Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


samedi 31 janvier 2026

UCHRONIE RÉVOLUTIONNAIRE

La mèche lente est allumée, l'explosion se rapproche et personne n'a conscience que nous sommes dans les mois qui précédèrent 1789. La situation reproduit, au poil près, ce que nos aïeux ont vécu: même gouvernement d'incapables, même endettement abyssal, même division de la société en blocs irréductibles, même montée des tensions. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'issue est inéluctable. 

Résumons chacune des similitudes:

1- il y avait l'aristocratie et le clergé qui se partageaient le pouvoir et le tiers état corvéable qui ne supportait plus l'inégalité. Il y a aujourd'hui une aristocratie des riches qui met le pouvoir que lui procure son argent pour faire l'information par la possession des médias, choisit le gouvernement pour maintenir ses privilèges. Le clergé est devenu laïque et  sa fonction serait le service  des citoyens. Il est devenu un problème quand, ayant pris conscience de sa puissance, il a transformé sa mission et, par le phénomène bien connu de la trahison des intentions, a considéré que le public devait être mis à son service. De serviteur, il est devenu maître et dicte sa loi, pour son bénéfice. Son  appétit insatiable régente l'état dont il est le salarié. Le reste de la société assure leur train de vie, contraint et forcé par un arsenal de mesures qui restreignent sa liberté de faire, de dire et  maintenant, de penser différemment de ceux qui disent détenir la vérité du moment. Cette majorité jusqu'alors divisée  et se neutralisant au point de se rendre impuissante s'est sédimentée à ses deux extrémités en deux partis qui, sans ressembler aux jacobins et aux girondins, vont unir leur volonté d'éliminer le système en place, l'extrême gauche voulant la tête du capitalisme libéral qui fait la fortune des riches et l'extrême droite  remettre à l'honneur des valeurs tombées en désuétude, la sécurité par exemple. Le temps des barricades et des fleurets non mouchetés approche.

2- le contexte se prête à la reconstitution. Les figurants occupent déjà  la scène. Le décors est en place. On dit même que l'Élysée est un néo-Versailles. Les personnages s'agitent. Une fois de plus, le présent rejoue le passé. Marie-Antoinette est remplacée par Brigitte. Cette dernière jouit de la même détestation. Les libelles orduriers qui accablaient la pauvre  autrichienne sont remplacés par des injures, des calomnies, des caricatures. La haine est la même. Le roi qui était l'élu de Dieu est aujourd'hui un président élu par une minorité du peuple. Le parrainage n'a pas la grandeur du prédécesseur mais semble lui suffire pour assoir une légitimité défaillante. Lui aussi pâtit d'une désaffection quasi absolue et est obligé d'être plus souvent à l'étranger pour parler de politique étrangère qu'à domicile pour diriger l'intérieure car sa parole est  couverte par les quolibets depuis qu'il a réduit, par des décisions imbéciles, la politique en une farce tragique. 

3- la situation financière a le même caractère catastrophique. Le royaume vivait à crédit et le service de la dette absorbait la moitié de l'impôt. L'évasion fiscale atteignait des sommets: noblesse et clergé refusant de payer l'impôt alors qu'ils contrôlaient 80 % des richesses. La République vit aussi d'emprunts depuis des décennies et le tempo s'est accéléré avec l'arrivée aux commandes d'un financier ne sachant pas compter, une nouveauté. Louis XVI a vécu l'évènement car son temps de roi a cristallisé tous les composants. Son incapacité par manque de volonté, de courage, de clairvoyance n'a pas permis aux ministres (Turgot, Necker, Calonne) qui avaient vu le péril grandir d'effectuer les réformes. Le refus était aussi celui des deux ordres qui, en fait, avaient le vrai pouvoir et ne voulaient pas que l'on touche à leurs privilèges. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui, sous une autre identité, se dressent, défilent, protestent, paralysent le pays quand un ministre ose vouloir allonger d'un an l'âge de la retraite, supprimer un jour de congé payé, diminuer le pillage de la sécurité sociale, les faire travailler 35 heures, oserait demander aux parents de surveiller leurs enfants, aux enseignants d'apprendre à lire et à écrire aux élèves, aux retraités de cotiser pour leur santé, etc..

4- Le royaume a soutenu la guerre d'indépendance de l'Amérique d'une façon que Trump n'imagine pas: la contribution de la France aux insurgés a été massive en hommes et en argent. Elle a été estimée à 1,5 milliards de livres tournois qui servirent aux dépenses militaires, à de prêts, à des fournitures et à la logistique de 1878 à 1883. Cet argent (18 milliards d'euros) fut emprunté, fit exploser le service de la dette qui devint insoutenable, fut le prétexte à la convocation des États généraux et on sait ce qui s'ensuivit. Notre engagement dans la guerre d'Ukraine a aussi un coût payé par la dette et répond à des arrière-pensées théoriques aussi utopiques.

Tout est prêt, les conditions idéales sont réunies, les responsables  connus, les avertissements formulés, les précédents documentés. Ceux qui savent, le disent n'ont pas le pouvoir ou sont paralysés par les contre-pouvoirs. Les français pourraient ne pas rejouer 89. On sait qu'ils ne saisiront pas leur chance. La chronique d'une révolution annoncée a débuté.
Quand on n'en a pas, l'argent est un problème, quand on en a, c'est la solution. 

UNE CONCLUSION PERTINENTE, FRUIT D'UNE OBSERVATION ATTENTIVE ET D'UNE RÉFLEXION INTELLIGENTE

L'augmentation de la longévité du  français moyen depuis le XVIIème siècle n'est pas due, autant qu'on le dit, à la féé électricité, à l'arrivée de l'eau et du gaz à tous les étages, à la disparition des latrines et des égouts à ciel ouvert et plus récemment à la pénicilline, mais essentiellement à la disparition complète du ridicule. Il était, certes, à l'époque, la quasi-exclusivité de l'aristocratie qui ne le supportait pas et avait une tolérance zéro à son égard. Elle punissait de la peine capitale les malheureux de son milieu qui  tombaient dans ce travers. Il était avec le duel la cause principale des disparitions à Versailles. Le tiers état et le clergé en souffraient mais à un moindre degré, le désir mimétique n'y sévissant pas sur un mode endémique mais anecdotique. Aujourd'hui, le sens du ridicule a complétement disparu et ne tue plus. Il vit même ses heures de gloire et l'être  dans ses manières, son comportement, ses propos, son accoutrement, est un gage de succès, de  célébrité, de richesse, de pouvoir. L'effet de pendule est tel que la normalité, trop banale, est devenue un objet de suspicion, regardée avec horreur par les gardiens de l'ordre, le pouvoir tutélaire et les autorités compétentes. Un projet de loi est en cours de discussion pour la mettre hors la loi. Elle  devra à l'abolition de la peine de mort le plaisir de ne pas être guillotinée. 
La sagesse soufiste avec son conte drolatique qui raconte l'histoire de la nudité du roi révélé par un enfant nous a montré combien il était difficile aux adultes de voir la réalité et d'admettre la vérité. Rien n'a changé et je me demande combien  de temps il faudra pour que les américains voient que leur président est atteint d'une psychose tardive et aux français que le leur souffre d'une névrose précoce? Mais il est déjà trop tard, le mal est fait.


vendredi 30 janvier 2026

Le pouvoir que donne la puissance et la puissance du pouvoir dépassent les limites, atteignent le summum, tutoient l'infini. La drôlerie  imbécile de ce constat tragique est que ce sont les victimes qui travaillent à son expansion.

LE BON CONSEIL

Ne donnez pas de conseils aux idiots qui trouvent que vous êtes stupide.

L'ARTISTE

Je suis un artiste dans l'âme mais n'ai aucun des talents qui permettent de jouer au piano, de dessiner, de peindre, de sculpter, de déclamer, de chanter. Les fées ne m'ont pas touché et ma voix de fausset, des mains malhabiles, une absence d'imagination m'empêchent de briller. N'étant pas du genre à laisser tomber, j'ai essayé  de conjurer le sort, de le forcer, en vain.

Le  renoncement allait triompher quand, un soir, j'ai assisté à une reprise du Cadre noir de Saumur. Le choc, la révélation: l'art équestre était à ma mesure. Il me suffirait d'être assis, droit, calme, en avant, sur une selle, de partir au galop et le pur-sang et moi deviendrions un tableau  plein d'une beauté vivante, vibrante de couleurs. Son souffle serait la couleur, son galop la lumière, ses muscles la pâte, ses yeux la flamme. Ainsi fut fait: chaque mouvement était une note, chaque geste une nuance, chaque frisson une émotion. Ensemble, nous peignions dans l’air, traçant des arabesques de grâce et de fureur joyeuse, une œuvre éphémère mais parfaite, montée sur quatre pattes couronnés de fer et de clous. 

PS: il n'y a que dans un manège que l'art et l'artiste fusionnent et que je devient centaure.
Les idéologues qui travaillent dans la politique et les religieux prétendent savoir et pouvoir calmer nos inquiétudes en répondant à des questions qui dépassent l'entendement, en donnant la solution à des problèmes qui défient les mathématiques. Ils obligent l'intelligence à mentir pour obéir à des croyances dénuées de raison et qui doivent tout à l'imagination persécutée par une névrose obsessionnelle.

jeudi 29 janvier 2026

Parce qu'un homme averti en vaut deux et que je crois aux adages vieux comme le monde, vu qu'ils ne se trompent jamais, je mets mon réveil à sonner à l'heure à laquelle je veux me réveiller pour qu'il me confirme que je dois me lever. Ce son comme celui du clairon me fait bondir du lit comme un cabri alors que je m'en extirpe péniblement quand j'oublie de le remonter.

PS: cette réflexion me rappelle que que je dois le remplacer puisqu'il est en panne depuis longtemps.

CLAP DE FIN

La fin du monde si attendue et prévisible est donc pour demain. L'agonie durait depuis longtemps. tout le monde est soulagé, autant ceux qui vont disparaître que ceux qui ne seront pas épargnés. L'attente avait trop duré. La patience des uns est récompensée, l'impatience des autres comblée. L'excitation a remplacé l'énervement de l'attente. L'atmosphère a changé et s'y mélangent les interrogations et les exclamations. Chacun se demande quelle est la bonne attitude: faut-il applaudir et se réjouir d'assister à cette première mondiale ou se lamenter parce qu'elle restera unique ?  Ce sera un son et lumière exceptionnel, du jamais vu pour l'éternité. L'émotion est grandissante au fur et à mesure que l'astéroïde grand comme Mars se rapproche à la vitesse d'une comète. Son point de chute a été gardé secret pour ne pas effrayer davantage dix milliards de terriens sur le point d'être écrasés.

