Un lecteur qui me veut du bien a pris la peine de répondre aux questions qui m'intriguaient. La première n'est, pour lui, pas un problème. Le bonhomme est un bienveillant qui trouve du plaisir à se sentir dispensateur de bonheur, créateur d'harmonie, fabriquant d'équilibre: c'est un artiste qui offre une œuvre virtuelle pour le bien de son prochain et sa satisfaction personnelle. Il est difficile de savoir ce qui le motive le plus.
Le malfaisant, en revanche, est un esprit tordu qui jouit de l'humiliation, de la souffrance qu'il peut infliger. Cela lui procure un sentiment de puissance que ne lui donnent pas ses qualités - soit il n'en a pas soit elles sont trop faibles pour prévaloir - mais que ses défauts comblent avec brio.
La seconde renvoie, à son avis, à l'idée que l'on a de soi et des autres. Pour l'un, le mal enfante le malheur qui est une douleur de l'âme qui fait aussi souffrir le corps. Il est donc intolérable pour lui qui n'est ni maso ni sadique. L'autre, au contraire, voit le bien comme un moyen dans sa stratégie de tromper, de manipuler, de camoufler afin de circonvenir pour arriver à ses fins: voler, escroquer, assassiner en toute impunité.
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