss. Transformée en magasin de farces et attrapes, la société y passera le temps dans la paix, la tranquillité et un bonheur calibré pour garder l'envie  de rester heureux aussi longtemps que nécessaire.

PAROLE ET ÉCRIT

Parler pour ne rien dire  ne prête pas à conséquence, l'imposture disparaît en même temps que le bruit de la parole. Écrire pour le simple plaisir de graver des tablettes d'argile ou de noircir du papier n'a pas cette innocence. La feuille, la page, la tablette ne tombent pas en poussière quand l'encre ou l'argile est sec. L'écrit dure longtemps, quasi éternellement (le papyrus Prisse a 4.000 ans). Il met en danger son auteur qui sera critiqué, jugé, condamné mais sa magnifique supériorité est sa pérennité et on se souvient encore de ce que pensait Platon alors qu'on a oublié ce que vient de dire Macron.
Quand je compare le plaisir que je prends à dormir et à rêver et la fatigue mêlée d'ennui du temps que je passe à travailler, je conclus que la nuit nous fait du bien et que le jour nous veut du mal.

mardi 3 février 2026

NOUVEAU, DE TOUT UN PEU EST DISPONIBLE

Le Feel Good Book,  De Tout Un Peu  est  arrivé sur Kindle. Quatorzième de la série, vous y trouverez, comme à l'accoutumé, ce que vous cherchez: des conseils pertinents, de bonnes histoires courtes, des idées fortes, un art de vivre inspiré du meilleur d'Épicure avec des recettes succulentes, une manière de penser et d'agir avec sagesse et raison. L'auteur positif, optimiste célèbre la beauté de la nature, la générosité de la terre, la splendeur de la mer, la profondeur du ciel, le miracle de la vie. Il combat la morosité, guérit la dépression, a confiance dans les promesses de l'avenir. Quand il n'en restera qu'un, il ne sera pas celui-là car parti ailleurs. Dépêchez-vous, il n'est jamais trop tôt.

AUTO-SATISFACTION

Je suis étonné d'arriver en état de marcher après tant d'années passées à subir les assauts du mauvais temps. Être capable de tenir debout après une demie journée allongé dans le lit est un autre exploit dont je ne me vanterai pas. Cela témoigne de qualités supérieures à la quantité de défauts qui conspirent à me déstabiliser, à m'enliser pour m'empêcher d'avancer et me forcer à l'immobilité. Comment ne pas être fier d'avoir gagné le droit de me reposer un jour, peut-être?

AMÉRIQUE, QUI ES-TU?

Ce texte est un pamphlet. Il ne vise ni des individus ni un peuple, mais un système politique, économique et culturel devenu hégémonique. Je ne cherche pas à convaincre mais à éclairer le refus d'une adhésion à un discours construit par des intérêts qui ne sont pas les miens.
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La nation américaine restera dans l'histoire de l'humanité comme  l'une des plus redoutables. Elle aura  réussi à transformer ses vices en vertus au point de les ériger en principes fondateurs.

La cupidité est le moteur de la matrice américaine. Elle rend, en son nom, un culte à sa monnaie et a mis le dollar sous la protection de Dieu. Il est l'étalon et la mesure de tout. En avoir, le montrer, s'en glorifier est un devoir, une preuve de valeur, rend respectable et  admirable le plus grand des salauds. 

L'hypocrisie en est la méthode. Elle lui fait se revêtir des habits nécessaires  pour tromper les autres qui sont tous des adversaires à exploiter, à spolier, à dépouiller. Le système se drape dans la bannière de la philanthropie, auréole ses dents blanches de sourires, multiplie les démonstrations d'une amitié qui dure le temps de son service. Les américains savent se faire passer pour  le contraire de ce qu'ils sont.

Son instrument le plus abouti est la fabrique de rêves hollywoodienne. Les rôles sont inversés: méchants, ils se font passer pour gentils. Ils arrivent les mains pleines de cadeaux après avoir détruit tous ce qui aurait permis de s'en passer. La France, l'Europe a bénéficié de leur générosité avec le plan Marshall, après la guerre. Il a servi à reconstruire les villes, les usines et les infrastructures que  leurs bombardements massifs, aveugles avaient détruits avec ceux qui y vivaient, sans aucune utilité, les nazis ayant déjà perdu la guerre, par l'Est. En un an, les pertes civiles furent d'une ampleur sans commune mesure avec celles subies durant les années d'occupation.