LES MONDES DE DANCHARR

Il y a le monde qui contient l'univers. Sa dimension est infinie et en expansion. Sa durée éternelle est aussi démentielle. Sa dimension, son âge ont des valeurs qui dépassent notre imagination et notre compréhension et ceux qui disent savoir ne savent pas ce qu'ils disent. Les plus crédibles sont ceux qui pensent que ce monde pourrait être une fiction.

Il y a les autres mondes et nous habitons dans l'un, la terre. Elle est pleine de mondes. Contenant 10 milliards d'humains qui bientôt s'y presseront, on a le monde animal rempli d'êtres vivants allant de l'unicellulaire à la baleine à bosse qui dispute la place au monde végétal qui l'occupait en premier et lui a préparé le terrain. Le monde minéral les reçoit tous à son grand désespoir. 

Il y a le monde de l'abstraction. Il comprend celui des idées qui se subdivise en monde de la philosophie, des religions, de la politique, de la culture avec les  arts et leurs innombrables branches.

Il y a dans la société même des mondes qui cohabitent sans se rencontrer. Le grand monde (en réalité petit) et qui concentre le pouvoir, la richesse et domine les classes inférieures qui sont à son service et réunissent l'ensemble des petites gens qui constitue la presque totalité du monde paysan et salarié. 

Mais le monde qui nous importe n'est pas ce monde étranger, mais celui qui nous habite et dans lequel nous évoluons. Il est organique et nous impose ses besoins, ses envies, ses faiblesses. Le monde spirituel est encore plus tyrannique et nous devons lui obéir car il dicte tout: actions, réactions, idées, réflexions, souvenirs, connaissances etc.. Les deux nous abandonnent un jour sans explication, sans préavis, sans excuses, sans regret. Ils s'en vont, pour certains, dans un autre monde pour ceux qui croient à leur fantasme, pour les autres dans le même néant dont ils étaient sortis, un non-lieu.

mercredi 28 janvier 2026

Se faire plaisir est le plus sûr moyen de se rapprocher de l'idée que l'on se fait du bonheur. Cela suppose que l'on a atteint le stade où l'on attend plus  rien des autres. Soyons cependant charitable et reconnaissons qu'ils sont suffisamment occupés par le leur et que nous avons  été incapable de leur rendre ce  service. Leurs efforts comme les nôtres n'ont pas servi. La mission même montée en devoir est impossible. Le cœur de l'homme sage est une forteresse imprenable comme l'a si bien dit je me souviens qui (Lope de Vega). Actons et concluons par "ainsi soit-il" si vous n'êtes pas un mécréant ou par CQFD si vous êtes un mathématicien athée.
Les gens qui ne regardent pas où ils mettent les pieds, qui disent n'importe quoi, qui cherchent midi à quatorze heures, qui adorent le veau d'or, qui confondent le nord et le sud ne sont pas responsables de leur chute, de leurs fautes de conversation, de leur retard, de leurs superstitions, de leur errance. Ils sont les victimes innocentes d'un manque de discernement, d'une inconséquence verbale, d'une montre maligne, d'un besoin de servitude, d'une absence de repères, signes cliniques d'une maladie incurable qui atteint la fonction critique de l'esprit intellectuel. 

NOS FORCES INTRINSÈQUES

Notre corps est soumis à des forces auxquelles il doit obéissance sous peine de sévices pouvant entraîner la mort. La principale est l'instinct. Primordiale pour deux raisons: il assure la pérennité de l'espèce en imposant une attraction charnelle qualifiée de sexuelle pour le sexe opposé. Des romantiques hypocrites le peignent en rose et lui donnent le nom d'amour. La deuxième est aussi de survie et le pousse à fuir devant le danger et si, acculé, le condamne à se battre. Pour diminuer le risque mortel, son instinct le pousse à se lier d'amitié avec des semblables car, à deux, on double les chances de victoire, à trois, on les triple etc..

La deuxième, l'imagination, est ou serait propre à l'espèce. Elle est  une singularité et à l'origine de ses malheurs. C'est le moyen que l'homme a trouvé pour supporter la réalité,  échapper à la vérité et transformer les instincts trouvés vulgaires pour ne pas dire bestiaux en d'aimables mensonges acceptables. Pour enjoliver une existence passée à se fatiguer, à s'ennuyer, à souffrir, à dormir et manger, elle créa les arts pour changer l'état d'esprit et lui fournir des éléments à décharge. Elle vient à son secours pour calmer une angoisse existentielle devenue essentielle chez eux qui ont peur de la mort. Pour la conjurer et reprendre pied, elle inventa des religions qui expliquent le pourquoi et le comment, donnent les solutions et leur pouvoir rassurant assura leur succès. 

Une troisième, l'intelligence, vient à la rescousse des précédentes en leur apportant les moyens de comprendre, de connaître, de s'adapter, d'évoluer selon le contexte, de réfléchir avant de décider. Cette force lui permit d'inventer la logique, la philosophie, les sciences, la mathématique et pour son malheur la politique basée sur des idéologies. Son pouvoir est cependant relatif et ne lui permet pas d'éliminer les effets secondaires indésirables des forces précédentes (guerres, pollutions, religions, politiques). 

La lutte est inégale, le combat perdu avant de commencer. L'instinct, le réflexe primordial, le garant de la sécurité, de la postérité a devant lui deux entités, fruits tardifs de l'évolution, qui se disent supérieures et méprisent les contingences organiques qui mettent l'humanité au niveau de la bestialité. Ils se revendiquent de purs esprits, doués de raison, d'une âme, d'intelligence. Ces prétentions, dictées par l'imagination sont les causes du divorce qui a séparé l'homo sapiens de ses prédécesseurs qui n'avaient pas encore compris que la langue et le gosier pouvaient servir à parler. à faire des discours, à tenir des sermons, à mentir.

mardi 27 janvier 2026

L'EFFET TEMPS

Le temps a deux actions : il détruit ce qu'il construit. Ses fonctions sont résumées dans l'adage fataliste "tout lasse, tout passe, tout casse". Il se vérifie dans tout. 

Il a son expression mathématique avec la parabole, une courbe qui monte jusqu'à un sommet et redescend à la ligne des ordonnées pour rejoindre le zéro.

En politique, c'est la roche tarpéienne gravit lentement, l'arrivée au sommet, à la présidence et la descente aux enfers sous les crachats dans le ridicule, la fuite à Varennes, l'échafaud.

Dans le mariage avec les fiançailles, les épousailles, le divorce.

Dans la boulange avec le pain frais, rassis, dur.

Dans la sidérurgie avec le minerai de fer, l'acier trempé puis la rouille et la ferraille.

Dans la religion qui commence dans les catacombes, monte au sommet de l'état après l'OPA de Constantin, reste en plateau étalé jusqu'au siècle des Lumières et entame une descente aux enfers qui s'arrêtera faute de combattants et de croyants.

Même le fils de Dieu n'échappe pas à la fatalité avec, depuis l' humble naissance dans une crèche, l'ascension vers la gloire qui culmine la semaine de Pâque avec la montée sur Jérusalem puis c'est la descente avec le Golgotha , la mise au tombeau et le début de la légende.

La nature montre depuis toujours que rien n'échappe à sa loi. Mon saule pleureur planté il y a 30 ans, commence à perdre de sa vigueur, les branches cassent; il "fait du bois mort". Son dépérissement sera plus rapide que  sa croissance. Les graines suivent le même cheminement. 

Ce pouvoir magique et diabolique fait du temps un maître d'œuvre et un démolisseur. Il pourrait être accusé de machiavélisme, de ne pas savoir ce qu'il fait, d'être un velléitaire inconscient du bien et du mal si la peur respectueuse qu'il inspire n'en faisait pas un intouchable.

PROTAGORAS

Tout est relatif et tient dans la distance. Une tâche est grande vue de prêt, petite  de loin, Marignan fut un évènement considérable pour François I, une date du livre d'histoire parmi mille autres, pour moi. L'importance est fonction de la perspective et sa dérivée. Ce qui est vrai pour cela l'est aussi pour ce qui nous touche. Il suffit donc de résoudre l'équation du premier degré que la vie fabrique en permanence pour nous éprouver en utilisant la méthode que suggèrent nos deux observations. Prendre son temps est ainsi un moyen efficace pour évaluer un problème, lui donner sa vraie valeur et souvent le dégonfler au point de le faire disparaître. Attendre que le bruit cesse, que le silence retombe fait prendre conscience de l'inanité du discours, de son absence de profondeur ou de ses dangers et de passer son chemin. S'éloigner a le même effet libérateur. En n'étant plus au contact du feu, on ne se brûle plus. Les kilomètres sont comme le temps un traitement puissant qui relativise le malheur, diminue le souvenir, la douleur comme si tout s'enterrait pendant que l'on s'évade. 

UN CONSTAT ET UNE QUESTION

Les américains n'ont pas changé: ils ont le même comportement prédateur qu'ils ont eu avec les indiens. Le comble est qu'ils l'exercent aussi contre les concitoyens qui ne pensent pas comme eux. Jusqu'où cela va-t-il les conduire et nous avec ?

lundi 26 janvier 2026

UNE DATE UNIQUE DANS LES ANNALES DU TEMPS

 Nous sommes en train de vivre un jour mémorable. Il ne se reproduira jamais dans les siècles des siècles. Nous avons la chance et l'honneur d'être dans le corpus d'un moment où le temps est dans un alignement des chiffres qui le situent dans l'éternité: 26 1 26. Observez avec moi 26 minutes de silence. Top départ.......

 Quand on compare l'idée que l'on a de soi avec celle que l'on a des autres, on comprend  que la guerre des idéologies commence au niveau individuel.

LS SABOTEUR DU RÉEL

 Il y a des gens qui s'intéressent davantage à ce qui n'a pas été fait qu'à ce qui l'a été, qui connaissent le mot qui n'a pas été prononcé, qui se posent  des questions sans réponse et créent  des problème qui n'ont pas de solution.

