Le temps a deux actions : il détruit ce qu'il construit. Ses fonctions sont résumées dans l'adage fataliste "tout lasse, tout passe, tout casse". Il se vérifie dans tout.
Il a son expression mathématique avec la parabole, une courbe qui monte jusqu'à un sommet et redescend à la ligne des ordonnées pour rejoindre le zéro.
En politique, c'est la roche tarpéienne gravit lentement, l'arrivée au sommet, à la présidence et la descente aux enfers sous les crachats dans le ridicule, la fuite à Varennes, l'échafaud.
Dans le mariage avec les fiançailles, les épousailles, le divorce.
Dans la boulange avec le pain frais, rassis, dur.
Dans la sidérurgie avec le minerai de fer, l'acier trempé puis la rouille et la ferraille.
Dans la religion qui commence dans les catacombes, monte au sommet de l'état après l'OPA de Constantin, reste en plateau étalé jusqu'au siècle des Lumières et entame une descente aux enfers qui s'arrêtera faute de combattants et de croyants.
Même le fils de Dieu n'échappe pas à la fatalité avec, depuis l' humble naissance dans une crèche, l'ascension vers la gloire qui culmine la semaine de Pâque avec la montée sur Jérusalem puis c'est la descente avec le Golgotha , la mise au tombeau et le début de la légende.
La nature montre depuis toujours que rien n'échappe à sa loi. Mon saule pleureur planté il y a 30 ans, commence à perdre de sa vigueur, les branches cassent; il "fait du bois mort". Son dépérissement sera plus rapide que sa croissance. Les graines suivent le même cheminement.
Ce pouvoir magique et diabolique fait du temps un maître d'œuvre et un démolisseur. Il pourrait être accusé de machiavélisme, de ne pas savoir ce qu'il fait, d'être un velléitaire inconscient du bien et du mal si la peur respectueuse qu'il inspire n'en faisait pas un intouchable.
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