Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


samedi 21 février 2015

UNE PROFESSION DISTINGUÉ :PARTIE 3,LA VERTU (suite et fin)


Le temps est venu de donner la parole à un grand menteur, l'avocat de la défense.
« Mesdames, messieurs le mensonge ne doit pas être confondu avec les menteurs. Il a des vertus qui rendent le monde et la vie supportables et c'est ce que nous démontrerons.
 C'est un effort méritoire que fait l'inconscient en faveur du conscient pour l'adapter et transformer la vérité insupportable en une vérité tolérable, provisoire qui facilite le rapport social, permet de se présenter sous un jour favorable, de gagner au lieu de perdre. Il devient une nécessité et un geste charitable pour sauver l'image qui fera plaisir à ceux qui en ont besoin.
 Le mensonge a des vertus que les menteurs n'ont pas. Ils en profitent, c'est leur salaire et, pour eux, le principal.
Le mensonge à un double rôle comme  acteur de la comédie sociale et facteur de paix sociale et, au plan individuel, il contribue à l'équilibre intérieur, sauvegarde l'estime qui permet de se supporter et d'éviter le suicide qui fait si mal à ceux qui restent.
Je vous suis trop respectueux pour vous encombrer des piteux mensonges de ces misérables menteurs qui ont défrayé et défrayent la chronique parce qu'ils n'ont aucune des qualités qui sont l'apanage des beaux, des grands menteurs, les seuls qui méritent votre intérêt. Ils leur manquent de la suite dans les idées, du courage, de la volonté pour résister à l'envie de parler, de se vanter, de se confesser. Ils n'ont aucune fiabilité et sont incapables de se taire, de garder un secret. Ils sont aussi médiocres que les médiocres qui les emploient.
Les menteurs respectables sont ceux qui respectent leurs mensonges, qui ont confiance en la crédibilité de leurs mensonges. Ils sont de grands illusionnistes, de parfaits hypocrites, Ils ont aussi des qualités intérieures exceptionnelles. Elles leur permettent de rester serein, en paix avec eux-mêmes, de ne pas avoir de remord, d'état d'âme, facteur de dépression Tout le monde n'a pas cette force de caractère. Même un entraînement débuté dans l'enfance par des peccadilles répétées ne garantit pas la réussite.
                                         CONCLUSION

N'est pas un grand menteur qui veut et seuls devraient être commis des mensonges parfaits, indétectables, irréfutables. Ils sont les seuls qui ne troubleront pas l'ordre établi et la paix du ménage. Le discrédit dont souffre le mensonge est dû à la médiocrité de la majorité des menteurs professionnels et, malheureusement, à celle de ceux qui les croient.
Nous terminerons notre plaidoyer par un constat qui réjouira les âmes scrupuleuses. Il bénéficie d'une indulgence plénière puisqu'il ne fait pas partie de péchés capitaux. L'église, dans son extrême sagesse et forte d'une expérience inégalée en la matière a compris que le mensonge avait une qualité quasi-sacerdotale. Elle l'a exempté de l'opprobre qui n'a pas épargné, hélas, la sainte gourmandise, la délicieuse luxure et l'impétueux orgueil. Mais nous comprenons son hésitation à en faire une vertu cardinale.

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