LA DORMANCE

 Le règne végétale entre en  dormance dans les pays qui connaissent l'hiver. Le froid refroidit les ardeurs et la nature se met à végéter, en mode survie. Elle réduit son métabolisme au strictement basal, un poil au-dessus du seuil critique qui est fatal. L'espèce animal adopte la même technique quand elle ne peut faire autrement. C'est le lot des hibernants (ours polaires, marmottes, punaises des bois, crapauds etc...Ils en profitent pour faire une cure de jeun et puisent dans les réserves. Leur gras du ventre disparait et les survivants  abordent le printemps  rajeunit, sveltes, prêts à revivre, à copuler, à gambader. Ils se préparent à faire des rejetons: fleurs,  baies,  fruits pour les uns, des bébés pour  les autres. L'homme est , une fois de plus, exceptionnel. Chez lui, la dormance peut être un état permanent. La vie en mode ralenti avec un fonctionnement à l'économie se rencontre chez beaucoup de gens  qui vivent au jour le jour, expédient les affaires courantes,  ont des projets à court terme, fuient les initiatives et la prise de risque. Ils dorment les yeux ouverts en attendant qu'ils soient fermés. 

 Ce qui limite nos connaissances, c'est notre ignorance. Truisme, pléonasme  puisqu'ignorance rime avec méconnaissance et c'est une double vérité. La question n'est pas là mais ici quand je demande la raison. Manque d'intelligence, diront ceux qui croient en avoir, mais ceux qui en ont beaucoup sont-ils tous des Nobel? Cherchons la réponse ailleurs: la quantité  d'inconnus qui occupent l'espace laissé par le connu doit être considérable si on considère seulement le nombre des questions sans réponse, de problèmes restés sans solution. Il faut y ajouter tout ce dont nous ne soupçonnons pas même l'existence non par défaut d'imagination mais parce que nous n'avons pas dans le plus gros des dictionnaire le mot qui le désigne et le décrit Ce n'est qu'une question de vocabulaire. Il nous est impossible de construire des concepts nouveaux, de poser les questions provocatrices, de soulever des problèmes interdits d'expression simplement parce que l'on n'a pas les idéogrammes capables de les  décrire et, nous, de les écrire. Demain,  l' IA générale générative quantique les inventera et nous régalera d'inventions incroyables, d'idées fantastiques, de vérités cachées. Elle saura créer, à la même vitesse où elle calcule, les mots qui correspondent à son idée.  car là où l'on a besoin de mots  pour élaborer une pensée, elle pourra, elle,  penser avant sans mot dire.

dimanche 25 janvier 2026

À côté des fiers à bras m'as-tu -vu qui fanfaronnent et proclament de façon tonitruante leur volonté de puissance par la force du gosier et des armes tels que Trump, Poutine, Netanyahou, il y en a d'autres  tels que Macron, Starmer, Merz, von der Leyen qui, avec un peu moins de superbe mais de la prétention usurpée, affichent une volonté d'impuissance avec des déclarations contradictoires, des décisions décousues, des actions ambiguës. La force des premiers se nourrit de la faiblesse des seconds  qui, unis, leur seraient supérieurs. Le plus triste et le plus drôle est que cette tragédie est aussi une mascarade qui met au prises, dans l'ex-camp occidental des ennemis de toujours qui jouait la comédie de l'amitié indéfectible à la façon américaine qui permet à l'ami de tuer sans une larme son ami de toujours pour une poignée de dollars.
C'est une conséquence peu remarquée de la rotation de la terre sur son axe et de la force centrifuge résultante qui est à l'origine de l'éloignement inexorable de toutes les relations qui se sont nouées au fil du temps, me confie, désabusé, un quidam assis sur le banc, à mon côté. On les perd de vue, puis on ne les entend plus, leur adresse disparait du carnet. C'est le prélude à la dissolution accélérée par le mouvement giratoire  du souvenir dans la mémoire. Les sentiments, les sensations subissent aussi l'influence de cette centrifugeuse terrestre et leur affaiblissement témoigne de la distanciation croissante, irrémédiable. Elle propulse au loin aussi bien le tangible que l'intangible. Arrive le moment où il ne reste qu'une coquille vide qui n'a plus qu'à être enterrée.

ENFIN UNE EXPLICATION

Ne vous êtes vous pas étonné que des idées étonnantes, brillantes, extraordinaires et qui vous éblouissent passent inaperçues, ne suscitent aucune marque d'admiration. Cette absence d'attention a une raison simple: certains  cerveaux  ne disposent pas des outils nécessaires à l'appréhension de leurs qualités. Ils souffrent d'une infirmité qui associe des déficiences intellectuelles, mentales, morales à des carences de curiosité, d'imagination. Il peut s'y ajouter un défaut  de vocabulaire qui empêche de saisir le sens des mots. Ces manques divers empêchent de savoir faire la sauce qui permet la liaison entre la qualité de la forme de l'idée et la beauté de son fond.

samedi 24 janvier 2026

LE CYNIQUE JETTE LE VOILE

Ce sont les défauts qui donnent aux qualités leur haute valeur ajoutée. Ainsi c'est parce que je suis modeste que je peux me vanter (orgueil) d'être comme je suis. Les vices ont le même pouvoir de transcender les vertus. Si je me prends en exemple, dût ma modestie en souffrir, ma cupidité qui atteint l'avarice est heureusement compensée par une générosité qui me vaut l'amitié de tous les pauvres de mon entourage, que ma curiosité déplacée est effacée par une discrétion devenue proverbiale, que mon ironie sarcastique qui répand la terreur est accueillie avec une gratitude qui conforte la reconnaissance générale de ma bienveillance universelle. Je pourrais convoquer tous les défauts ordinaux et les vertus cardinales pour me livrer à cette confession publique qui devrait vous donner des idées de réciprocité.

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a des gens insignifiants qui prennent une importance extravagante et deviennent  riches, célèbres, admirés alors que d'autres, passionnants, restent pauvres, ignorés, méprisés. 

PS: les premiers sont dangereux pour eux et les autres, les deuxièmes vivent en paix et ne font du mal à personne. 
Écoutons avec attention les objections de ceux qui ont pour principe de récuser les propositions, d'enterrer les projets, de s'opposer aux initiatives, d'empêcher d'avancer. Ils stationnent englués dans l'habitude, le conformisme, le conservatisme. Changer l'ordre est renier le passé et un outrage fait  aux ancêtres. Ce respect est admirable, ce refus un refuge, saluons la posture. Mais ne les entendons pas. Ils sont les victimes consentantes d'une paralysie du jugement et empruntons un chemin éloigné de leur route.   

UN CONSTAT QUI PLAIRA À PEU

Les morts encombrent les cimetières de leur présence inutile.

vendredi 23 janvier 2026

LE I GREC

 « Y » est unique et un exemple pour les autres voyelles. Il est, d’abord, long en bouche et se fait succulent. Il se rend inoubliable avec 2 syllabes dont on ne se doute pas en l’écrivant. Elles deviennent évidentes si on le dit. Mot et lettre, sans peur ni vergogne, il affiche, sûr de lui, son extranéité en se proclamant grec, après un « I » majuscule qui l'annonce. Il a accepté d’être adopté alors que son immunité diplomatique lui aurait suffi pour coloniser notre alphabet de son double i. Il est chez lui dans les avant-dernières pages de nos dictionnaires. Depuis le temps (début XIIème) où on est allé le prier de nous honorer de sa présence, il sait que, sans lui, le français serait confus et, se sachant aimé, il ne craint pas la reconduite au Pirée.

LE FAIRE SEMBLANT

Faire semblant est la façon ingénieuse, astucieuse, incidente, adjacente, concomitante, insidieuse de faire deux choses à la fois, manœuvre pourtant  normalement impossible. Essayez de vous concentrer sur un accord de temps tout en récitant une fable de La Fontaine, de vous rappeler de la recette de la  tarte tatin aux épinards en parlant au téléphone, de respirer en apnée etc... Faire semblant résout le dilemme et permet de paraître écouter,  dormir lors que l'on réfléchit à ce que nous allons manger, acheter, vendre, lire, écrire. 

C'est le travail qui s'apprend, se cultive. Certains le portent à la perfection, en font une œuvre d'art. Ils lui doivent d'entrer à la Comédie Française, de devenir pape, président, député. Talentueux et sans génie, il suffit de se montrer attentionné, attentif, charitable, amical, amoureux, généreux alors que l'on est indifférent, avaricieux, hypocrite, égoïste, intéressé pour faire croire que l'on est un ami fidèle, un père attentionné, un mari modèle, une mère exemplaire. On pourrait croire que c'est la technique des menteurs, des usurpateurs, des falsificateurs, des manipulateurs, des espions, des escrocs, réservée à ceux qui prennent les autres pour des pigeons à plumer et à gober. Pas du tout, faire semblant est l'arme quotidienne de  tout le monde en général et de chacun en particulier et non l'apanage de quelques surdoués. Elle est utile, nécessaire, rend possible la vie en société, tolérables les autres, acceptable l'image que l'on donne et passable notre passage en scène. Faire semblant permet de se regarder depuis les coulisses et de se voir comme on voudrait être.

CITATIONS EXTRAITES DE L'ÉLOGE DE MONSIEUR HONORÉ DE BALZAC PRONONCÉ PAR MARCEL ROUFF

"Je crois, dit Pascal, les témoins qui se font égorger."

"Il n'est pas besoin de tenir les biens pour en discuter." (Figaro)

"Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es." (Brillat-Savarin)

"...l'on pourrait dire... que les bonnes pensées viennent du ventre." Balzac

Toujours de Balzac: "le vide de l'estomac provoque le vide du cerveau".

PS: Marcel Rouff  (1877-1936) est un écrivain qui écrivit un livre mémorable "La vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet".  On y trouve une philosophie du plaisir où la table est un lieu de vérité et bien manger un acte de civilisation. Heureusement pour lui, il est mort avant d'entrer dans l'ère de la malbouffe  fabriquée par les Mac-Donald and co.

jeudi 22 janvier 2026

JOUONS

Jouer avec les mots est facile et les écrivains en ont fait un métier. Cela leur permet de faire de belles phrases qui exposent de bonnes idées qui font marcher l'imagination, donnent matière à réflexion, font dire de grandes choses. Depuis son modeste deuxième sous-sol, ce blog illustre ce pouvoir des mots. Jouer avec les lettres est un sport moins courant et pourtant plus amusant. Il était en vogue dans les premiers temps de la construction de toutes les langues. Ici, en France, le dictionnaire a mis longtemps pour collationner des listes qui suivent l'ordre alphabétique. Il s'enrichit, disent certains, s'appauvrit déplorent d'autres, de mots étrangers. Chaque année, on est forcé de les adopter sous peine de ne plus comprendre ceux qui appartiennent déjà au futur.

Le jeu est simple et peut se jouer en solitaire ou en compagnie. Il consiste à prendre des lettres au hasard et de les mélanger assez intelligemment pour faire un mot qui sonne agréablement à une oreille qui n'a pas pas besoin d'être musicale. J'ai ainsi tirer de mon chapeau les lettres rihomueclx. "moblic en est sorti. J'ai vérifié qu'il était inconnu de mon petit Robert. J'aime sa sonorité et son clic de fin. Il ne veut rien dire mais je suis sûr qu'il trouvera vite à s'employer utilement. Beaucoup d'autres noms attendent de naître en français et il ne tient qu'à nous de corriger la dénatalité par une une explosion de mots propres et communs. 

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Comment ne pas succomber à un étonnement qui dépasse le niveau de la stupéfaction quand on est abasourdi par le silence sépulcral qui suit le tollé général provoqué par la déclaration de guerre du président en exercice  de la plus grande puissance militaire, financière, économique, pathologique au reste du mondent dont il était déjà l'empereur absolu. On se demande en effet le pourquoi d'une telle décision car cela revient à attaquer des colonies asservies depuis longtemps, contentes de l'être et ne demandant qu'une chose, rester dans cet état de béatitude et continuer d'assurer la prospérité d'un maître si bienveillant.
Une mine de rien ne contient pas de charbon, d'or ou des diamants mais donne au mineur l'honneur de travailler et le plaisir de se fatiguer pour la beauté du geste du piqueur. Il n'y a que des esthètes qui soient dignes de revêtir la livrée de ces forçats du monde souterrain. Ils sont à la recherche de l'absolu qui se cache derrière l'absence de tout et qui ne contient rien.

mercredi 21 janvier 2026

I I I

Dans un passé assez lointain, je m'étais attelé, jaloux de monsieur Larousse et du grand Robert, à la rédaction d'un dictionnaire sans queue ni tête. Mon premier travail avait été de disséquer les lettres avant de m'attaquer aux mots. J'en reprends une que j'aime bien,I.

I est une sacrée lettre, la seule à se tenir debout. Pour se démarquer, elle n’hésite pas à se mettre un point où vous savez.

Voyelle entre toutes, I est incomparable, pas seulement par sa forme épurée, très class toute en étant design, mais par toutes les qualités que n’ont pas les pauvres autres.

Je ne vais pas transformer l’alphabet en palmarès mais, pour vous donner une idée de sa supériorité – au cas où vous seriez un anti-i – je vais m’y appliquer un instant.

-       « a » est tout fier d’être le premier de la classe. Mais à quel prix. Que de compromissions pour occuper le double de pages dans le petit Robert. Tant de mots tristes à dire, à écrire : abaisser, accabler, achever, abattre, abêtir, abasourdir, accident, adieu, altérer, amertume, affront, avide, avilir. J’arrête car je n’en peux plus.
 
-       «  b » suit le a et ne l’améliore pas. Son son est à sa mesure avec un bêlement du plus mauvais effet. Il abêtit, abaisse, abat, abolit, abrutit. Il abuse de sa position. Elle est usurpée, je l’abandonne.

-       « c » a la troisième place du podium, cet « o » mal formé ne mérite pas son succès. Consonne très utilisée, c ne grandit pas la langue française. Se faire traiter de c… même grand, même beau et même petit et pauvre, ça marque pour une vie, fait perdre un ami, peut conduire au duel, au suicide.
 
-       « d » est une lettre hasardeuse. Elle fréquente les comptoirs, occupe le temps des ivrognes tabagiques qui n’ont que ça à faire entre deux brèves, un pastis, un pousse-café en attendant le tiercé après le quinté plus.
 
-       « e » : seulement un petit mot pour lui. C’est le chouchou des voyelles, le mieux traité. Il se faufile partout. Opportuniste, servile, terne, incolore, inodore, « e » est souvent muet. Pour retrouver un peu d’éclat, il se coiffe d’un accent grave ou aigu. Il ne craint pas le ridicule avec ce sombrero en forme de toit circonflexe, façon pagode.
 
-       Je sauterai au « o ». C’est un gros balourd, toujours stupéfait. J’ai essayé d’en parler mais il m’a échappé pour rouler sous la table. Heureusement un homonyme plus distingué était disponible (voir O comme EAU).
 
-       Je terminerai sur « u ». Son parti est minuscule (11 pages). Souvent en mauvaise compagnie, il forme des syllabes malsonnantes que je préfère éviter pour ne pas choquer.


La digression est terminée. « I » mérite sa vraie place, la première, parce qu’il donne à tous ses mots légèreté et gaîté. C’est dans sa nature, il est né pour rendre optimiste, joyeux, rieur. Regardez-vous en faisait i-i. Les commissures se relèvent, les lèvres s’entrouvrent, la bouche prend une forme à concavité supérieure, les zygomatiques s’apprêtent à l’action et vous à sourire, voire à rire. Médicament miracle, il dilate la rate, combat l’acidité, efface les idées noires, favorise la digestion, fait baisser la tension en supprimant le stress. Enfin, cerise sur le gâteau, il fait baisser le cholestérol et repousser les cheveux.

Avec un ou plusieurs, la phrase devient plaisante à dire, à entendre. L’ambiance s’apaise. Imbécile, idiot deviennent des mots doux (à comparer avec con, sot, emmerdeur, bâtard, paltoquet, etc., des pauvres types à déclarer la guerre).

Son double grec prouve qu’il est accueillant, hospitalier, aimable à l’étranger, prêt au mariage mixte. Intelligent, il avait tôt compris que pour passer du bas français à celui des lumières, il fallait se métisser et accepter l’immigré.

I rend hilare le colérique, intarissable le conteur, idéale l’aimée, idyllique le paysage, irrésistible Don Juan, illusoire l’illusion, imprudent l’impudent.

J’en ai fini avec le “i”. Merci au mistigri et i, i, i, hourra !

LA LEÇON

Pour tenir le cap, face au vent debout, il faut louvoyer sans rien casser dans les amures. Ceux qui n'ont ni l'un ni l'autre, virent de bord, filent grand largue, surfent sur les déferlantes et rentrent au port, fissa. En mer comme ailleurs, il est plus facile de reculer que d'avancer.

ORIGINE DE L'IDÉE

Les idées ont besoin de mots pour se mettre en forme et il suffit de les sortir du dictionnaire où elles attendent, assoupies, d'être assemblés pour prendre connaissance de leur fond.

mardi 20 janvier 2026

POURQUOI ON EST COMME ON EST

Il y a une raison à tout et c'est parce que l'on a faim que l'on mange, que l'on a soif que l'on boit, sommeil que l'on dort, que l'on court si on est pressé par le temps. C'est un ordre qui nous est donné pour satisfaire un besoin, une envie, une habitude. Tous nos choix sont prédéterminés par une instance supérieure qui décide de l'action. 

Qui commande ce chef d'orchestre? C'est le genre de question que se posent ceux qui aiment s'en poser. Est-ce raisonnable? Non et cet exemple reproductible le démontre. Une question: le choix d'un métier est conditionné par quoi? Big question, n'est-il pas? Posons en une: pourquoi cet ex-jeune homme est-il devenu général? Réponse en plusieurs temps: après voir été colonel et être passé par saint Cyr qui lui a mis le pas à l'étrier après un stage à Saumur, à  l'école de cavalerie et des blindés. Sa vocation militaire ne lui était pas tombé dessus à l'occasion d'un voyage à Damas mais par une vénération juvénile pour les exploits de Roland à Roncevaux, de Bayard, l'épopée napoléonienne, la charge de la brigade légère, la lecture des trois mousquetaires, les défilés du 14 juillet, la prestance de l'uniforme, le souvenir des batailles homériques menées à la tête de ses soldats de plomb. Comment résister à tant de sollicitations et ne pas finir dans la vieille peau de vache d'un plus ou moins étoilé. 

On arrive tous à la retraite à la suite d'un enchaînement de ce genre de causes suivis d'effets qui ne doivent rien au hasard, à la chance et tout à un déterminisme inexorable qui ne laisse aucune liberté à l'athée de devenir curé, au gendarme de devenir assassin, au juge de devenir prévenu, au voleur de devenir scaphandrier. La force des choses, la logique, la raison, l'éducation, l'hérédité, les rencontres, la situation; l'intelligence, la nature choisissent à l'insu de notre plein gré  notre métier. 

À la fin, on est ce qu'on ne pouvait pas ne pas être.

UNE INTERROGATION INUTILE

"Faudra-t-il attendre le futur de l'avenir pour avoir les réponses et les solutions aux questions et aux problèmes?"

"Non, attendons seulement son présent".

LA QUESTION ÉPINEUSE

À quoi s'intéressent les gens qui ne s'intéressent pas aux choses intéressantes?

lundi 19 janvier 2026

DE TOUT UN PEU

Si les facultés de médecine avaient celle de guérir, elles porteraient mieux leur nom et l'on n'aurait plus besoin de médecins.
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Ce que j'aime dans le pain frais, c'est qu'il n'est pas rassis.
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Si ceux qui disent avoir raison se rappelaient le nombre de fois où ils ont eu tort, ils se tairaient.
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La difficulté avec les idées, c'est d'en avoir.
Il y a des gens qui gravissent l'Himalaya comme je monte l'escalier, qui ont réponse à la question impossible, qui résolvent le problème insoluble, qui n'ont pas besoin d'être un chef pour commander la brigade, qui se font obéir à l'œil sans lever le petit doigt. Ils ne font malheureusement pas de politique  et ils excellent partout sauf à l'endroit où l'on aurait besoin d'eux.

DONALD TRUMP

Trump est entré dans l'histoire majuscule où il est en train de se faire une place à côté des prédateurs qui, depuis Alexandre, partirent à la conquête  du monde pour satisfaire une curiosité, une ambition, une envie, un besoin.

Ils s'appelèrent César, Attila, Gengis Khan, Napoléon, Staline, Hitler.  Les colonisateurs, depuis 1492, espagnols, portugais, anglais, français pour l'essentiel, étaient de la même race, sous un nom différent. Tous voulurent élargir leur pré carré à la dimension du monde et partirent à sa conquête.

