Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


samedi 25 janvier 2014

LA PIÈCE DU JOUR

Nous autres, les critiques de théâtre avons parfois du mal à garder l’objectivité  qui sied à notre interprétation de la fonction épidictique de la rhétorique aristotélicienne.

Je m’y suis contraint au sortir de la première, au théâtre Austerlitz, de la reprise du Fantôme de Madame dans une mise en scène d’Igor Ivanovitch. Dans ma critique, je ne livre que des sentiments  débarrassés de toute passion parasite.

L’honnêteté me force à dire que l’imagination de l’auteur rejoint le sublime du Dante de la descente aux enfers. Il nous foudroie par le réalisme de la révélation du sordide des mœurs aristocratiques. Les personnages ont une force qui dépasse celle des possédés de Dostoïevski. La réalisation est stupéfiante de créativité et parait une production de DreamWorks. La subtilité du  jeu des acteurs, leur engagement débridé  transcendent des dialogues écrits au couteau dans une langue parnassienne, un monologue qui nous a fait oublier celui d’Hamlet et des silences qui nous replongent dans le grand Bleu.

Les spectateurs,  en 1942  , du Théâtre Saint-Georges ne savaient pas qu’ils regardaient un chef d’œuvre qui se cachait sous le vaudeville égrillard censé leur faire oublier les temps qui sévissaient dehors.

Merci à Igor Ivanovitch d’être venu de sa Sibérie pour nous révéler la dimension shakespearienne, la consistance racinienne et la jeunesse éternelle du Fantôme de Madame. 

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