L'orgueil lui fait dépasser la mesure. Il oblige à  devenir plus gros, plus grand, plus riche. Cette démesure condamne le système. Il ne peut rien contre  l'intelligence stratégique, la patience historique,  la solidarité, l'unité du vieux peuple chinois qui a compris qu'on pouvait asservir en rendant service.

La jalousie est le péché caché de l'hégémonie. Elle devrait être incompatible  avec l'orgueil  qui fait se croire supérieur mais elle est tapie, vigilante et malheur à la concurrence qui voudrait émerger, au courageux qui veut croire à son indépendance, à l'imprudent qui conteste une décision. Alors sort le gros bâton: démonstrations navales, représailles économiques, sanctions, exclusions.

Il faudrait parler de la gloutonnerie et  de l'intempérance - fruits  dévoyés d'une gourmandise incontrôlée pour le sucré, le gras, le salé -, de la luxure qui cohabite avec la pudibonderie qui elle-même dérive de l'hypocrisie. Mais je fatigue et il faut traiter un chapitre encore plus pénible.

Ce nouvel empire du mal a éliminé les autres (l'hitlérien  puis le stalinien) et a pris la place. Il s'y maintient par la force du dollar et des armes. La gestation avait donné des indications avec un ôte-toi de là que je m'y mette qui dépassait de loin la coutume coloniale traditionnelle qui laissait en place la population indigène et ne la passait pas au tranchant de la baïonnette, ne la déportait pas, ne l'éliminait pas. Le cow-boy avait une autre philosophie  plus brutale avec la loi du plus fort comme principe de base.

Si on veut être gentil, on dit qu'elle avait mis cette politique en veilleuse depuis longtemps et, en action, depuis toujours si on veut être objectif. Elle parade aujourd'hui dans toute son horreur. Son besoin de dominer, de décider, d'imposer sa loi, ses entreprises, de défendre ses intérêts, conquérir des marchés, des ressources, d'accroître ses richesses la fait envahir des pays, les paralyser en imposant l'embargo pour soumettre les récalcitrants par la faim, les empêcher de se soigner, de voyager, de commercer en les excluant du commerce mondial, en  niant leur existence comme ils ont fait avec les indiens. En maître-ès art, elle terrorise ceux qu'elle qualifie de terroristes, les met au ban de l'humanité, leur interdit de vivre.  

La société américaine est une arène et malheur aux faibles. Notre problème est qu'elle a fait de ses valeurs une arme d'intrusion massive, un bon produit d'exportation avec la complicité de serviteurs zélés, d'esclaves soumis, de  courtisans obséquieux et de tous ceux qui se sentent une âme d'Américain. 

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a des gens qui se sentent étrangers à leur propre corps. Soit ils l'ignorent soit ils en ont peur et refusent de le palper, de le toucher, de le sentir, de prendre sa température. Ils l'habitent mais font comme s'ils n'en étaient pas les propriétaires, mais des locataires temporaires sans obligation de l'entretenir et le maintenir en bon état. Ils se comportent avec lui comme avec leur voiture qu'ils conduisent au garage dès qu'ils entendent un bruit, ont du mal à la démarrer ou qu'il est temps de vérifier les niveaux et le gonflage des pneus. Ils délèguent la surveillance, n'ouvrent pas le capot. C'est le travail du mécano, pas le leur. Ces mêmes gens fréquentent assidument les salles d'attente des médecins, encombrent les urgences. Incapables de se prendre en charge, de moins manger pour ne pas devenir obèses puis diabétiques, hypertendus, de pas fumer,  ils s'étonnent de faire à la cinquantaine, à la soixantaine un infarctus, un AVC, une insuffisance respiratoire, une cirrhose graisseuse, un cancer du poumon, du larynx, d'avoir mal aux genoux, aux hanches, au dos, de tomber et de ne pouvoir se relever.

Ce refus de voir son corps, de le traiter avec respect, amitié, reconnaissance pour les services rendus, d'être à son écoute, de le surveiller avec amour  témoigne d'une ingratitude inexplicable. Est-ce parce qu'ils trouvent vulgaire et indigne du pur esprit dont ils se sentent dépositaires ce tas d'os et de chair qui passe son temps à les faire souffrir et leur gâche trop souvent son temps de penser? Est-ce la paresse de faire des efforts, la peur de prévoir un avenir terrifiant, l'incapacité de réfléchir à son devenir par bêtise ou la volonté de profiter de l'instant  sans se soucier des lendemains? 