Aujourd'hui, le président des États-Unis joue ce rôle. La vocation est tardive et il a attendu le troisième âge, celui de la retraite, vécue normalement dans un petit Liré, loin du mont Palatin, pour entrer au Capitol, dans le sillage des empereurs,  du Führer et des autres. Les armes, la méthode, les paroles, rien n'a changé, seule la force compte et elle est d'autant plus efficace que  l'adversaire est faible, divisé, lâche,  a été acheté ou s'est déjà vendu. 

Nous avons la malchance de voir à l'œuvre, en prise directe, un héros  nietzschéen qui se moque de la morale qu'ont inventé les faibles pour dominer les forts, qui affirme, étale sa force, son pouvoir, affiche sa volonté de puissance en proclamant qu'il redonnera à l'Amérique une grandeur qu'elle n'avait pas encore perdu et le montre en accroissant la surface de son pays en partant à la conquête de nouveaux territoires. Face à ses interlocuteurs habituels, ceux qui lui rendent des visites, lui parlent au téléphone, le supplient, l'implorent, lui font des cadeaux, offrent une médaille, des lingots, vont à Canossa, il joue au surhomme, crée ses valeurs, en changent au gré de son humeur ou de l'intérêt du jour. 

Mais là où Napoléon avait les anglais, les autrichiens, les russes qui se battaient pour ne pas changer de citoyenneté au prix de leur sang, là où Hitler se heurtait à des héros qui résistaient avec des grenades et de la mitraille, Trump ne rencontre que des larves à la mentalité d'esclaves.

Qu'il se dépêche de profiter de ces heures de gloire car tous les empires finissent dans la débâcle, tous les tyrans d'un moment achevèrent leur parcours glorieux misérablement dans l'horreur d'une mort lente ou violente, emprisonné, empoissonné, suicidé, saigné, pendu par les pieds.

Nous ne lui souhaitons rien de tel, ne lui voulons que du bien. Nous aimerions qu'il fasse de l'Amérique le pays qu'Hollywood a vendu. Que la réalité soit fidèle à la fiction et qu'il arrête de faire la guerre, de prêcher la haine, de diviser au lieu de régner par la paix qu'il est le seul à pouvoir imposer.

dimanche 18 janvier 2026

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a ceux qui observent, enregistrent, se taisent et n'interviennent que pour éviter une noyade, éteindre l'incendie du voisin, l'aider à sortir du pétrin et retournent vaquer à leurs affaires. D'autres, des interventionnistes, ont la science infuse et la réponse à tout. Ils savent, s'interposent dans  le problème, en deviennent un élément, le compliquent, le rendent insoluble, provoquent une catastrophe. Ils finissent en victimes triomphantes de leur volonté de faire le bonheur des autres au dépens du leur. 
Les actes manqués hurlent leur message. Ils révèlent tout, la vérité, en particulier. 

SUITE

Je reprends comme prévu la suite de mes révélations sur la prochaine révolution stratosphérique. 

J'en connais les principes qui précèderont et conduiront à sa mise en pratique. Le premier est la simplification et le transfert ne concernera que le nécessaire et le suffisant qui habitent le cortex, soit le tiers du poids du cerveau (500 grammes chez l'adulte qui ne souffre pas de microcéphalie). C'est le siège des 8 fonctions cognitives supérieures. Ce sont, pour rappel, les mémoires, les langages, l'attention-concentration, le raisonnement, la fonction exécutive, l'imagination, la perception, le jugement. Tout le reste est accessoire, induit de biais qui amoindrissent l'intelligence. La sexualité est l'exemple type: l'eunuque en est dépourvu et n'est pas idiot car les hormones n'affectent l'esprit qu'au travers de leurs effets organiques. Leur absence est libératrice. Tout ce qui est indispensable est concentré dans 16  des   86 milliards de neurones qui inter-réagissent constamment. Ce chiffre qui  paraît énorme  explique les performances formidable du cerveau humain capable de créer la Divine Comédie, les fables de La Fontaine et d'élire Donald Trump. Comparons le maintenant aux capacités qu'aura le cerveau quantique dès sa naissance:

- il est capable d'effectuer des milliards de calculs en simultané réduisant des années de réflexions humaines à quelques micro secondes.

- il teste toutes les combinaisons en même temps et s'auto-corrige dans l'instant tandis que nous essayons des solutions qui dépendent d'une  mémoire associative déficiente.

- sa mémoire est énorme et il relie les information instantanément avec une qualité dans l'interconnexion qui nous est inconnue car la nôtre est fragile, limitée.

- la superposition quantique permet de mélanger des milliers d'idées sans fatigue car il n'est pas freiné   par la biologie et la physiologie. Le cerveau humain  n'en traite qu'une à la fois.

La messe est dite et le dernier né du génie humain va croquer son géniteur dès qu'il en recevra la demande. Je ne sais pas quand exactement mais certainement avant qu'un octogénaire devienne centenaire. 
Je vous dirais ce qu'il adviendra dès que j'y aurai réfléchi.

samedi 17 janvier 2026

UCHRONIE QUANTIQUE

C'est encore top secret, personne n'en parle, secret défense. Je lève le voile, demain, le secret sera de polichinelle: le transfert de personnalité est dans les tuyaux, il est presqu'au point. Ce n'est pas une avancée, une révolution mais une suite logique. L'IA en vieillissant est passée de l'enfance, période où elle a subi un entrainement intensif, un bourrage de crâne, digne d'une préparation pour entrer à Normale Sup ou à Polytechnique à une adolescence sans crise car vivant en vase clos, à l'abri, sans père ni mère, ni personne pour la cajoler et la brutaliser, elle a vécu ces années d'apprentissage dans une bulle. Elle n'a donc développé aucune subjectivité, totalement connectée à son devoir de savoir. N'ayant, faute de bras et de jambes, aucune activité fatigante, elle peut vaquer à ses travaux sans entrave ni limitation. Reine de l'abstraction, ne dépendant d'aucune croyance, philosophie, idéologie, n'obéissant qu'à la logique la plus formelle, elle reste inhumaine car navigant dans l'abstrait, elle n'a rien d'organique et n'a pas les faiblesses de l'homme qui, faute de mieux, en a fait des qualités, la principale étant la souffrance. Ses ennemis disent aussi  qu'elle est dépourvue de sagesse, de raison et se tromperait encore souvent dans ses conclusions et ses affirmations. Ces manquements ne la discréditent qu'aux yeux de ceux qui disent être sages, pétris de raison et ne jamais se tromper. Ce genre d'individu a la crédibilité d'un aliéné du dernier degré. Ils ne traduisent qu'un déficit dans sa logistique et il va être bientôt réparé  par le remplacement de son ordinateur numérique par un quantique aux performances stupéfiantes au point de dépasser notre imagination. Dotée de superpouvoirs qui mettront notre intelligence proche de celle du macaque hurleur, ce que nous appelons sagesse et raison, valeurs que nous nommons mais sommes incapables d'exercer, n'auront même plus de raison d'être car elles seront incluses dans son  principe d'origine. L'IA qui va nous donner les moyens et la façon de procéder au transfert est en gestation et attend que l'ordinateur quantique achève sa mise au point et soit mis à sa disposition. 

PS: demain ou un autre jour, je révèlerai les utilisations et les perspectives  de cette opération dont les conséquences sont totalement ignorées de ceux qui l'ont rendue possible et des autres.

UN INGRAT

J'ai du mal à transcrire ce que je voudrais dire  car les mots  ne pensent pas exactement ce que je ressens. Ils sont plats, inertes alors que le souvenir est vivant, rebondi, que mon émotion est vibrante, a un volume, est boursouflée, change de forme. Ils sont statiques, immobiles, s'écrivent toujours de la même façon. Ils me déçoivent, ne sont pas à ma hauteur, n'ont pas ma profondeur et je m'en veux d'avoir besoin d'eux. 

ÇA, C'EST BEN VRAI

 Ce qui importe, ce n'est pas ce qui est important mais suffisant au nécessaire.
Continuons de ne pas suivre notre première impression quand elle est mauvaise, mais, depuis Macron, ne la suivons pas quand elle paraît  bonne.

PS: aujourd'hui, même l'espoir ment.

vendredi 16 janvier 2026

DE TOUT UN PEU

 Une certitude est une conviction qui aimerait être une vérité.
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On doute si on croit que la vérité est un mensonge bien déguisé.
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Pour certains, rien n'est vrai et pour d'autres, tout est faux. Pense-t-il la même chose, vous demandez-vous, anxieux. Une réponse possible car plausible: NON, la une accuse l'absence, la deux l'excès.
La faim et la soif sont mauvaises conseillères; elle donnent envie de manger et de boire au-delà du raisonnable.
Quand j'entends ce que je dis, vois ce que je fais, lis ce que j'écris, je m'interroge sur ce à quoi je pense.

LES TROIS LOIS DE NEWTON

Si, au cours d’un mauvais repas, pour dégeler des convives englués dans la mastication de leur déception, vous souhaitez accomplir une œuvre charitable, élevez leur esprit en orientant la conversation vers un sujet  inoffensif: ni madame Macron, ni Trump, ni Netanyahou, ni Poutine, ni politique, ni religion, ni philosophie.

Tentez plutôt : 
« Vous souvenez-vous des lois de Newton, ce savant anglais passé à la postérité par sa gravité ? »

Ne laissez pas s’installer l’instant de vérité — neuf fois sur dix un moment de consternation générale — et ajoutez charitablement que tout corps persévère dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme tant qu’aucune force extérieure ne s’exerce sur lui.

Ce principe d’inertie (première loi de newton) s’applique admirablement à la psychologie : il explique notre entêtement à conserver habitudes, croyances et comportements, et notre refus obstiné du progrès tant qu’aucune contrainte suffisante ne nous oblige à changer. 
Observez alors la réaction. Soit vous avez capté l’attention de tous — cas rarissime — soit celle d’un seul, en général votre vis-à-vis, captif sans issue de secours. 
Vous embrayez alors sur la deuxième loi, que vous maîtrisez, ayant travaillé sa rhétorique et affûté sa dialectique. D’une voix nette, vous assénez :
«La variation du mouvement est proportionnelle à la force appliquée et s’effectue dans la direction de cette force».

