Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


samedi 24 janvier 2015

L'EXPERT-CONSEIL

« Vous aimez donner des conseils. »
 «Oui, c'est un besoin, presqu'un réflexe.
 «Depuis quand?»
« Depuis toujours, j'en ai fait mon métier. J'ai passé mon temps à dire:« Arrêtez de fumer, mangez moins, marchez plus, prenez cela.»
-«Vous aimez rendre service aux gens, vous êtes un bienfaiteur, on doit vous en être très reconnaissant?»
« Vous vous trompez, c'est le contraire. On m'en veut, je suis considéré comme un presque malfaiteur. Donner des conseils rend insupportable. Si j'ai un conseil à vous donner: n'en donnez jamais, c'est le plus sûr moyen de vous faire des ennemis.
«Je ne comprends pas : vous donniez de bons conseils, aujourd'hui ils le sont toujours»
« Merci, mais les gens ont horreur qu'on leur en donne, moi, le premier, et haïssent ceux qui se le permettent. »
« Donc, si vous passiez votre temps et le passez encore à donner des conseils, c'est que vous aimez qu'on vous aime pas.
 « Pas du tout, mais j'y peux rien, c'est regrettable mais négligeable par rapport au plaisir que j'ai à donner un conseil. Je me moque de la façon dont il est reçu. Ce n'est pas mon problème. Je suis comme une poule. Elle est obligée de pondre son œuf et peu lui importe qu'il soit mangé mollet ou cuit sur le plat.»
« Admettons, mais pourquoi un bon conseil, par exemple arrêtez de fumer, serait considéré comme une insulte?»
 «Parce que c'en est une et de taille. Même dit avec gentillesse et politesse, le message est clair: «vous savez que fumer tue et vous n'en tenez pas compte. Vous êtes aussi un drogué, un intoxiqué, sans volonté, sans courage, esclave de la nicotine. Et aujourd'hui, vous me demandez, tout tremblotant, est-ce grave? Mon conseil est ressenti comme l'est le réquisitoire du procureur qui virent d'énumérer la  liste des turpitudes de l'accusé. En plus, je lui demande de changer ses habitudes de vie  et de renoncer à un plaisir dont il ne peut se passer. Comment voulez-vous qu'il ne me maudisse pas !!!
« Vous êtes sûr qu'ils raisonnent tous comme ça ?»
« Il doit y avoir des exceptions, je l'espère.»
« D'autant que tous les conseils n'ont pas de telles conséquences et il n'y a pas de raisons qu"un banal conseil soit mal pris? »
« C'est une question d'échelle, mais je crois qu'il y a peu d'exception. Donner un conseil, c'est signifier à l'autre, sous un masque altruiste, qu'il est incapable de résoudre un problème peu compliqué et donc le prendre pour un idiot.»
« Autre chose: le donneur de conseil est-il sûr de donner toujours des bons conseils ?»
« Non, et même bon un conseil peut s'avérer catastrophique. On sait depuis toujours que le remède peut être pire que le mal. Si le fumeur, privé de sa cigarette sombre dans la dépression et se suicide, il meure plus tôt qu'avec l'infarctus dont je l'ai menacé et qu'il n'aurait peut-être jamais eu!!!On fait prendre des risques en donnant des conseils, heureusement les conseils bons ou mauvais sont rarement suivis»
« Il y aurait beaucoup encore à dire sur votre addiction, mais ça suffira pour aujourd'hui, merci de votre franchise.
« De rien, mais n'oubliez pas mon conseil, prudence…»

_____________________



            . 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire