Même si on se croit indépendant - quoique vivant dans un pays dépendant de beaucoup d'autres pour son essence, sa nourriture, sa sécurité, ses lois, ses finances, ses joueurs de foot, ses usines, sa santé - on l'est très peu puisque nous obéissons en permanence à la faim qui exige de remplir l'estomac de nourriture, à la vessie et au rectum d'être vidés des déchets, au sommeil qui nous somme de dormir, à la soif qui nous force à boire. Si nous ne nous exécutons pas, le verdict est de mort. Pas plus que la France nous ne jouissons de liberté et suis contraint à écrire des banalités, du politiquement correct pour ne pas déplaire aux organismes qui contrôlent la pensée, alors que je bouillonne d'idées subversives, trépigne de ne pouvoir développer des sujets interdits, de m'éclater en prônant une philosophie révolutionnaire. Mes organes sont aussi dictatoriaux et me punissent à la moindre de mes tentatives d'échapper à leurs diktats diététiques: une bouteille de champagne, un litre de mousse au chocolat et c'est la crise de foie et la prison au lit pour 8 jours. Même cette aveu innocent peut me coûter cher et, si un jour, vous n'entendez plus parler de moi, vous saurez pourquoi...
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