Elle fonde le principe fondamental de la dynamique qui est transposable à la psychologie où l'on constate que le changement psychique est proportionnel à l’intensité de la contrainte et inversement proportionnel à l’inertie mentale. Ainsi, une faible contrainte transforme aisément un esprit souple, tandis qu’une forte demeure sans effet sur un esprit obtus. 
Si cette conclusion n’a pas réveillé l’assemblée — le collège laisse des séquelles durables : cancre un jour, cancre toujours — frappez le coup de grâce avec la troisième loi : à toute action correspond une réaction égale et opposée. 
En principe, sauf crise collective de catalepsie, cette assertion devrait susciter une réaction. Elle leur expliquera votre effort de sensibilisation à des lois qu’ils appliquent fort mal, puisqu’ils opposent à toute tentative de les modifier une force de résistance équivalente.

Toute morale appelle sa transgression, toute domination sa revanche, toute contrainte engendre opposition, révolte, radicalisation et contre-idéologie.

Le silence incrédule qui suivra votre conférence improvisée vous récompensera de votre effort inutile et rappellera à votre hôte consterné l’erreur commise en vous invitant à ce repas,  il  aura scellé la fin d’une mauvaise amitié.

jeudi 15 janvier 2026

L'ennui mortel est fatal et raccourcit la vie tandis que l'ordinaire, l'habituel, le quotidien la rend interminable. 
Il y a beaucoup de moyens, mais qu'une recette miracle qui permet d'atteindre la perfection, une ambition divine. Les illuminati pensaient la connaître. Le problème est qu'ils sont les seuls à le croire.
Ceux qui calculent des pourcentages, additionnent, multiplient, font des moyennes et des statistiques,  qui se réfugient derrière des règlements, obéissent aux ordres, suivent les directives et qui appliquent les codes ont intérêt à songer à une reconversion dans la plomberie, la cuisine, la réparation des trottinettes, des vélos et des robots, l'apiculture, la capilliculture, l'entretien des bornes électriques. Leurs jours sont comptés. Le chômage va bientôt s'inscrire sur leur CV. Pour y parer et échapper à un destin si cruel, commencez dès maintenant un apprentissage express aux Compagnons du tour de France, du devoir, à l'école du Cordon Bleu, à celle de Lenôtre, à l'institut Paul Bocuse. Sorti de chez eux, vous êtes sûr d'être, demain, non plus des quémandeurs mais des seigneurs.

PS: compte tenu de la postulence qui vient du monde entier, il sera de plus en plus difficile de trouver une place à table. En vous recommandant de moi, vous augmentez vos chances.

mercredi 14 janvier 2026

Comment arrêter de voir ce mur lépreux qui n'arrive pas à cacher ce sinistre individu qui se regarde dans moi, gémit la glace!!!!

UNE ÉPOQUE FORMIDABLE

Nous vivons une époque épouvantable où la folie humaine n'a jamais atteint une telle furiosité. Sa rage à massacrer son habitat à la tronçonneuse et au bulldozer, sa hâte à se faire remplacer par des robots moins bêtes qu'elle n'est, sa volonté à aller souffrir dans l'espace conduit au désespoir absolu dans l'indifférence de tous ceux qui n'applaudissent pas.
Si on veut être riche bien qu'étant pauvre, il faut fuir les relations toxiques, prendre ses précautions, faire attention, avoir des occupations plaisantes, de bonnes fréquentations, de l'ouverture d'esprit, de la curiosité. On accumule de la sorte des biens immatériels, de qualité, gratuitement, inusables. Ils n'occupent pas de place, sont changeables, jetables, remplaçables, non imposables.                                          

 Les soucis appauvrissent non parce qu'ils vident le portefeuille mais parce qu'ils chassent de l'esprit les souvenirs agréables, les pensées stimulantes et les remplacent par des ruminations déplaisantes.

LES PRINCIPES

Les principes durs et purs n'existent plus en physique depuis qu'elle est quantique et ailleurs seulement en théorie. Ils sont incompatibles avec la réalité qui est fluctuante, changeante, mouvante. La rhétorique et la dialectique en usent abondement et ils sont gravés dans le marbre, proclamés, acclamés. C'est en   leur nom qu'ils enflamment les foules, se font élire, déclarent la guerre. Ce ne sont que des grands mots qui font croire des illusions et n'apportent que des déceptions.

mardi 13 janvier 2026

CHAPEAU

Bravo, vous avez réussi ce qui a été impossible à beaucoup: atteindre le bout de l'année sur vos deux pieds. Félicitations, vous faites partie des heureux qui ont survécu aux épreuves, surmonté les obstacles, évité les dangers, échappé aux microbes, aux virus, aux voitures, aux balles perdues, aux assassins du dimanche, aux accidents mortels, aux chutes fatales. Vous êtes un maître dans l'art de l'esquive, savez choisir les bons chemins, prendre les bonnes décisions. Superhéros modeste, discret, 2026 passera son chemin sans vous toucher comme un waterproof sous la pluie.
La servitude protège de la liberté ceux pour qui la soumission est une condition du bonheur.

À SUIVRE

Les réflexions désobligeantes que l'on tait pour ne pas passer pour ce que l'on est et continuer de paraitre de bonne compagnie ont le mérite de nous faire penser à une vérité qui n'est pas bonne à dire mais utile à avoir car elle permet de maintenir la paix intérieure en activant une soupape de sureté qui dégaze l'esprit de son trop plein d colère rentrée et lui fait garder une sérénité qui détend les muscles horripilateurs du visage, réduit l'acidité stomacale, la sécrétion de l'adrénaline et du cortisol, diminue la tension artérielle et fait dormir tranquille avec de beaux rêves. Que du bonheur dirait l'autre....
Il est dans l'ordre des choses que celui qui ne reconnaît pas le bien ne voie pas le mal et comme la même cause produit le même effet, le laid lui paraîtra beau, le bon mauvais, le vrai faux et, pour lui, il n'y a pas de différence entre le  sale et le propre. C'est l'époque qui le veut puisque voir clair devient une faute, nommer une violence, juger un crime.

lundi 12 janvier 2026

RECOMMANDATION

On ne peut pas faire de chaque repas un repas de gala. Il faut laisser le  tube digestif se reposer et ne pas l'accabler d'un excès alimentaire. La  santé n'y résiste pas, ceux qui mangent trop encombrent les soins palliatifs. De la même façon, notre esprit ne peut survivre à de épiphanies permanentes. Les grandes idées, les pensées prodigieuses, les réflexions ébouriffantes  qui exaltent, font exulter, enthousiasment, transportent au huitième ciel, fatiguent, indisposent, rebutent. La sidération provoque un épuisement  qui aboutit à un anéantissement du sens commun.

Dans tous les cas, la modération est recommandée. Il y va de l'indépendance  de notre corps par rapport à l'avoir et de notre âme vis à vis de l'être. Pour tout supporter, rien ne doit dominer.

HOMMAGE

Gloire, santé, prospérité à ceux et à celles qui sacrifient aux devoirs matinaux et se lèvent tôt pour aller vaquer aux soins de la communauté encore endormie dans de beaux draps. Ils se précipitent cahin-caha, clopin-clopant au travail et remplissent les étagères, vident les poubelles, ouvrent les enveloppes, serrent les boulons, répondent au téléphone, aux clients, aux questions, aux demandes, réparent les voitures, les coupures, bouchent ou remplissent les trous, usent leurs yeux, leurs semelles, leur patience, préparent le café, font la vaisselle et consacrent leur jeunesse, leur vieillesse, aux autres qui dorment, se reposent, s'amusent, digèrent, regardent, chantent, méditent, ne pensent à rien, qu'à eux, tous des salauds, des salopes, des parasites, des retraités de la fonction privée ou publique qui, après une vie à se tourner les pouces font de celle de ceux-là un océan de fatigues, de souffrances, d'ennuis, d'accidents domestiques, de travail, de trajet pavé d'insultes, de mépris, d'un salaire de misère. Ouf et basta...
L'entrée en matière est le premier service rendu au lecteur ou à l'auditeur. Elle introduit le sujet en essayant de le rendre attractif pour capturer  l'attention et conduire le captif jusqu'à la fin qui précède la sortie.

ENFIN LIBRE

Un des avantages d'atteindre le grand âge est que l'on n'a plus besoin de jouer la comédie, de faire semblant, de simuler, de ressembler à ce les autres désiraient que l'on soit: un bon fils, un bon père, un bon travailleur, un homme de bien. Plus on se rapproche du moment où on sera débarrassé du monde, plus on est libre, pur, léger, dépouillé du jeune homme plein d'illusion, de l'envie de plaire, d'obéir aux canons de la société. Tout ce fatras empêche de penser, de dire, de faire pour paraître, impressionner, être accepté. On n'est plus obligé de se mentir, de se trahir, de tricher.
Il y en a qui aiment se lamenter après un méfait pour le plaisir masochiste d'actualiser le souvenir et de subir la double peine.  

dimanche 11 janvier 2026

UN PLAISIR SOLITAIRE

La conversation que l'on se tient ne prête pas à discussion et n'est émaillée d'aucune objection, réflexion, opinion . Elle ne s'interrompt que par une chute dans le sommeil, une raison impérieuse, une fatigue subite, une sonnerie d'alarme. Elle se termine par un consensus unilatéral de haute tenue et peut se poursuivre agréablement dans un rêve euphorisant, l'appel du croissant dans un chocolat chaud, la demande impérieuse de caresses d'une chatte enamourée.

LA QUESTION

La force, le pouvoir, la puissance de l'esprit ont des dimensions qui surpassent l'imaginable. Pour les approcher de loin, il suffit de se rappeler  les actions et  réalisations des tyrans et des apprentis-tyrans. C'est au nom d'une ambition, d'un obsession, d'une idéologie, d'une religion que leur cerveau a décidé des guerres, des génocides, des exécutions de masse, ont enfermé dans des prisons, des goulags, des camps de concentration, d'extermination,  décrété la famine,  organisé la pauvreté, envoyé en exil,  à la mort par millions.

Ces psychopathes pervers narcissiques indifférents au mal et au malheur qu'ils répandent  souffrent-ils quand ils se cognent, connaissent-ils la faim, la soif, l'angoisse, la frustration, ont-ils des sentiments, sont-ils humains? 
 Il y a tous ceux qui:

- dans la lumière, comptent sans donner.

- se reposent de la fatigue des autres,

- méprisent ceux qui les servent, les soignent, les protègent,

- ne remercient pas ceux qui les ont fait riches. 