Chez ces gens-là, l'esprit n'a pas la  reconnaissance du ventre et ne traite pas le corps à la proportion des service rendus. Ils en sont punis au centuple car il enregistre toutes les avanies, se rappelle des saloperies qu'on lui fait avaler, des excès qui l'ont épuisé, des accidents qu'il a enduré. Un jour, exaspéré, il n'en peut plus, il craque, se venge et, kamikaze, se fait hara-kiri, tue son tortionnaire.

lundi 2 février 2026

NON

L'arrêt est un non mou, facultatif, provisoire. Le bus peut l'ignorer. 

Le stop est un non obligatoire. Passé outre, c'est s'exposer à une contravention, une pénalité. À la fatalité si, non respecté,  la voiture  percute  un 50 tonnes lancé à 100 à l'heure.

L'interdiction est un non catégorique. Il est un ordre moral et empêche de vendre de l'alcool à un mineur, de se pencher à la fenêtre du wagon, de cracher, de voler, de tricher, de mentir. Elle est pour le rebelle, l'adolescent, l'anarchistes, l'opposant de principe, un puissant stimulant et l'étincelle qui allume la mèche. Il fait oublier la sanction. 

Ne jamais s'arrêter et stopper, braver les interdits est un sport pour certains. Dire oui à tout  est le contraire du non, une délivrance pour les épris de liberté. Je ne vois que les feux où les non et les oui cohabitent, le vert ouvrant la voix au chapitre, le rouge fermant la voie.
La personnalité la plus extraordinaire que j'ai jamais rencontrée habitait deux corps différents. Jumeaux vrais monozygotes, sosies parfaits, au grain de beauté près, ils avaient en commun l'esprit: ils pensaient la même chose au même moment. Ils n'étaient indépendants qu'au niveau des sensations. Leur concordance spirituelle, intellectuelle, sentimentale était si complète que chacun avait l'impression de n'être que l'écho de l'autre. Il leur fallut se séparer pour trouver une intimité. L'un partit s'installer aux antipodes et, quand il dormait, ne pensant à rien, l'autre vivait tranquillement sans être écouté.

COURANT, QUAND TU NOUS TIENS

Si vous voulez un courant électrique, il faut un pôle plus et un pôle moins,

- un courant d'air, deux portes opposées ouvertes,

- un courant d'eau, une pente qui va de haut en bas,

- un courant d'idée, de grandes considérations qui viennent étancher une soif de connaissance.

dimanche 1 février 2026

UNE NOUVELLE GUERRE DE CENT ANS

La politique jusqu'ici suivie et qui ciblait les difficultés à éliminer ayant fait la preuve après des décennies de mise en pratique de leur inefficacité, le gouvernement a décidé de suivre les conclusions de la commission d'enquête qui planchait sur le sujet depuis plusieurs années. Les experts recommandent un changement drastique aux dimensions draconiennes avec un renversement du paradigme puisqu'ils préconisent de les supprimer en imposant une politique de facilitation avec la levée de tous les obstacles, interdits et règlementations issus des administrations nationale, régionale, départementale, municipale et de la principale, la bruxelloise. Les ministres réfléchissent, le président médite, la suite attend avec patience.

PS: la décision finale appartient, en réalité, à la fonction publique et à l'armée des fonctionnaires qui a accueilli avec consternation les conclusions de la commission pourtant composée d'agents de l'état profond. La suppression envisagée des difficultés aurait pour conséquence immédiate la disparition de leur métier. C'est une catastrophe inimaginable, un Waterloo programmé qui a soulevé une armée de boucliers, une mobilisation générale et la réunion en conseil de guerre des syndicats aussi bien majoritaires que minoritaires. L'appareil d'état composé à 99% d'anciens élèves de l'École Nationale d'Administration  devra donc livrer une bataille perdue avant de commencer. La suite nous le dira.

ÉCHEC ET TEMPS

Pour expliquer un échec, l'excuse la plus fréquente est le manque de temps. Le mensonge est éhonté, aurait-on dit naguère. Le temps est, en effet, avec l'azote de l'air et l'eau des mers, une matière disponible, gratuite, inépuisable, toujours à l'heure. Le déficit est ailleurs, dans la volonté, le courage, la patience, la force, l'intelligence. Il est aggravé par un excès de  paresse, la bêtise, l'impatience, la faiblesse, la peur. Le temps passe, indifférent. Il entend ces accusations depuis l'éternité et l'habitude l'a rendu impavide, impassible. 

