Après le « journal politiquement incorrect » et 4 ans de silence, de méditation transcendantale, d’un voyage intérieur, il est temps de repartir du bon pied, retourner le sablier et tirer un trait sur 4 ans de silence…

Ce blog aura des recettes de survie, des critiques fines, des analyses aigües, des définitions tirées de mon dico et des rediffusions (en période de fête ou de panne d’inspiration).

Une nouveauté sera la rubrique cinéma français (dont la qualité est inversement proportionnelle à la quantité). Je proposerai des scénarios oscarisables à décharger gratuitement.

Que la lecture commence.


lundi 17 février 2014

POURQUOI ET COMMENT


Il y a deux types d’individus : ceux qui cherchent le pourquoi des choses et ceux qui se contentent de chercher comment elles marchent pour pouvoir les réparer.

L’ambition n’est pas la même. Les uns travaillent dans les laboratoires de recherche de l’Inra, de l’Inserm, du CERN, du CEA, de Polytechnique et les autres vont en apprentissage, ont un brevet d’aptitude ou font les Arts et Métiers.

Attention, il y a des degrés. Ne mettez pas tout le monde dans le même panier.

Dans les questionneurs du "pourquoi", il y a la valetaille avec quelque têtes qui surnagent, arrivent de temps en temps à faire une découverte qui fait bien avancer les choses. On les coiffe, pour les récompenser, d’un bonnet de Nobel et d’une gratification à partager avec l’équipe qui a fait le travail.

Au-dessus d’eux règne le philosophe. Il travaille solitaire et pense dans sa tour d’ivoire, isolé du reste du monde pour que rien ne vienne troubler son bruit intérieur. Et là, pendant des jours et des nuits, il cherche le pourquoi de tout et de rien. Sans l’aide d’un cyclotron, d’un Crey, d’un accélérateur, d’un amplificateur, par la seule force de sa pensée intuitive, déductive, associative,analytique, irrationnelle  et divergente, il cogite cherchant l’idée qui lui donnera la clef qui ouvrira la porte qui débouche sur l’explication des raisons qui lui font se poser des questions dont il n’a pas les réponses.

Les plus vaniteux, pour faire croire qu’ils sont importants et progressent dans la connaissance de l’impossible, jargonnent et rendent compte de leur incompréhension par un langage incompréhensible. Tout le monde est satisfait.

Ceux qui cherchent sans trouver mais qui ont l’honnêteté de le reconnaître se taisent, trop pressés par le temps pour postuler à l’Académie Française ou faire des ménages chez Paquet, le croisiériste.

Les spécialistes du "comment" ont une fatigue moins relevée car plus physique. En cherchant comment les choses marchent, ils prennent plus de risques : ils vont au fond des mers, montent très haut, explorent l’infini, le vide le grand mais surtout le très petit. Ils expliquent ce qu’ils voient et cherchent à savoir comment ça marche. Ils écrivent des livres, des encyclopédies et surtout des modes d’emploi car ils sont charitables et font profiter les autres de ce qu’ils savent pour ne pas avoir à le redire.

Une dernière chose sépare le gadzarts, prototype de l’honnête travailleur rivé à sa planche à dessin assisté par ordinateur du philosophe: il prend sa retraite à l’âge prévu pour le départ tandis que le philosophe n’ayant jamais rien fait de plus que des supputations invérifiables travaille de la tête (quand il l’a toute) jusqu’à son dernier jour, cramponné à la folie de sa vie : trouver le pourquoi du comment.
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