Le bilan est l'équation du premier degré dans lequel n'entre aucune inconnue. Il additionne et soustraie que du positif et du négatif et le résultat est soit l'un, soit l'autre, rarement neutre, à l'équilibre. Il fait le point sur la situation et c'est lui qui décide de la suite à donner, des mesures à prendre. Son objectivité est sans appel. Bémol cependant, les éléments à prendre en compte peuvent, eux, être subjectifs et la notation de la relation, de la réalisation, de l'évènement, du service en sera impactée.
Exemple : vous voulez faire un bilan préalable à la consommation d'une grosse part de macaron angevin, un gâteau emblématique (maison Allard, aux Ponts de Cé, 49),à la place d'honneur dans mon panthéon gourmand. Si vous voulez maigrir, étant obèse et diabétique, sa dégustation sera, si en plus, vous n'aimez pas le sucré, mais seulement la charcuterie, un moment pénible où l'écoeurement s'accompagnera d'une colère noire envers l'amphytrion qui vous veut du mal. Le bilan est négatif et, si vous êtes américain, vous engagerez un procés pour tentative de meurtre au troisième degré. A contrario, si vous êtes comme moi, maigre, avec un super-pancréas, un gourmand insatiable, vous vivrez un grand moment, sans remord, avec une bonne conscience à rendre jaloux un jésuite et la satisfaction du devoir accompli, d'avoir rendu jaloux les constipés de la pâtisserie et un hommage à un bienfaiteur de l'humanité qu'est un bon pâtissier, un sculpteur de saveurs comme monsieur Allard, de père en fils depuis 1973. Le bilan est positif et témoigne d'une politique de qualité où n'entrent que des ingrédients de grande qualité. Dans les deux cas, le produit de base est le même mais sera jugé à partir d'un ressenti animant des sentiments subjectifs opposés.
La même gymnastique est possible quand l'heure du bilan sonne pour tout. Pour qu'il soit véridique, il faut non seulement être un bon comptable, mais un psychologue averti et, comme votre serviteur, un juge et partie impartial.
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