LA PART DES ANGES

La part que les anges s'attribuent en humant les vapeurs alcoolisées qui filtrent des futs remplis de cognac empilés dans les chais des terres charentaises n'est pas un cadeau désintéressé des producteurs, c'est le tribut payé pour assurer la qualité. Les anges utilisent la méthode classique du milieu qui rackette les casinos, les boîtes de nuit, les bars à hôtesses montantes en contrepartie d'une assurance-tranquillité. Cela donnait une onction divine à un alcool qui, au départ, n'avait aucun don particulier. Mais avec le temps, les anges charentais sont devenus connaisseurs, puis addicts. Usant de leur pouvoir miraculeux, ils ont amélioré le produit, l'ont transformé en nectar. Courtisans, il se murmure qu'ils ont rendu saint Pierre  dépendant. En échange, il leur donne la permission de minuit et le droit de cuver le cognac au paradis. 

samedi 31 janvier 2026

UCHRONIE RÉVOLUTIONNAIRE

La mèche lente est allumée, l'explosion se rapproche et personne n'a conscience que nous sommes dans les mois qui précédèrent 1789. La situation reproduit, au poil près, ce que nos aïeux ont vécu: même gouvernement d'incapables, même endettement abyssal, même division de la société en blocs irréductibles, même montée des tensions. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'issue est inéluctable. 

Résumons chacune des similitudes:

1- il y avait l'aristocratie et le clergé qui se partageaient le pouvoir et le tiers état corvéable qui ne supportait plus l'inégalité. Il y a aujourd'hui une aristocratie des riches qui met le pouvoir que lui procure son argent pour faire l'information par la possession des médias, choisit le gouvernement pour maintenir ses privilèges. Le clergé est devenu laïque et  sa fonction serait le service  des citoyens. Il est devenu un problème quand, ayant pris conscience de sa puissance, il a transformé sa mission et, par le phénomène bien connu de la trahison des intentions, a considéré que le public devait être mis à son service. De serviteur, il est devenu maître et dicte sa loi, pour son bénéfice. Son  appétit insatiable régente l'état dont il est le salarié. Le reste de la société assure leur train de vie, contraint et forcé par un arsenal de mesures qui restreignent sa liberté de faire, de dire et  maintenant, de penser différemment de ceux qui disent détenir la vérité du moment. Cette majorité jusqu'alors divisée  et se neutralisant au point de se rendre impuissante s'est sédimentée à ses deux extrémités en deux partis qui, sans ressembler aux jacobins et aux girondins, vont unir leur volonté d'éliminer le système en place, l'extrême gauche voulant la tête du capitalisme libéral qui fait la fortune des riches et l'extrême droite  remettre à l'honneur des valeurs tombées en désuétude, la sécurité par exemple. Le temps des barricades et des fleurets non mouchetés approche.

2- le contexte se prête à la reconstitution. Les figurants occupent déjà  la scène. Le décors est en place. On dit même que l'Élysée est un néo-Versailles. Les personnages s'agitent. Une fois de plus, le présent rejoue le passé. Marie-Antoinette est remplacée par Brigitte. Cette dernière jouit de la même détestation. Les libelles orduriers qui accablaient la pauvre  autrichienne sont remplacés par des injures, des calomnies, des caricatures. La haine est la même. Le roi qui était l'élu de Dieu est aujourd'hui un président élu par une minorité du peuple. Le parrainage n'a pas la grandeur du prédécesseur mais semble lui suffire pour assoir une légitimité défaillante. Lui aussi pâtit d'une désaffection quasi absolue et est obligé d'être plus souvent à l'étranger pour parler de politique étrangère qu'à domicile pour diriger l'intérieure car sa parole est  couverte par les quolibets depuis qu'il a réduit, par des décisions imbéciles, la politique en une farce tragique. 

3- la situation financière a le même caractère catastrophique. Le royaume vivait à crédit et le service de la dette absorbait la moitié de l'impôt. L'évasion fiscale atteignait des sommets: noblesse et clergé refusant de payer l'impôt alors qu'ils contrôlaient 80 % des richesses. La République vit aussi d'emprunts depuis des décennies et le tempo s'est accéléré avec l'arrivée aux commandes d'un financier ne sachant pas compter, une nouveauté. Louis XVI a vécu l'évènement car son temps de roi a cristallisé tous les composants. Son incapacité par manque de volonté, de courage, de clairvoyance n'a pas permis aux ministres (Turgot, Necker, Calonne) qui avaient vu le péril grandir d'effectuer les réformes. Le refus était aussi celui des deux ordres qui, en fait, avaient le vrai pouvoir et ne voulaient pas que l'on touche à leurs privilèges. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui, sous une autre identité, se dressent, défilent, protestent, paralysent le pays quand un ministre ose vouloir allonger d'un an l'âge de la retraite, supprimer un jour de congé payé, diminuer le pillage de la sécurité sociale, les faire travailler 35 heures, oserait demander aux parents de surveiller leurs enfants, aux enseignants d'apprendre à lire et à écrire aux élèves, aux retraités de cotiser pour leur santé, etc..

