Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 23 décembre 2025

SENSATION ET SENTIMENT MËME COMBAT

Les sensations ont pour fonction de secréter les sentiments mais l'inverse est vrai et le sentiment agit sur la sensation, non en représailles mais en commensal dévoué qui aide, entretient, entraîne. 

Ainsi la tristesse fait pleurer pour vider les glandes lacrymales de leur humeur, lubrifier l'œil et permettre une nouvelle production d'un liquide clair, frais, vigoureux, limpide. L'œil rafraichi, lavé par cette jouvence profite de la lumière, de l'éclat du soleil  et fonctionne mieux.  La joie qui fait rire active les muscles de la face, les mobilise, empêche leur atrophie, le vieillissement de la peau. La colère, l'espoir, l'attention ont des effets sur les surrénales, la thyroïde, l'hypophyse, le cortex frontal. La gourmandise, ce sentiment exquis qui crée une attirance pour la bonne chair et les bons gâteaux a des répercussions corporelles qui atteignent le sublime avec une mobilisation générale de tous les organes. 

Jugez-en: à la seule évocation de l'agape à venir, les glandes salivaires entrent en action et les grandes eaux inondent la bouche d'un flux qui oblige à se taire. Dès la première bouchée, c'est l'alerte générale, tout le tube digestif du cardia au cæcum se met en fonction: l'estomac s'inonde d'acide et trépigne, le pancréas est dans tous ses états et l'insuline et le suc pancréatique se déversent à toute allure, l'intestin  (le grêle d'abord, le gros bientôt) s'active dans sa longueur et sa largeur, le foie est un gros contributeur et doit gérer une chimie complexe, parfois toxique - un coup de chapeau mérité -, les reins  ouvrent les écoutilles des glomérules et des tubules pour filtrer les eaux divers, le bordeaux, le bourgogne et éliminent les eaux usées dans une vessie qui  bientôt exigera d'être vidée.

Cette réflexion que les non-gourmands trouveront triviale, malvenue, superflue en ces jours soit disant consacrés au petit Jésus a pour raison de sanctifier laïquement les repas de gala qui vont se succéder jusqu'au début de l'année prochaine et durant lesquels les sensations et les sentiments vont rivaliser de concert pour transformer des mirages psychologiques en miracles physiologiques.

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