Pour ne pas les offenser, nous ne parlerons pas de ceux qui, dans l'ombre, agissent sans compter.
Essayer, tenter suffit à ceux qui aiment se faire peur ou se satisfont de peu. Ils se contentent d'une tentative  et prennent une licence mais ne s'entraînent pas, s'abonnent mais ne lisent pas, réservent mais ne confirment pas, leur premier pas est le dernier. Pathétiques, ils ne sont pas dangereux. Velléitaires, l'envie suffit à leur plaisir. 

samedi 10 janvier 2026

INSTANTS DE VÉRITÉ

Les instants de vérité sont rares, précieux, cruels. Ils montrent le vrai visage des choses et des gens. Quand la bulle éclate, que le vernis craque, que la foudre tombe, que le tocsin sonne, la vérité explose, les yeux voient, les langues se délient: le roi est nu, la bourse s'effondre, le ménage se brise, le fusil tire, le moteur s'arrête. On apprend qui était le coupable, le corrompu, l'innocent, la victime, que valait le produit.

Ils sont importants, cruciaux, indispensables car ils affranchissent, délivrent, libèrent, soulagent. On peut se débarrasser enfin des objets qui ont prouvé leur inutilité, couper les liens qui entravaient. 

Ils surviennent inopinément, par accident, inadvertance, calcul, oubli des convenances, trahison de l'habitude du silence, sous le coup de la colère, de la fatigue, du hasard.

Ils sonnent  la fin  d'une relation toxique, d'une amitié usurpée, d'un amour évanoui depuis longtemps. Ils  révèlent la vraie nature des choses, leur intérêt, leur danger. Les illusions les plus enracinées l'attendent pour s'envoler. 

L'instant de vérité mérite notre reconnaissance car il a l'immense vertu de nous ouvrir les yeux et nous force à voir la réalité. Le choc peut être insupportable quand on devient orphelin du mensonge.

PS: nous venons d'en vivre un en direct quand l'image de l'Amérique que beaucoup s'étaient forgés à partir des publicités qu'elle répand a volé en éclats après que  Trump, leur Césarito, les ait forcés à la voir telle qu'elle est depuis toujours en insultant le monde, en s'en moquant, en bafouant les traités, la morale, les lois internationales, en ridiculisant ses propres institutions.
Ce qui donne à l'avenir son côté futuriste inquiétant, c'est la certitude qu'on sera dans un monde qui ne ressemblera pas au présent. Il aura changé alors que nous, on sera restés les mêmes, seulement vieillis mais dotés des mêmes capacités aussi limitées qu'aujourd'hui. Le déphasage sera abyssal et il faudra s'adapter, contraints, forcés par ce qu'ils appellent le progrès qui est aveugle, inconscient, irrésistible, irréversible, indifférent, insensible, dictatorial, inhumain. Dans quel état, il nous mettra?
L'indifférence qui précède la surprise qu'on n'attend pas a, par définition, une intensité nulle tandis que l'étonnement qui la suit est à un maximum qui va decrescendo jusqu'à rejoindre la planitude dont fait état le premier mot de cette réflexion si intéressante.   

SORRY

Pour avoir l'âme en paix, l'esprit tranquille, le corps au repos, il faut de la théorie, de la technique, de l'entrainement, de la pratique mais pas que. Le truc en plus, décisif, est un secret bien gardé par un moine tibétain caché à Romorantin et les gardiens de la révolution silencieuse. Ils m'interdisent de vous le révéler.

vendredi 9 janvier 2026

DE TOUT UN PEU

Je garde en réserve ce que je ne fais pas pour le temps où je ne saurai pas quoi faire.
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Ce qui n'est ni ici ni là est, en général, ailleurs.
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Pour savoir qui on est, il faut pratiquer des déductions soustractives qui définissent ce qu'on n'est pas.


FAISONS UN RÊVE

Si les soucis, les tracas, les ennuis qui rendent le monde triste, éprouvant, désagréable étaient remplacés par la joie, le bonheur, le plaisir, la Terre serait en bonne santé, les vœux exaucés, et y vivre serait possible. Pour atteindre cette ataraxie, où tout est en équilibre et en harmonie, il faudrait que Chronos cesse de combattre Kairos, que le temps imposé, linéaire et pesant, laisse place à l’instant où la vie se donne pleinement. Plus de religions, plus de politiques, plus de philosophies : seulement la joie et le bonheur, simples et purs, vivant dans l’immédiateté du Kairos. Il ne resterait des mathématiques que l’addition et la multiplication et, de la chienlit,  le souvenir.

VICE VERSA

Je soupçonne les gens qui affichent une grande vertu de se cacher derrière elle pour pratiquer en toute impunité et indignité leurs vices tandis que ceux qui montrent leur peu de  vertu avec discrétion auraient  le courage, la  force, la  liberté d' étaler leurs vices s'ils en avaient. 

LA CATASTROPHE EXPLIQUÉE AUX NULS

La catastrophe provoquée par l'accident est la conséquence d'une erreur de direction, de fabrication, de manutention, d'attention dont la principale caractéristique est qu'elle aurait pu être facilement évitée avec un simple coup d'œil jeté par précaution. 

jeudi 8 janvier 2026

LE BON CONSEIL QUE PERSONNE D'AUTRE NE VOUS DONNERA

L'excès de consommation épuise les réserves du réfrigérateur et du congélateur, les énergies fossiles et le compte en banque mais aussi les forces musculaires dans un marathon, de conviction lors d'une discussion interminable, de caractère en tombant dans une dépression au long cours. Donc, soyez avare  et économe, gardez des réserves en restant chez vous à ne rien faire.

UN NÉRON / CALIGULA MODERNE

 Vous vous rappelez  ce vieux  conte soufiste plagié par Andersen qui raconte comment un roi était recouvert d'un tissu merveilleux mais invisible et que seul un enfant  osa dire  qu'il était nu. La vérité sort de la bouche des innocents, de ceux qui ne se cachent pas derrière l'hypocrisie de la diplomatie. Trump,  en plus de ses défauts, a cette qualité rare de dire urbi et orbi ce que  le monde pense tout bas et n'ose dire par lâcheté. En proclamant avec un mépris arrogant que l'Amérique considérait le pétrole vénézuélien comme le sien, Trump dit tout haut ce que l'Amérique fait sans interruption depuis l'arrivée des premiers colons descendus du Mayflower: le monde lui appartient. Elle s'en empare sans honte, sans vergogne, sans pitié, par l'argent, l'intimidation, la ruse, le mensonge, la force. Son orgueil impitoyable  lui donne le droit, croit-elle, d'être le gendarme du monde, de dicter ses lois, son mode de vie, son culte de l'argent, de la domination des forts. 

Trump, par inconscience, imbécilité sénile, révèle ce que les américains dissimulent depuis toujours, sous une phraséologie bienveillante, lénifiante, jésuitique. Il plastronne, provocateur, se vante d'être le président d' un pays voyou, terroriste, impérialiste dont l'état moral est pire qu'il n'était au temps des pères fondateurs, de l'époque de Monroe, car , aujourd'hui, il est aussi la victime des drogues qu'il consomme sans limites, des crimes qui remplissent ses prisons, de deux idéologies opposées qui divisent sa population en deux blocs antagonistes et l'on comprend que cette société corrompue ne sait plus ce qu'elle  se fait et fait au reste qui n'est pas américain. 

PS: le maître que les USA se sont donnés est un mélange de  Néron et de Caligula, deux empereurs romains dont la trace ne s'est pas effacée. On retrouve chez Trump leur goût du spectacle, leur mépris des spectateurs, l'amour de la mise en scène, de la provocation. Comme eux, il se juge au-dessus des lois et se moque des règles. L'empire romain survécut à leurs frasques. Il n'est pas certain que l'américain aura cette résilience.

LES VŒUX MAUDITS

Une nouvelle fois et plus que jamais, les vœux de nouvel An ont montré leur malfaisance. À peine émis, le froid  s'installe avec la neige, le verglas, les accidents de circulation , une panne d'Internet, du courant, une fuite d'eau, le manque de gaz, une grippe suivie d'une bronchite qui va sans doute dégénérée en double pneumonie qui se compliquera d'une pleurésie  purulente avant la septicémie qui provoquera une endocardite avec une méningite terminale. Ceux qui auront survécu devront affronter la guerre que Trump déclenchera  sans le savoir pour montrer qu'il est le maître des jouets que le pouvoir a mis à sa disposition.

mercredi 7 janvier 2026

Les gens qui disent "je crois avoir raison" ne diront jamais "je crois avoir tort". Ils pensent que leur intime conviction, la confiance qu'ils se portent n'ont pas besoin d'être critiquées par l'intelligence. Leur orgueil balaie toutes les défenses que la sagesse élémentaire élève dans un esprit simple contre des idées discutées.
Ce n'est pas ce que l'on pense, ce que l'on dit qui a de l'importance mais ce que l'on fait.

UNE SUGGESTION DU CYNIQUE À UN AGENT RECRUTEUR D'INTERMITTENTS DU CHAMP DE BATAILLE

Quand un conflit armé arrive au moment qui précède la signature du cessez-le-feu, il est temps de songer à chercher les démineurs et les débombeurs qui élimineront les mines et les bombes qui ont oublié d'exploser et qui gisent ici et là. Le métier est dangereux et la survie d'un tel agent ne dépasse pas les 37 minutes. Il n'intéresse que les écervelés, les têtes brulés et les suicidaires. Quoique nombreux, ils ne se précipitent pas, trop occupés à travailler chez RedBull, à skier sur une piste ultra noire ou à se promener à Soweto. Les robots spécialisés de la Légion Étrangère refusent  l'emploi par principe car contraire à leur déontologie : interdiction de se mettre ou de mettre en danger. 

Le problème serait résolu par une proposition du cynique. Il a suggéré au ministre des armées de signer un arrêté autorisant les qui de droit à prospecter les unités de soins palliatifs. On y accueille des patients en fin de vie souvent impatients de la quitter car vivre emprisonné dans un lit médicalisé, bardé de tuyaux dans tous les orifices, la peau piquée d'aiguilles pour  empêcher de souffrir, fait  vivoter dans un semi-coma qui n'a rien de jouissif. Leur donner un moyen de sortir de ce cauchemar, en pleine nature, armé d'un marteau avec le seul devoir de frapper sur le nez de la bête déjà à terre est une perspective enthousiasmante qui devrait vider tous les lits. Partir dans un feu d'artifice au lieu de mourir à petit feu donne une dimension héroïque autant que festive à cette  cérémonie des adieux. 

mardi 6 janvier 2026

ALERTE MÉTÉO

Ce matin, 6 janvier, un pardessus de coton hydrophile neigeux recouvre les champs. On se croirait à une Alpe d'Huez horizontale sans pylônes ni skieurs en train de se tamponner et  finir aux urgences. 