4- Le royaume a soutenu la guerre d'indépendance de l'Amérique d'une façon que Trump n'imagine pas: la contribution de la France aux insurgés a été massive en hommes et en argent. Elle a été estimée à 1,5 milliards de livres tournois qui servirent aux dépenses militaires, à de prêts, à des fournitures et à la logistique de 1878 à 1883. Cet argent (18 milliards d'euros) fut emprunté, fit exploser le service de la dette qui devint insoutenable, fut le prétexte à la convocation des États généraux et on sait ce qui s'ensuivit. Notre engagement dans la guerre d'Ukraine a aussi un coût payé par la dette et répond à des arrière-pensées théoriques aussi utopiques.

Tout est prêt, les conditions idéales sont réunies, les responsables  connus, les avertissements formulés, les précédents documentés. Ceux qui savent, le disent n'ont pas le pouvoir ou sont paralysés par les contre-pouvoirs. Les français pourraient ne pas rejouer 89. On sait qu'ils ne saisiront pas leur chance. La chronique d'une révolution annoncée a débuté.
Quand on n'en a pas, l'argent est un problème, quand on en a, c'est la solution. 

UNE CONCLUSION PERTINENTE, FRUIT D'UNE OBSERVATION ATTENTIVE ET D'UNE RÉFLEXION INTELLIGENTE

L'augmentation de la longévité du  français moyen depuis le XVIIème siècle n'est pas due, autant qu'on le dit, à la féé électricité, à l'arrivée de l'eau et du gaz à tous les étages, à la disparition des latrines et des égouts à ciel ouvert et plus récemment à la pénicilline, mais essentiellement à la disparition complète du ridicule. Il était, certes, à l'époque, la quasi-exclusivité de l'aristocratie qui ne le supportait pas et avait une tolérance zéro à son égard. Elle punissait de la peine capitale les malheureux de son milieu qui  tombaient dans ce travers. Il était avec le duel la cause principale des disparitions à Versailles. Le tiers état et le clergé en souffraient mais à un moindre degré, le désir mimétique n'y sévissant pas sur un mode endémique mais anecdotique. Aujourd'hui, le sens du ridicule a complétement disparu et ne tue plus. Il vit même ses heures de gloire et l'être  dans ses manières, son comportement, ses propos, son accoutrement, est un gage de succès, de  célébrité, de richesse, de pouvoir. L'effet de pendule est tel que la normalité, trop banale, est devenue un objet de suspicion, regardée avec horreur par les gardiens de l'ordre, le pouvoir tutélaire et les autorités compétentes. Un projet de loi est en cours de discussion pour la mettre hors la loi. Elle  devra à l'abolition de la peine de mort le plaisir de ne pas être guillotinée. 
La sagesse soufiste avec son conte drolatique qui raconte l'histoire de la nudité du roi révélé par un enfant nous a montré combien il était difficile aux adultes de voir la réalité et d'admettre la vérité. Rien n'a changé et je me demande combien  de temps il faudra pour que les américains voient que leur président est atteint d'une psychose tardive et aux français que le leur souffre d'une névrose précoce? Mais il est déjà trop tard, le mal est fait.


vendredi 30 janvier 2026

Le pouvoir que donne la puissance et la puissance du pouvoir dépassent les limites, atteignent le summum, tutoient l'infini. La drôlerie  imbécile de ce constat tragique est que ce sont les victimes qui travaillent à son expansion.

LE BON CONSEIL

Ne donnez pas de conseils aux idiots qui trouvent que vous êtes stupide.

L'ARTISTE

Je suis un artiste dans l'âme mais n'ai aucun des talents qui permettent de jouer au piano, de dessiner, de peindre, de sculpter, de déclamer, de chanter. Les fées ne m'ont pas touché et ma voix de fausset, des mains malhabiles, une absence d'imagination m'empêchent de briller. N'étant pas du genre à laisser tomber, j'ai essayé  de conjurer le sort, de le forcer, en vain.

