L'augmentation de la longévité du français moyen depuis le XVIIème siècle n'est pas due, autant qu'on le dit, à la féé électricité, à l'arrivée de l'eau et du gaz à tous les étages, à la disparition des latrines et des égouts à ciel ouvert et plus récemment à la pénicilline, mais essentiellement à la disparition complète du ridicule. Il était, certes, à l'époque, la quasi-exclusivité de l'aristocratie qui ne le supportait pas et avait une tolérance zéro à son égard. Elle punissait de la peine capitale les malheureux de son milieu qui tombaient dans ce travers. Il était avec le duel la cause principale des disparitions à Versailles. Le tiers état et le clergé en souffraient mais à un moindre degré, le désir mimétique n'y sévissant pas sur un mode endémique mais anecdotique. Aujourd'hui, le sens du ridicule a complétement disparu et ne tue plus. Il vit même ses heures de gloire et l'être dans ses manières, son comportement, ses propos, son accoutrement, est un gage de succès, de célébrité, de richesse, de pouvoir. L'effet de pendule est tel que la normalité, trop banale, est devenue un objet de suspicion, regardée avec horreur par les gardiens de l'ordre, le pouvoir tutélaire et les autorités compétentes. Un projet de loi est en cours de discussion pour la mettre hors la loi. Elle devra à l'abolition de la peine de mort le plaisir de ne pas être guillotinée.
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