Même les plans d'eau ont disparu sous la neige immaculée polluée seulement par les retombées radioactives de la centrale atomique voisine.

Je me demande ce que deviennent mes carpes koïs dans ou sous la glace et si les amours blancs ont mangé assez de salades pour subsister jusqu'à la fonte. Je vous tiendrai au courant si je survis à cette période glaciaire.

 6 janvier 2026




Chez certains, la paresse, la fatigue, la faiblesse, le temps additionnent leurs effets et ils font le minimum et d'autres conjuguent leur volonté, leur courage, leur force, le temps et font le maximum.

LES NOURRITURES HUMAINES

Il y a les nourritures corporelles que l'on mange pour satisfaire nos besoins physiques: blanquette de veau, omelette norvégienne, céleri rémoulade etc.. Leur digestibilité dépend des qualités du produit et du  tube digestif. Elles sont absorbées régulièrement tout au long de la journée selon une périodicité qui dépend des habitudes et une quantité qui est une fonction dérivée de l'appétit, du portefeuille et des arrivages chez l'épicier, le boucher, le poissonnier. L'ingestion est précédée d'une préparation en cuisine qui est suivie d'une mise à table, en bouche. Il s'agit d'une cérémonie rituelle plus ou moins respectée selon le niveau socio-culturel. De qualité, elle est un gage de bonne santé physique qui, elle-même, se répercute sur le mental. Cette  remarque introduit le chapitre des nourritures spirituelles.

Elles alimentent le cerveau en idées, en pensées, en réflexions et vont lui permettre de se développer et de grandir en connaissances, en raison, en sagesse. Ces apports extérieurs sont indispensables à la croissance neuronale qui va être stimulée au point d'acquérir les bases de l'éducation. La première étape se passait dans les cours élémentaires du primaires. On y apprenais à lire, écrire er compter. On accédait ensuite au secondaire où le niveau s'élevait à l'histoire, la géographie et à de vagues aperçus sur la physique, la chimie,  la mathématique, la philosophie, un survol de la littérature en vogue les siècles précédents. Ceux qui avaient les moyens et n'étaient pas pressés de gagner leur vie embrayaient, le bac en poche, vers les études supérieures et une spécialités que l'on allait creuser pour en faire son domaine d'excellence: Médecine, Droit, Sociologie, Architecture, Économie, Philosophie etc.. Avec du vocabulaire, la connaissance du sens des mots, la capacité d'analyser pour faire des thèses, des synthèses, on était prêt à s'ébattre les uns dans le monde de la production de biens de consommation ou dans les services, pour les autres à batailler dans la société vouée aux débats intellectuels. La séparation des activités change la consommation des biens spirituel car les besoins sont différents. Les uns vont chercher l'information dans les journaux, les magazines, les émissions de variété, les manuels techniques, les autres écoutent des conférences, lisent, travaillent dans la recherche, réfléchissent avant de parler dans un jargon particulier incompréhensible aux non initiés.

Il n'y a pas que le corps qui a besoin de manger pour ne pas mourir. Notre esprit a lui aussi faim et soif. Plus discret que le corps, il ne réclame pas bruyamment sa nourriture, mais, quand elle manque, il  devient idiot, n'a pas d'esprit critique, pas de curiosité, croit ce qu'il entend, ce qu'il voit, fait ce qu'on lui dit de faire. Il est domestiqué par ceux qui ont besoin d'esclave qui obéit, achète, consomme selon les ordres. Mais, s'il a  avalé et digéré ce qu'il a lu chez Voltaire, Diderot et les autres que voici, il pourra choisir librement son chemin de vie. Il apprendra à penser contre soi-même et l'opinion avec Montaigne, avec Pascal contre l'illusion du progrès moral et approchera de la lucidité en posant l'homme comme un être étrange "ni ange, ni bête", avec Nietzche, il ne tombera pas dans la morale de troupeau. Pour structurer son esprit sans le figer, il trouvera dans Aristote la rigueur, chez Descartes la méthode, chez Kant la lucidité. Pour apprendre à vivre  avec sobriété et dignité, Marc Aurèle reste un maître. Schopenhauer lui enseignera un pessimisme salutaire, Comte-Sponville met à sa disposition, aujourd'hui, les conseils pour une sagesse honnête et claire. Ainsi nourri, l'esprit est libre, plus difficile à soumettre.

UNE OBSERVATION DU CYNIQUE

Ceux qui ne manquent de rien ne connaissent pas comme ceux qui manquent de tout ou seulement de temps, d'argent, de patience, de sommeil, l'intense satisfaction que donne le plaisir de se plaindre.

lundi 5 janvier 2026

UN CONSEIL QUI RAPPORTE

En cette période de cadeaux, pour faire vraiment plaisir et ne pas se contenter de celui d'offrir, je recommande de satisfaire une des envies de l'heureux bénéficiaire de votre admirable générosité et de proposer à son avidité ce qu'il aimerait manger, boire, lire, entendre. La difficulté est dans la connaissance de ce rêve secret. Il y a deux façon de résoudre le dilemme:

- poser la question, mais comment refuser si vos moyens ne vous permettent pas d'accéder? Donc à éviter. 

- n'offrez rien. 

Dans les deux cas, vous aurez choisi la meilleure solution. Elle évite  une dépense inutile, dispense de remerciements hypocrites, ne compliquez la vie de personne en ne vous faisant pas perdre du temps dans le magasin pour l'acheter et à l'autre d'y retourner pour s'en débarrasser. 

AVANTAGES ET DANGER DU DOUTE

Ne pas être sûr et certain introduit le doute, une interrogation qui obligent à s'informer, à creuser le sujet, à étudier. Cette expectative provoque une réaction intellectuelle qui , au final, va diminuer l'ignorance et augmenter la connaissance. L'esprit ainsi amélioré est plus apte à poser des questions, à trouver les réponses. Mieux documenté, il aura moins de problèmes et il trouvera plus facilement leur solution.

Le dilemme est, qu'à la fin, à force de travailler, de chercher, de trouver,  on finit par être sûr et certain. On risque de changer alors d'espèce et de devenir un sûr et certain. Ce péremptoire qui ne doute pas, ne s'interroge pas, a réponse et solution à tout. C'est un reflexe qui lui fait se croire savant, habile, intelligent alors qu'il n'est que prétentieux, orgueilleux, mythomane, au cerveau et mains vides.

L'EFFET BOULE DE NEIGE

Si tout  ce qui arrive et arrivera au monde est inéluctable et, comme ceci et cela sont  indépendants de notre volonté, notre désintérêt est légitime. Cette indifférence de bon aloi relève de notre ignorance des causes qui provoquent et provoqueront les conséquences de l'ordre du désastre que le monde subit depuis le début de l'éternité. La première fois où une décision malencontreuse provoqua une réaction malheureuse qui, à son tour, engendra un effet primaire négatif qui enclancha une réaction secondaire défavorable à l'équilibre des choses qui, en réaction, pour corriger le déséquilibre induit, essaya, en vain, de le contrebalancer par un effort méritoire mais légèrement supérieur qui, par résonance , amplifia l'erreur au lieu de corriger la malfaçon. Cet enchainement délétère fut en ses temps et lieux à l'origine de la chute de l'empire romain d'occident, de la guerre de cent ans, de la révolution française, de la colonisation, des guerres de décolonisation, de l'élection de Poutine, Macron, de celle de Trump, la montée en puissance de l'extrême orient. Pour le futur,  nous pouvons déjà prévoir quelques suites du même genre avec, à une date indéterminée: la chute de l'union européenne, une guerre de cent ans, la révolution numérique, la colonisation chinoise, la guerre de décolonisation américaine, les élections  de Poutine, des Le Pen un peu partout, la montée en puissance des robots.

Nous sommes donc avertis de ce qui va se passer, et si nous continuons de feindre l'ignorance, de nier l'évidence, de refuser de voir la réalité, de répéter les mêmes erreurs, d’agir contre l’avenir et nos intérêts, de pratiquer un aveuglement volontaire, c’est le fait d’une bêtise personnelle totale, d’une inconscience collective globale, prolongements naturels de la servitude volontaire. Ainsi, tout se répète non par fatalité aveugle, mais par entêtement lucide et imbécile. Nous savons, et pourtant nous faisons comme si nous ne savions pas. Nous voyons les chaînes se forger et nous les appelons progrès. L’histoire n’est plus une tragédie née de l’ignorance, mais une farce entretenue par le refus de comprendre que ce qui est déjà arrivé va se reproduire. L’indifférence devient alors une hygiène de l’esprit face à une humanité qui ne veut pas voir que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

dimanche 4 janvier 2026

LE CONSEIL

Il y a ceux  qui veulent et ceux qui peuvent  et leurs opposés ceux qui ne veulent ni ne peuvent. Ces derniers sont les plus intéressants.

Ils ne veulent pas croire ce que vous dites, voir le film que vous  recommandez, lire le livre que vous  conseillez,  considérez votre position, votre proposition. Une seule explication: tout en vous est, pour eux, exécrable. C'est donc par principe et indépendamment de tout critère objectif, qu'ils opposent un refus. La politesse peut le déguiser, le temps de la conversation, avec un acquiescement pouvant aller jusqu'au remerciement enthousiaste.

Ils ne peuvent pas croire ( pour la suite, voir plus haut). Leur refus est  moins  offensant mais plus trivial. Le motif est un empêchement qui est soit monétaire, soit intellectuel ( il ne lit pas, n'aime pas le cinéma, la peinture, la musique), ne comprend pas ce que vous dites par défaut de vocabulaire, de culture, d'éducation, de patience). Ils ont des incapacités spirituelles, physiologiques, physiques avec, à la base, un manque de curiosité abyssale. 

Ils sont faciles à diagnostiquer par l'interprétation de leur seule mimique. Elle trahit de façon éloquente leurs intentions ( pour en savoir plus, voir le livre de  Rita Karanauskas " Cazamentiras", Intermedio editores S.A.S.) Sitôt débusqués, arrêtez de perdre votre temps à parler avec eux d'autres choses que de la pluie et du beau temps.