Le  renoncement allait triompher quand, un soir, j'ai assisté à une reprise du Cadre noir de Saumur. Le choc, la révélation: l'art équestre était à ma mesure. Il me suffirait d'être assis, droit, calme, en avant, sur une selle, de partir au galop et le pur-sang et moi deviendrions un tableau  plein d'une beauté vivante, vibrante de couleurs. Son souffle serait la couleur, son galop la lumière, ses muscles la pâte, ses yeux la flamme. Ainsi fut fait: chaque mouvement était une note, chaque geste une nuance, chaque frisson une émotion. Ensemble, nous peignions dans l’air, traçant des arabesques de grâce et de fureur joyeuse, une œuvre éphémère mais parfaite, montée sur quatre pattes couronnés de fer et de clous. 

PS: il n'y a que dans un manège que l'art et l'artiste fusionnent et que je devient centaure.
Les idéologues qui travaillent dans la politique et les religieux prétendent savoir et pouvoir calmer nos inquiétudes en répondant à des questions qui dépassent l'entendement, en donnant la solution à des problèmes qui défient les mathématiques. Ils obligent l'intelligence à mentir pour obéir à des croyances dénuées de raison et qui doivent tout à l'imagination persécutée par une névrose obsessionnelle.

jeudi 29 janvier 2026

Parce qu'un homme averti en vaut deux et que je crois aux adages vieux comme le monde, vu qu'ils ne se trompent jamais, je mets mon réveil à sonner à l'heure à laquelle je veux me réveiller pour qu'il me confirme que je dois me lever. Ce son comme celui du clairon me fait bondir du lit comme un cabri alors que je m'en extirpe péniblement quand j'oublie de le remonter.

PS: cette réflexion me rappelle que que je dois le remplacer puisqu'il est en panne depuis longtemps.

CLAP DE FIN

La fin du monde si attendue et prévisible est donc pour demain. L'agonie durait depuis longtemps. tout le monde est soulagé, autant ceux qui vont disparaître que ceux qui ne seront pas épargnés. L'attente avait trop duré. La patience des uns est récompensée, l'impatience des autres comblée. L'excitation a remplacé l'énervement de l'attente. L'atmosphère a changé et s'y mélangent les interrogations et les exclamations. Chacun se demande quelle est la bonne attitude: faut-il applaudir et se réjouir d'assister à cette première mondiale ou se lamenter parce qu'elle restera unique ?  Ce sera un son et lumière exceptionnel, du jamais vu pour l'éternité. L'émotion est grandissante au fur et à mesure que l'astéroïde grand comme Mars se rapproche à la vitesse d'une comète. Son point de chute a été gardé secret pour ne pas effrayer davantage dix milliards de terriens sur le point d'être écrasés.

LES MONDES DE DANCHARR

Il y a le monde qui contient l'univers. Sa dimension est infinie et en expansion. Sa durée éternelle est aussi démentielle. Sa dimension, son âge ont des valeurs qui dépassent notre imagination et notre compréhension et ceux qui disent savoir ne savent pas ce qu'ils disent. Les plus crédibles sont ceux qui pensent que ce monde pourrait être une fiction.

Il y a les autres mondes et nous habitons dans l'un, la terre. Elle est pleine de mondes. Contenant 10 milliards d'humains qui bientôt s'y presseront, on a le monde animal rempli d'êtres vivants allant de l'unicellulaire à la baleine à bosse qui dispute la place au monde végétal qui l'occupait en premier et lui a préparé le terrain. Le monde minéral les reçoit tous à son grand désespoir. 

Il y a le monde de l'abstraction. Il comprend celui des idées qui se subdivise en monde de la philosophie, des religions, de la politique, de la culture avec les  arts et leurs innombrables branches.

Il y a dans la société même des mondes qui cohabitent sans se rencontrer. Le grand monde (en réalité petit) et qui concentre le pouvoir, la richesse et domine les classes inférieures qui sont à son service et réunissent l'ensemble des petites gens qui constitue la presque totalité du monde paysan et salarié. 

Mais le monde qui nous importe n'est pas ce monde étranger, mais celui qui nous habite et dans lequel nous évoluons. Il est organique et nous impose ses besoins, ses envies, ses faiblesses. Le monde spirituel est encore plus tyrannique et nous devons lui obéir car il dicte tout: actions, réactions, idées, réflexions, souvenirs, connaissances etc.. Les deux nous abandonnent un jour sans explication, sans préavis, sans excuses, sans regret. Ils s'en vont, pour certains, dans un autre monde pour ceux qui croient à leur fantasme, pour les autres dans le même néant dont ils étaient sortis, un non-lieu.